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    Quand l’INA entretient la mémoire de Cuba

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    A la suite d’un accord passé il y a un an avec l’Institut cubain pour l’art et l’industrie cinématographique (ICAIC), l’Institut national de l’audiovisuel (INA) s'est vu confier la restauration et la numérisation de trente années d’archives vidéo cubaines. Un véritable trésor historique qui remet au goût du jour les grands évènements de la guerre froide. Une première sélection a été présentée au public, à Paris, début juillet. Elle sera consultable en ligne à l'automne prochain.

    • Qu’est-ce que le fonds « noticerio ICAIC latino-americano » ?

    En espagnol, « noticiero » signifie « information ». Ce fonds regroupe 1 490 journaux télévisés et d’émissions, soit 15 000 minutes de films, produits et diffusés chaque semaine entre juin 1960 et juillet 1990, dans les salles de cinéma cubaines. Les noticieros ont été créés par Alfredo Guevara, ami proche de Fidel Castro et mort en avril dernier à La Havane. Leur valeur historique, artistique et patrimoniale est exceptionnelle. Classés Trésor national de Cuba, les noticieros ont été inscrits par l’Unesco au registre des Mémoires du monde en 2009.

    Au-delà d’être un fonds d’archives, le Noticiero est une école de cinéastes de référence de laquelle sont sortis de nombreux réalisateurs engagés, comme Santiago Alvarez, fondateur de l'ICAIC.

    L’ICAIC, l’institution propriétaire de ces archives, a été créé le 24 mars 1959, deux mois seulement après le succès de la révolution cubaine. Il est le signe de la priorité accordée par le nouveau gouvernement communiste de l’île à la propagande audiovisuelle. Il est aujourd’hui une référence en matière d’art cinématographique, rayonnant dans la région caribéenne et bien au-delà. Le Festival international du nouveau cinéma latino-américain de La Havane en est l’une de ses principales vitrines.

    • Que montrent ces images ? En quoi sont-elles exceptionnelles ?

    « Nous avons là trente ans d’actualités, filmées non pas seulement à Cuba, mais dans le monde entier », résumait en juillet Pablo Pacheco Lopez, vice-président de l’ICAIC.

    La guerre d’Algérie, le Vietnam, les luttes sociales, Mai 68, le combat des afro-américains pour les droits civiques, « Che » Guevara et Fidel Castro en plein discours : les images sont fortes et puissantes. Des actualités, forcément orientées au service du jeune régime militaire cubain, qui « témoignent d’une époque révolutionnaire », explique Eduardo Torres Cuevas, directeur de la Bibliothèque nationale de Cuba. « La restauration et la numérisation du noticiero est un travail d’une importance extraordinaire parce qu’il permettra de restituer une partie de l’histoire de Cuba et de sa région. »

    Les images en noir et blanc restituent le regard cubain sur les évènements régionaux et internationaux de cette époque pas si lointaine, marquée par la guerre froide entre les blocs occidentaux et soviétiques. Entre reportages, œuvres cinématographiques ou propagandistes.

    « Cela aurait été une catastrophe que ces documents disparaissent », estime le sociologue français Michel Wieviorka, associé à ce projet. « Ces images sont extrêmement intéressantes pour qui veut comprendre le charisme, la façon dont se construisent des discours politiques de leaders révolutionnaires. Maintenant que nous recevons ce pactole, il faut que nous en fassions quelque chose. Si nous n’en faisons rien, alors nous ne serons pas à la hauteur du courage qu’ont eu nos collègues cubains. »

    • Pourquoi cet accord entre l’INA et l’institut cubain ?

    La genèse de ce partenariat remonte à l’automne 2010, et les discussions se sont poursuivies jusqu’à la signature de l’accord, en juin 2012.

    Entre autres objectifs, « cet accord de partenariat correspond à la stratégie de l'INA de devenir leader mondial de sauvegarde du matériel audiovisuel », explique à RFI.fr Michel Raynal, le directeur délégué adjoint aux collections qui a piloté de ce dossier.

    « L'accord inclut un volet commercial avec la possibilité pour l'INA et l'ICAIC d'exploiter sous toutes ses formes ces images, ce qui permettra leur mise à disposition du grand public commes des scientifiques et des professionnels de l'audiovisuel », poursuit-il. Les ressources engendrées par l’exploitation des documents numérisés seront redistribuées aux deux partenaires. Elles doivent couvrir les 700 000 euros investis dans ce projet de restauration coûteuse.

    « Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu les moyens d’avoir un partenaire, une institution capable de nous accompagner pour restaurer, numériser et diffuser le noticiero dans le monde entier », indique encore Pablo Pacheco Lopez. « L’INA est un compagnon de voyage merveilleux, idéal. »

    Il s’agit d’un projet bilatéral unique en son genre. Cuba n’a en effet jamais autorisé ses fonds à quitter son territoire. Plusieurs institutions étrangères étaient candidates pour recevoir et être le diffuseur de ces précieux documents. Lors de la présentation à Paris, Matthieu Gallet, PDG de l’INA, expliquait que « le fait que l’INA soit une entreprise publique a vraiment compté pour emporter ce partenariat qui me semble exemplaire aujourd’hui. »

    • Comment et quand le public aura-t-il accès à ces documents vidéos ?

    Les 1490 bobines originales de 35 mm sont aux mains des techniciens spécialisés de l'INA. Pour l’instant, seul le premier des six lots, soit  270 bobines, depuis mai dernier. Un boulot digne des moines copistes : en moyenne, trois archives sont traitées chaque jour. « La mise à disposition du public sera graduelle. Le premier lot sera physiquement accessible à l'automne 2013 », indique Michel Raynal.

    Les premières ont été dévoilées à la Maison de la Mutualité, à Paris, début juillet.

    « Cela intéressera les sociologues, les historiens, les politologues et peut-être des gens auxquels on ne pense pas », s’enthousiasme Michel Wieviorka. « En s’appuyant sur ces images, les étudiants et le grand public auront la vision d’une époque et tiendront l’histoire entre leurs mains », se réjouit pour sa part Eduardo Torres Cuevas.

    D'ici à deux ans, la totalité de ce fonds sera restaurée et numérisée.

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    Site internet de l'INA : www.institut-national-audiovisuel.fr

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