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    Amériques

    «La ségrégation existe encore aux Etats-Unis»

    media Une manifestation en mémoire à Trayvon Martin a également été organisée à Los Angeles, samedi 20 juillet. Sur la pancarte, on peut lire «Nous sommes tous Trayvon Martin. Le système entier est coupable». REUTERS/David McNew

    En 2008, Barack Obama est devenu le premier président noir des Etats-Unis. Son élection a donné l’impression que la question raciale avait évolué. Mais le mois dernier, l’affaire Trayvon Martin a semé le trouble dans la société américaine. Plus d’un an après la mort en Floride de ce jeune afro-américain, George Zimmerman, son meurtrier, a été acquitté. Le vigile s’en est tiré en invoquant la légitime défense, en vigueur en Floride. Mais la mort douteuse de « l’adolescent à capuche » a relancé le débat sur les discriminations raciales aux Etats-Unis, 50 ans après le discours retentissant de Martin Luther King.

    Par Cyril Peter

    Le 28 août 1963, à Washington, le pasteur afro-américain a prononcé un discours d'espoir devant 250.000 personnes, de toutes origines. L'année suivante, les Etats-Unis ont adopté un Civil Rights Act, c'est-à-dire une loi interdisant toute discrimination dans les lieux publics. Toutefois, les traces du régime ségrégationniste sont encore présentes, même un demi-siècle après son abolition.

    « Des Noirs et des Blancs ayant connu la ségrégation vivent aujourd’hui dans des Etats où l’organisation sociale est encore très fortement marquée par la ligne de démarcation raciale », rappelle David Diallo, auteur de l’Histoire des Noirs aux Etats-Unis.

    Depuis la médiatisation du mouvement des droits civiques, dirigé par Martin Luther King, la population noire a accompli des progrès sur le plan socio-économique, en accédant à des catégories socioprofessionnelles par le passé « réservées aux Blancs », explique David Diallo. « Les mélanges se sont faits progressivement, car on partait de zéro, constate-t-il. Mais c’est une évolution marginale et rare. »

    Les Etats du Sud pointés du doigt

    Réalisé après l’acquittement de Georges Zimmerman, un sondage Reuters/Ipsos montre par exemple que 40% des Blancs fréquentent uniquement des Blancs. En outre, selon l'enquête, la fracture entre Noirs et Blancs est particulièrement visible dans les Etats du sud, ce qui ne surprend pas David Diallo : « Il y a 60 ans, les relations interraciales et les mariages interraciaux étaient interdits et punis par la loi dans des Etats comme le Mississippi et la Floride. C’est un décorum qui est ancré dans les pratiques sociales. Résultat, les Noirs restent entre eux et les Blancs restent entre eux. »

    Cependant, les treize Etats du Vieux Sud ne sont pas les seuls concernés par les discriminations sociales. « La ségrégation existe encore aux Etats-Unis », affirme Ann Morning, sociologue à l'université de New York. « Elle est visible dans tout le pays. Je pense notamment à la ségrégation urbaine dans le Nord. Certains agents immobiliers orientent leurs clients en fonction de leur couleur de peau. Ils s’arrangent pour que des quartiers restent peuplés majoritairement par des Blancs ou par un autre groupe. »
    Selon une étude, publiée en juin 2012 dans la revue American Sociological Review, les Blancs et les Noirs restent dans leur quartier, même quand ils déménagent. Seulement 2% des foyers « blancs » optent pour des quartiers « noirs » tandis que 5% des foyers « noirs » élisent des quartiers « blancs ».

    Selon Ann Morning, il est presque naturel pour les membres d’une communauté de choisir son lieu de vie sur la base de critères raciaux. « Les statistiques sur la ségrégation urbaine montrent que des communautés se concentrent dans des zones bien particulières », comme dans la ville sinistrée de Détroit, où la population blanche a quitté le centre, désormais peuplé majoritairement par des Noirs.

    Obama, premier président noir des Etats-Unis

    En juillet, dès l'annonce de l’acquittement de Georges Zimmerman, l’agent de sécurité qui a tiré sur Trayvon Martin, des rassemblements ont été organisés dans tout le pays. Des milliers de manifestants ont protesté contre la décision des jurés et dénoncé un crime racial. Face à l'indignation des Américains, Barack Obama a réagi lui-même : « Il y a 35 ans, j'aurais pu être Trayvon Martin ». Or, depuis la campagne électorale de 2008, il a voulu échapper à l'étiquette du premier président noir des Etats-Unis.

    « Depuis sa réélection, le président Obama est beaucoup plus direct sur les questions raciales », analyse Paula Mc Clain, chercheuse en science politique à l’université Duke, en Caroline du Nord. « On l'a vu après le verdict à propos de Trayvon Martin. C'était un discours très personnel. Il a parlé en tant que Noir, en disant "je sais ce qu'il peut arriver parce que je l'ai vécu". Pendant son premier mandat, il faisait plus attention aux mots qu'il utilisait pour parler des questions raciales parce qu'il y avait les élections de 2012, poursuit la politologue américaine. Mais depuis sa réélection, je le trouve plus impliqué. Quand vous êtes président des Etats-Unis, vous êtes président de tous les Américains. »

    La fracture entre le vote des Blancs et des minorités s'est accentuée entre la présidentielle de 2008 et celle de 2012. Le candidat républicain Mitt Romney a séduit essentiellement les Blancs. De son côté, Barack Obama a recueilli plus de 90% des voix des Noirs, et plus de 70% des suffrages aussi bien des Asiatiques que des Hispaniques.

    Une société multiethnique, avec les Hispaniques et les Asiatiques

    Depuis le discours de Martin Luther King, la société américaine a bien changé. A l’image des Hispaniques, qui seront majoritaires en 2014 en Californie, et des Asiatiques, majoritaires à Hawaï, de nouvelles minorités ont émergé. Les Américains parlent désormais de "minorités majoritaires". Au Texas, en Californie, au Nouveau-Mexique et à Hawaï, plus de la moitié de la population est issue des minorités hispanique, noire et asiatique.

    Pendant ce temps, la population blanche baisse, en raison notamment d’une faible natalité. Selon Paula Mc Clain, les disparités persistent, même entre les différentes minorités. « Les Asiatiques et certains Hispaniques comme les Cubains sont sans doute mieux intégrés que les Mexicains et les Noirs. On peut voir qu'il y a beaucoup de minorités aujourd'hui. Mais ces minorités ne sont pas au même degré d'exclusion que les Noirs ont connue et connaissent encore. »

    Cette nouvelle Amérique multiethnique est traversée par des contradictions, avec une opposition entre d'un côté, les « vieux Blancs » du baby-boom, de l'autre, les « jeunes issus des minorités ». Ces derniers devront financer les retraites des « vieux Blancs ». En échange, la population blanche va devoir financer l'éducation des jeunes des minorités. Les Américains seront peut-être amenés à signer un nouveau contrat social, qui limiterait les inégalités. Aujourd'hui, moins de 20% des Hispaniques et des Noirs ont un diplôme universitaire, contre plus de 30 % des Blancs.

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