A la Une : le président américain face au casse-tête syrien
Après l'annonce de Barack Obama de vouloir consulter le Congrès américain sur une éventuelle intervention militaire en Syrie, une question s'impose aujourd'hui à l'ensemble des journaux américains : quelles sont les chances pour le président d'obtenir le feu vert des députés et sénateurs ?
Et à en croire le Washington Post aujourd'hui, cette bataille est loin d'être gagnée. « Ce Congrès, constitué d'une Chambre des représentants entre les mains des républicains et d'un Sénat à majorité démocrate, s'est tellement déchiré qu'il n'a pas réussi à s'entendre sur le moindre dossier, la moindre loi, depuis des mois », constate le quotidien qui poursuit : « Ce qui rend le résultat des débats au Congrès encore plus incertain c'est le fait que sur la Syrie les élus ne se positionneront pas forcément en fonction de leur ligne idéologique habituelle. Parmi les 201 démocrates à la Chambre des représentants par exemple, les indécis sont nombreux. Et Barack Obama est loin d'être assuré de leur soutien unanime ».
Pour l'instant, les républicains n'ont pas non plus une ligne homogène, rapporte le Los Angeles Times. Il y a ceux qui, comme le sénateur républicain Saxby Chambliss, s'inquiètent de leur réélection lors des scrutins de mi-mandat en novembre 2014. « Saxby Chambliss veut obtenir l'assurance que les Etats-Unis ne seront pas impliqués dans un conflit militaire en Syrie », écrit le journal qui cite le sénateur ainsi : « Mes électeurs sont contre une nouvelle guerre. Ils ne veulent pas nous voir nous embourber là-dedans ». D'autres, comme le sénateur et ancien candidat présidentiel, John McCain, souhaite que l'administration Obama durcisse sa stratégie. « Je voterai seulement en faveur d'une intervention militaire américaine en Syrie si son but est la chute de Bachar el-Assad », a fait savoir John McCain ce dimanche.
Un point de vue qui est partagé aujourd'hui par le New York Times. « Vu l'impasse au Conseil de sécurité et avec la Turquie et la France comme seuls soutiens officiels à une intervention militaire américaine, le souhait de Barack Obama d'obtenir la bénédiction du Congrès est compréhensible. Mais attendre que les élus rentrent de leurs vacances pour répondre à une crise internationale, c'est envoyer au monde un mauvais signal », estime l'éditorialiste. « Les risques d'une intervention sont immenses et son succès incertain. Mais ne rien faire serait - au point où on en est - bien pire », s'exclame le New York Times qui conclut : « L'Amérique devrait agir de manière déterminée et rapide. Cette intervention devrait se baser sur une vision stratégique qui inclut l'option de mettre un terme à la guerre civile en Syrie. Cela convaincrait aussi bien les alliés des Etats-Unis comme leurs adversaires. C'est cela dont le monde a besoin. C'est là-dessus que Monsieur Obama devrait se concentrer ».
Colombie : premier accord entre gouvernement et paysans de Narino
En Colombie le gouvernement de Juan Manuel Santos tend la main aux agriculteurs, en grève nationale depuis deux semaines. Après les violents affrontements qui ont eu lieu la semaine dernière un peu partout en Colombie et qui se sont même étendus aux grandes villes comme Bogota et Medellin, le président colombien a semble-t-il pris conscience de la gravité de la contestation sociale, estime El Tiempo aujourd'hui. Les producteurs de café, à l'origine de la grève ont été rejoints ces derniers jours par une multitude d'autres métiers, comme les camionneurs, le personnel hospitalier ou encore les étudiants.
Et du coup, le gouvernement semble prêt à négocier. Un premier accord a même été signé ce week-end, entre les autorités colombiennes et les paysans du département de Nariño dans le sud-ouest du pays. « En promettant de leur acheter 40 000 litres de lait par jour et de veiller à leurs besoins dans les domaines de l'éducation, de la santé et des infrastructures, le gouvernement a obtenu que les Indiens de Nariño cessent leur blocus », constate El Espectador qui affirme que le gouvernement est en train de « semer des accords ». D'autres négociations sont en cours dans différentes régions du pays.
Haïti : rentrée scolaire repoussée d’un mois
En Haïti, les enfants auraient dû reprendre aujourd'hui le chemin de l'école après les vacances estivales. Mais à la dernière minute le gouvernement a repoussé la rentrée scolaire initialement prévue pour ce lundi 2 septembre au 1er octobre 2013.
« Le gouvernement haïtien a épuisé les crédits budgétaires pour l'exercice 2012-2013. Il ne reste tout simplement plus de fond pour la rentrée scolaire », annonce Alterpresse qui précise que « pour les moindres dépenses, le gouvernement Martelly doit donc attendre l'exercice budgétaire 2013-2014 » qui commence justement le 1er octobre.
Cette nouvelle mécontente au plus haut point de nombreux Haïtiens, tout comme l’agence Alterpresse qui lance : « C'est la troisième année de suite qu'une telle aberration se produit. Optant pour le nivellement par le bas, le gouvernement renvoie la rentrée aussi bien pour les écoles publiques que privées. Une exception majeure : les enclaves constituées par les écoles privées étrangères ! ». Et Alterpresse de conclure : « Le voile est levé sur la vraie nature des prétentions et déclarations du gouvernement concernant l'éducation des enfants du peuple. Ce triste spectacle indique en clair l'absence d'une réflexion fondamentale sur l'éducation, l'absence d'un désir de refondation et de reconstruction aussi. Le président Martelly n'en a cure car ses enfants ont déjà commencé leur année dans une école étrangère anglophone ».

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