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Article publié le : mercredi 14 août 2013 à 01:18 - Dernière modification le : mercredi 14 août 2013 à 14:48

La saga Blackberry

BlackBerry, pionnier de l'internet mobile, a été mis en difficulté par l'iPhone d'Apple et les appareils utilisant le système d'exploitation Android de Google.
BlackBerry, pionnier de l'internet mobile, a été mis en difficulté par l'iPhone d'Apple et les appareils utilisant le système d'exploitation Android de Google.
REUTERS/David Manning/Files

Par Charlotte Stiévenard

La vente de BlackBerry n’est plus un tabou. Une cession totale ou partielle est désormais envisageable. Le groupe canadien vient de charger un comité spécial d’évaluer les pistes possibles pour remettre l’entreprise à flot. Jusqu'ici, le PDG Thorsten Heins refusait de parler de cession, mais les difficultés se sont accélérées ces derniers mois.

L’entreprise canadienne perd 3 à 4 millions de clients tous les mois, et cela, malgré la sortie du BlackBerry 10 en début d'année, le système d'exploitation de dernière génération. Le groupe n'a vendu que 2,7 millions de modèles équipés avec ce système. Si on compare ce chiffre aux 30 millions de Galaxy S4 vendus depuis leur sortie, il y a trois mois, c'est donc un échec. La part de marché du Canadien s'est effondrée, elle aussi. En deux ans, elle est passée de 14 % à un peu moins de 3 %.

BlackBerry, quinze ans après sa création, semble donc hors course. La société canadienne a en effet lancé les premiers appareils dès 1998. Les cols blancs se ruent dessus. En réunion, à table ou dans la rue, pour la première fois, les cadres peuvent lire leurs courriels à tout moment. Dans les couloirs de Wall Street et dans les multinationales, les petits terminaux carrés et sérieux ont même droit à un surnom, les CrackBerry, du nom du crack, comme cette drogue qui rend accro.

Un système de cryptage sécurisé

Pendant les meilleures années, le système fiable et sécurisé fait la réputation de ces smartphones. Une caractéristique qui poussera même l’Arabie saoudite à les bannir. En août 2010, faute de pouvoir accéder aux données cryptées, le pays bloque alors les services de messagerie électronique du smartphone canadien.

La concurrence fait son apparition dès 2007 avec l'iPhone d’Apple, suivi de près par les portables équipés d'Android, le système d'exploitation de Google. Au début, BlackBerry résiste bien. Il se lance sur les marchés des adolescents avec les BB, une gamme de portables, particulièrement prisée pour sa messagerie instantanée.

En 2008, le chiffre d'affaires est en hausse de 98 % et la publicité fonctionne. Au grand dam des services secrets américains, Barack Obama, avoue même, ne pas pouvoir se passer de son BlackBerry.

Le tournant du grand public

Android et iOS, le système d'exploitation d’Apple grattent peu à peu des parts de marché, mais c'est en 2011 que la chute commence réellement. Pour concurrencer l'iPad de Steve Jobs, les Canadiens sortent leur propre tablette, le Playbook. Vendu à seulement 900 000 exemplaires en six mois, c'est un flop. Après une panne mondiale de son serveur qui lui coûtera 50 milliards de dollars, fin 2011, BlackBerry est passé en un an de 19 % du marché des smartphones à 12 %.

BlackBerry fait le choix de se lancer sur le segment des smartphones grand public, mais il rate le virage. Il a privilégié les dépenses en marketing, abandonnant ainsi ce qui faisait son succès de ses utilisateurs traditionnels : l'excellence technologique et les applications professionnelles.

Dans ce secteur extrêmement concurrentiel, la course à l'innovation fait rage et les Canadiens sont à la traîne. Il est difficile de faire face aux applications beaucoup plus nombreuses de Google et d’Apple. BlackBerry a également pris du retard sur les écrans tactiles. Il ne s'y est mis que récemment, alors qu’Apple et les fabricants coréens ou taiwanais en sont déjà aux écrans XXL.

Malgré ces retards, l'entreprise pourrait intéresser les acheteurs. Elle a encore une bonne empreinte auprès des entrepreneurs et elle garde une réputation de qualité technologique. De nombreux acheteurs potentiels veulent se renforcer sur le secteur du mobile, notamment Microsoft, Facebook ou le chinois Lenovo.

tags: Canada - Commerce et Echanges - Nouvelles technologies
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BlackBerry n'est pas déficitaire

BlackBerry n'est pas déficitaire et n'est pas, en faillite et BlackBerry se replis. Il n'est pas un Général Borné de la Première Guerre.Il y a des snipers à chaque coin du net, à chaque coin de la finance, à chaque coin des forums et des blogs. Ils veulent éliminer un super héros. Ce super héros a un genou par terre Soutenons le. Ne vous laissez par berner. Samsung est bien mais ce n'est pas une Ferrari avec 8 cylindres. C'est simplement une caisse avec 8 moteurs de tondeuses à gazon. Comme ces mirages d'un autre temps, que sont les grosses cylindrées américaines et qui sont complètement obsolète. Rappelez-vous, les Alliés ont gagné la guerre. Ils se sont battus pendant 6 longues années non seulement pendant huit mois. BlackBerry est intéressant pour cette bataille d'investissement à long terme. BlackBerry est le meilleur Smartphone entreprise. BlackBerry est plus drôle tous les jours ...150 000 apps dans huit mois. BlackBerry est sécurisé et plus drôle que jamais. BlackBerry continue à avancer.

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