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    Amériques

    Brésil: des documents rares de la dictature militaire mis en ligne

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    Plus de 900 000 documents témoignant des actes commis sous la dictature militaire brésilienne qui a sévit de 1964 à 1985 ont été mis en ligne, vendredi 9 août au Brésil. Le parquet de São Paulo, à l'origine de la publication, entend ainsi préserver la mémoire des disparus et des victimes de la torture sous le régime militaire.

    La dictature militaire au Brésil a laissé des traces indéniables dans l'histoire du pays et dans les familles des victimes du régime militaire. La nécessité de préserver la mémoire de cette période noire, plutôt méconnue de la nouvelle génération, a conduit le parquet de l'Etat de São Paulo, en partenariat avec l’archevêque de la ville, à créer le site Brasil Nunca Mais Digital.

    Lancé le vendredi 9 août, le site rassemble des milliers de pages numérisées de comptes rendus de procès jugés par le Tribunal militaire, principalement dans les années 60 et 70. A cette époque, les militaires avaient instauré le AI5, un décret constitutionnel autorisant la suspension des droits civils et politiques des citoyens.

    Ces archives, jadis réservées aux chercheurs, sont désormais accessibles au grand public. On y trouve des photos, des vidéos et des témoignages des prisonniers politiques, obtenus, dans la majorité des cas, sous la torture dans les geôles du régime. C'est pourquoi, sur le site, une fenêtre s'ouvre avant chaque recherche pour expliquer aux internautes que les propos des accusés sont, pour la plupart, biaisés.

    Des reportages et des articles publiés dans les quotidiens et magazines de l'époque sont aussi disponibles dans cette immense base de données. Loin d'être libre sous la dictature, la presse brésilienne subissait la censure et les hebdomadaires étaient parfois contraints à publier des recettes à la place d'un éditorial ou d'un texte mal vu par les militaires.

    Une véritable importance historique

    Les internautes peuvent également découvrir des documents qui font référence à la présidente Dilma Rousseff, militante des organisations qui luttaient contre la dictature. Jugée et condamnée pour « subversion », la chef d'Etat brésilienne a été incarcérée de 1970 à 1972 dans le centre de détention Tiradentes, à São Paulo. L'acte de décès du guérillero et ancien député Carlos Marighella, véritable légende, est aussi disponible sur le site. Comptant parmi les principaux leaders de la lutte armée contre les militaires et ancien membre du Parti Communiste, il avait été tué par les agents du Dops, la police du régime.

    « Le site est une référence obligatoire pour les chercheurs et ceux qui s’intéressent à cette période », a expliqué à la presse brésilienne Rosa Cardoso, coordinatrice de la Commission Nationale de la Vérité. Cet organisme, créé en 2012 par le gouvernement brésilien, vérifie les violations des droits de l'homme pendant le régime militaire. Au total, on comptabilise au moins 400 personnes disparues, jamais identifiées ou retrouvées. « Comme il s'agit des documents officiels, les archives numériques relèvent d'une véritable importance historique », a t-elle soulignée.

    Les actes commis sous la dictature toujours impunis

    Malgré l'effort des autorités brésiliennes pour faire preuve de transparence concernant la période du régime militaire, le pays est aujourd'hui empêché de juger les bourreaux de la dictature. La loi de l'Amnistie, promulguée en 1979 pour annuler les peines des exilés politiques, protège aussi les tortionnaires. 

    La Commission de la Vérité pourra proposer une révision de la loi par la Cour Suprême l'année prochaine. Mais les opinions des juristes divergent sur la possibilité de juger les militaires. En 2010, l'Ordre des Avocats du Brésil a demandé à la Cour que les actes commis pendant la dictature soient jugés comme crimes communs, ce qui a été refusé. La décision a été critiquée par la Cour des droits de l'homme de l'Organisation des états américains (OEA), ainsi que par plusieurs organisations non-gouvernementales.

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