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    François Durpaire sur RFI: aux Etats-Unis, «ce n’est pas parce qu’on est Blanc qu’on se réjouit de l’acquittement de Zimmerman»

    media George Zimmerman dans le tribunal de Sanford en Floride, le 24 juin 2013. REUTERS/Joe Burbank/Pool

    Le président américain Barack Obama avait pris la parole un mois après la mort de Trayvon Martin le 26 février 2012, déclarant : « Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon ». Ce dimanche 15 juillet 2013, le président américain a une nouvelle fois pris la parole dans cette affaire et a lancé un appel au calme après l’acquittement de George Zimmerman, celui qui a tué l’adolescent noir en Floride. Le même jour, des milliers de personnes ont manifesté à New York. Jusqu’où peut aller cette réaction d’indignation ? Eléments de réponse avec François Durpaire, maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise et auteur des Etats-Unis pour les nuls, publié aux Editions First.

    François Durpaire : ce moment de colère ne touche pas seulement Time Square, à New York. Il y a eu des manifestations à San Francisco, à Chicago, à Atlanta, dans toutes les grandes villes américaines. La question est de savoir évidemment si cela peut prendre l’ampleur de ce qui s’était passé après l’acquittement dans l'affaire Rodney King en 1992 où ça avait dégénéré et les émeutes avaient conduit à la mort de 55 personnes.

    RFI : Rodney King, c’était ce Noir américain automobiliste qui avait été battu à mort par quatre officiers de police après une courte poursuite pour excès de vitesse. Une vidéo diffusée avait provoqué un scandale après l’acquittement des policiers ?

    Avec un jury de dix Blancs, un Asiatique, un Latino, mais aucun Noir. Donc c’est la question de la racialisation de la société américaine, de son histoire racialisée. En même temps, la situation actuelle n’est pas la même que dans les années 1990. Il n’y a pas que le président qui est Noir, la racialisation elle est pour beaucoup d’Américains aussi derrière nous. Ca veut dire que dans beaucoup de familles, on a discuté de cette affaire Trayvon Martin et on n’est pas forcément d’accord. Votre beau fils est Noir, votre cousin peut être marié avec une Hispanique. Ca, c’est l’Amérique d’aujourd’hui. Donc ça veut dire que quand on regarde de l’extérieur la société américaine, on peut avoir l’impression que rien n’a changé, qu’en dépit du fait que Barack Obama est un président noir, l’Amérique reste raciste comme avant. Ce n’est pas tout à fait le cas, notamment avec ces manifestations. La grande différence avec les manifestations de 1990, c’est que ce sont des manifestations pacifiques. Il n’y a pour l’instant eu aucun incident à déplorer.

    Quel recours existe pour ceux qui refusent ce verdict d’acquittement ?

    Il faut savoir qu’on ne peut pas être jugé deux fois aux Etats-Unis pour le même chef d’inculpation. Ca s’appelle la double incrimination et c’est impossible. En revanche, il est possible d’être jugé par une cour fédérale et il est envisageable que Zimmerman soit peut-être condamné un jour par une cour fédérale. Il y a cette enquête fédérale qui a lieu pour violation des droits civiques. Il y a un autre recours possible, c’est un procès au civil. O.J. Simpson, un sportif américain accusé d'avoir assassiné son ex-épouse et le compagnon de celle-ci en 1994, qui n’avait pas été condamné au pénal, a fini par être condamné au civil. Là aussi, dans un procès extrêmement racialisé. Peut-être qu’on s’achemine vers ce type de chose : une condamnation au civil et puis un acquittement au pénal. Barack Obama est intervenu, c’est quand même très rare qu’un président américain prenne la parole. Il y a une indépendance de la justice aux Etats-Unis normalement. Cela montre que ce procès réveille les guerres culturelles américaines. Il n’y a pas uniquement la question du racisme autour de ce procès. Il y a la question du port d’armes, la question de la légitime défense. Ce n’était pas uniquement un procès Noirs contre Blancs, c’était beaucoup plus complexe. Certes, le jury était composé de femmes blanches et d’une femme hispanique. Donc on peut effectivement se dire que s’il y avait eu des femmes ou des hommes noirs, ça aurait donné quelque chose de différent. Et en même temps, d’autres disent que l’on peut tout à fait juger la chose même si on n’appartient pas à une des communautés concernées par cette tragédie.

    C’est aussi parce que la loi de Floride offre un droit très large en matière d’autodéfense ?

    Cette loi a permis cet acquittement. En plein milieu des délibérations, les membres du jury ont posé la question au juge de l’accusation pour homicide. Donc ça leur a posé problème cette accusation-là. Le juge a décidé de continuer en l’état le procès. Ce n’est pas uniquement un procès comme il y en avait dans les années 1960-1970 où les choses étaient jouées d’avance, où le jury était blanc et on jugeait un Noir même si la NAACP, l’association de défense des Noirs aux Etats-Unis - et notamment Ben Jealous qui est son président -, a décidé de lancer une pétition, notamment pour faire pression et pour ouvrir cette enquête fédérale, on ne peut pas dire que rien n’a changé aux Etats-Unis. Evidemment, les militants des droits civiques disent, même si on a un président noir, ça n’a pas véritablement changé les choses. Pourtant, aux Etats-Unis le nombre de couples mixtes a augmenté de 113% depuis les dix dernières années. Donc on a maintenant une société qui est en voie de post-racialisation. Là évidemment, on voit l’exemple de tensions raciales qui persistent, mais cette société, c’est une société beaucoup plus complexe qu’auparavant et où les positions sont beaucoup moins tranchées qu’il n’y paraît. Ce n’est pas parce qu’on est Noir qu’on estime nécessairement qu’il y a eu injustice. Ce n’est pas parce qu’on est Blanc qu’on se réjouit de l’acquittement de Zimmerman.

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