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    Amériques

    Edward Snowden, itinéraire d’un geek insaisissable

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    Les regards sont tournés vers Moscou, où depuis plusieurs jours la presse tente d’apercevoir la silhouette d’Edward Snowden. L’ex-consultant en informatique, à l’origine de révélations sur un vaste programme d’espionnage américain, se retrouve coincé dans la zone de transit de l’aéroport de la capitale russe, embarqué dans un imbroglio diplomatique, alors qu’il tentait vraisemblablement de rejoindre l’Equateur.

    Si la présence d’Edward Snowden à l’aéroport de Moscou n’avait pas été confirmée par les autorités russes, il serait bien difficile d’y croire. Depuis lundi, date supposée de son arrivée, personne ne semble avoir vu l’homme qui a révélé l’existence d’un vaste programme d’espionnage américain. Et alors qu’il n’aurait dû y rester que quelques heures, son séjour semble durer une éternité.

    Edward Snowden serait arrivé à Moscou en transit de Hong Kong où il s’était précédemment réfugié. Il devait, semble-t-il, prendre un vol à destination de Cuba pour rejoindre l’Equateur où il a demandé l’asile. Mais les choses ne sont pas passées comme prévu, car en arrivant à l’aéroport de Cheremetievo, les autorités locales se sont rendu compte que le passeport d’Edward Snowden avait été annulé. « Snowden n’a pas de papiers valables, a confié une source russe proche du dossier à l’agence publique Ria-Novosti. Pour cette raison, il ne peut aller ni à Cuba ni où que ce soit ».

    L’homme des révélations

    Une situation compliquée pour le jeune homme de tout juste 30 ans qui a vu sa vie basculer le 9 juin 2013, lorsque The Guardian et The Washington Post ont divulgué, à sa demande, l’identité de leur informateur. Quelques jours auparavant, les deux quotidiens avaient sorti des révélations fracassantes sur un vaste programme américain de surveillance des communications : Prism.

    Les deux journaux affirment que l’Agence nationale de sécurité (NSA) dispose d'un accès direct aux données hébergées par les géants américains des nouvelles technologies. Des grands noms sont concernés tels que Facebook, Apple, Google, Yahoo! ou encore YouTube et Microsoft. Un outil présenté comme indispensable à la lutte contre le terrorisme par l’administration du président Obama.

    C’est alors que l’on découvre le visage d’Edward Snowden. Le jeune consultant en informatique déclare être la source des deux quotidiens. Et il donne une interview au Guardian à visage découvert pour expliquer les raisons de son geste : « Je suis prêt à sacrifier tout cela parce que je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d'internet et les libertés essentielles pour les gens tout autour du monde avec ce système énorme de surveillance qu'il est en train de bâtir secrètement ». Il se revendique « donneur d’alerte », un statut protégé par la loi américaine, mais que lui conteste le gouvernement.

    Geek « espion » ?

    On découvre alors un homme aux multiples facettes, au parcours atypique. Un jeune américain moyen, geek affirmé, qui a arrêté l’école à tout juste 15 ans. Sa carrière professionnelle n’est pas très claire puisqu’après des petits boulots en tant que vigile, il aurait été recruté en 2006 par la CIA pour ses talents d’informaticien. D’abord aux Etats-Unis, avant d’être envoyé à Genève auprès de la représentation américaine aux Nations unies. Il y aurait d’ailleurs mené la grande vie avant de rejoindre la très secrète NSA en 2009.

    Il finit par quitter l’agence au bout d’une année pour se lancer comme consultant. Il reste alors dans le giron de la NSA, travaillant pour plusieurs sous-traitants, dont Dell et Booz Allen Hamilton, son dernier employeur à Hawaï. Poste dont il sera licencié quelques jours seulement après le début du scandale. De toutes les façons, à ce moment-là, Edouard Snowden est déjà loin, car il a fui à Hong Kong en Chine.

    C’est le début d’une longue cavale puisque dans la foulée, le directeur du FBI confirme l’ouverture d’une enquête pénale contre le jeune informaticien. Pour Robert Mueller : « Ces fuites ont causé des dommages importants à notre pays et à notre sécurité. Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour que cette personne soit tenue responsable pour ces fuites ». Recherché par son pays, Snowden quitte alors la Chine qui a signé un traité d’extradition avec les Etats-Unis.

    Imbroglio diplomatique

    J'aimerais avoir la possibilité de communiquer avec lui. Je ne veux pas le mettre en danger. Mais je m'inquiète à cause de son entourage.
    Lonnie Snowden père d'Edouard Snowden 11/10/2013 - par Stefanie Schüler Écouter

    C’est le début d’une errance. Comme le fondateur de WikiLeaks, lui aussi recherché par les Etats-Unis, Edouard Snowden compte vraisemblablement demander de l’aide à l’Equateur. Il quitte donc Hong Kong pour Moscou d’où il espère s’envoler ensuite pour Cuba et Quito. Mais son escale de quelques heures s’éternise, sans passeport valable, c’est un voyageur sans papier qui a donc trouvé refuge dans la zone de transit de l’aéroport de Moscou.

    L’imbroglio est désormais diplomatique. Officieusement, les Etats-Unis font pression pour qu’on leur livre celui qu’ils soupçonnent de trahison. Officiellement, le discours est plus nuancé, à l’image des déclarations le 27 juin de Barack Obama : « Je ne vais pas envoyer des avions pour attraper un pirate informatique ». Le président américain qui s’est d’ailleurs défendu d’avoir évoqué l’affaire par téléphone avec ses homologues russes et chinois.

    La Chine était restée plutôt discrète concernant la présence de Snowden à Hong Kong. Maintenant, les autorités russes bien embarrassées bottent en touche, expliquant que Snowden a tout à fait le droit de se trouver en zone de transit. Et enfin l’Equateur a bien du mal à se prononcer sur un éventuel droit d’asile accordé au jeune homme. Ce qui n’a pas empêché le président Rafael Correa de taper du poing sur table, jeudi, refusant de « céder » au chantage des Américains lorsque ces deniers avaient évoqué des répercussions si Quito accueillait Snowden. Le pays a renoncé à un accord douanier avec les Etats-Unis avant même de prendre une décision. Preuve que l’Equateur n’a pas vraiment peu de fâcher la super puissance américaine, il l’a déjà prouvé par le passé en accordant par exemple l’asile politique à Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks réfugié depuis un an dans leur représentation diplomatique à Londres.

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