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    Amériques

    Etats-Unis: des familles de victimes d’homicides contre la peine de mort

    media

    Ce samedi s’achève à Madrid le 5e Congrès mondial contre la peine de mort, un congrès qui a permis à quelque 1 500 personnes venues de 90 pays d’échanger des expériences sur la façon de faire avancer l’abolition de la peine capitale. Aux Etats-Unis, un des arguments qui rassemble de plus en plus de voix est celui que portent les familles des victimes d’homicides qui ne veulent pas de vengeance envers ceux qui ont commis ces actes, et qui prônent l’abolition.

    Avec notre envoyée spéciale à Madrid, Véronique Gaymard

    Bill Pelke, qui réside dans l’Etat d’Indiana, où la peine de mort n’a pas encore été abolie,  préside Journey of Hope, une association créée par des familles de victimes d’homicides. « Nous voyageons partout dans le pays et à l’étranger en partageant nos histoires, en prônant la non-violence et le pardon, pour expliquer que la peine de mort n’a rien à voir avec l’apaisement dont ont besoin les familles, et qu’elle contribue au cycle de la violence. »

    En mai 1985, quatre jeunes filles sonnent à la porte de la maison de sa grand-mère, qui les laisse entrer, elles l’assomment et la tuent à coups de couteaux. Paula Cooper qui n’était âgée que de 15 ans, est condamnée en 1989 à la chaise électrique, commuée en peine de 60 ans après une large mobilisation internationale car elle était mineure au moment des faits, puis réduite à 30 ans pour bonne conduite.

    Pas de vengeance

    « Je lui ai rendu visite une quinzaine de fois, nous nous écrivons souvent, poursuit Bill Pelke, qui a correspondu pendant huit ans avec elle. Elle avait dit: "je voudrais le regarder dans les yeux et voir qu’il m’a vraiment pardonné". La première chose que j’ai faite, a été de la serrer dans mes bras, de lui dire que je l’aimais et que je lui avais pardonné.» 

    Dans deux jours, Paula Cooper qui est âgée de 44 ans, sortira de prison. « Elle aura passé 28 ans en prison, résume Bill Pelke. Je ne serai pas présent quand elle sortira car sa mère ne veut pas que j’y sois, mais dès qu’elle rentrera chez elle, elle va m’appeler, et nous allons nous rencontrer. »

    Pas de vengeance, disent ces familles de victimes : un argument de poids pour les abolitionnistes qui arrivent à convaincre aux Etats-Unis de l’inutilité de la peine de mort.

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