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    Amériques

    Chili: le viol d'une fillette rouvre le débat sur l'avortement

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    Au Chili, une fillette de 11 ans enceinte des suites d’un viol rouvre le débat sur l’avortement. Ce pays fait partie des six pays d’Amérique latine où l’avortement sous toutes ses formes est illégal. A la veille de quitter le pouvoir en 1989, Augusto Pinochet était revenu sur la loi autorisant l'avortement pour raisons médicales.

    Avec notre correspondante à Santiago, Claire Martin

    Belen a-t-elle droit à un avortement ? Cette fillette surnommée ainsi pour protéger sa réelle identité n’a que 11 ans. Elle a été violée pendant deux ans par son beau-père, elle est aujourd’hui enceinte de presque quatre mois. Du fait de son jeune âge, une grossesse pourrait mettre sa santé en danger.

    Seulement, ni l’horreur de l’affaire, ni les risques que court cette fillette n’ont d’impact sur la loi. L’avortement est illégal sous toutes ses formes au Chili. Jusqu’en 1989, l’avortement thérapeutique, c’est à dire appliqué pour des raisons médicales, était pourtant légale. C’est l’ancien dictateur Augusto Pinochet qui l’a interdit à la veille de quitter le pouvoir. Un cadeau à l’Eglise catholique ultraconservatrice très puissante parmi les élites. Car du côté de la population, 53% serait à faveur de sa légalisation.

    La candidate du centre-gauche à la présidentielle de novembre, Michelle Bachelet, considère un avortement nécessaire dans ce cas. Les organisations féministes espéraient davantage de l’ancienne directrice d’ONU Femmes. Mais elle parle aussi au nom de la démocratie-chrétienne, farouchement conservatrice. Cette affaire en dit long sur sa liberté de parole et de positionnement.

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