Revue de presse des Amériques - 
Article publié le : vendredi 13 septembre 2013 à 09:23 - Dernière modification le : vendredi 13 septembre 2013 à 16:48

A la Une: la presse américaine répond à Vladimir Poutine

Par Achim Lippold

La Syrie reste à la Une des journaux nord-américains avec notamment une question posée par le Christian Science Monitor : « Combien de temps faut-il laisser à la diplomatie ? » Le journal souligne que le président américain n’a donné aucune échéance. Son porte-parole se contente tout juste de dire que les efforts pour détruire l’arsenal syrien d’armes chimiques« prendront un certain temps ».

 
Mais il y a en qui n’ont pas envie d’attendre. Parmi eux, le sénateur républicain John McCain, favorable à des frappes contre Damas. « Je crains que l’on joue au chat et à la souris », explique McCain cité par le Christian Science Monitor.
 
Cher Monsieur Poutine…
 
Dans la presse on trouve également une réponse à la tribune de Vladmir Poutine publiée hier dans le New York Times. Une tribune qui a provoqué une polémique aux Etats-Unis. Expliquant sa position dans le dossier syrien, le président russe avait conclu son texte par un coup de griffe à la fierté nationale américaine, en disant « ne pas être d'accord avec l'argument développé (par Barack Obama, ndlr) sur l'exceptionnalisme américain ».
 
C’est le Washington Post qui répond à Vladimir Poutine sur un ton ironique. « Cher président Poutine, écrit le journaliste Dana Milbank, je vous remercie de votre lettre au peuple américain. Je sais que je parle au nom de beaucoup de compatriotes en vous félicitant d’abord pour votre excellent anglais. S’il vous plait, ne soyez pas offensé par cette question mais est-ce que par hasard Edward Snowden vous a aidé à rédiger la lettre ?
 
Mais bon, continue le journaliste, ce qui m’a vraiment impressionné ce n’est pas votre anglais mais votre opinion sur les Américains. Vous dites que nous nous croyons être un peuple hors du commun. Non, c’est faux. Nous ne sommes pas mieux que d’autres peuples. Si vous avez des doutes là-dessus, il suffit de regarder nos parlementaires. Ce qui est vrai, c’est que avons d’autres points de vue que vous, nous croyons par exemple à une société libre et démocratique ». Et Dana Milbank de conclure : « J’espère que vous ne prendrez pas mal cette critique et n’hésitez pas à nous écrire à nouveau, qui sait cela pourrait être le début d’une belle amitié ! »
 
La Russie veut garder Assad au pouvoir coûte que coûte
 
Plus sérieusement, certains Américains se méfient beaucoup des intentions russes dans le dossier syrien. C’est le cas de l’éditorialiste conservateur Charles Krauthammer qui écrit dans le Washington Post : « Poutine ne s’intéresse pas une seule seconde aux armes chimiques en Syrie. Et que des enfants syriens soient tués dans ce conflit, il n’en a cure. Il ignore également les traités internationaux. Non, ce qui compte pour lui, poursuit le Washington Post, c’est le pouvoir. Son pouvoir et celui de Bachar el-Assad. En fait toute la stratégie russe se résume en un seul objectif : garder Assad au pouvoir coûte que coûte », souligne Charles Krauthammer avant de poursuivre : « Le régime syrien est la clé d’une alliance shiite anti occidentale allant de Téhéran à Damas jusqu’à Tartous, port syrien sur la Méditerranée qui abrite la seule base russe en dehors de l’ancienne Union soviétique. Cette axe représente un défi pour cette partie du Proche-Orient qui est sunnite, pro-américain et qui englobe la Jordanie, le Yémen, les Etats du Golfe et de l’Afrique du Nord. Tous ces pays sont terrifiés à l’idée que l’Iran puisse un jour accéder à l’arme nucléaire », conclut le Washington Post.
 
Rebondissements dans le procès du « Mensalao »
 
Le procès du « Mensalao », impliquant plusieurs ministres de l’ancien président Lula dans des affaires de corruption,revient à la Une des journaux. Commencé il y un an, il est toujours en cours, et ceci à cause des recours déposés par les accusés, dont l’ancien chef de cabinet de Lula. Selon O Globo, on attend à partir de ce vendredi le vote des derniers juges de la Cour suprême pour valider ou non ces recours. Si une majorité des juges se prononce en faveur d’une reprise du procès, les principaux accusés pourraient voir leur peine de prison réduite.
 
Selon la Folha de Sao Paulo, la présidente Dilma Roussef se dit en faveur des recours mais se garde bien de commenter le procès. Mais en fait, elle a très peur, écrit le journal, que les condamnations des anciens responsables du Parti des travailleurs, son parti, tombent l’année prochaine en pleine campagne élections.
 
La charte des valeurs québécoises continue à faire débat
 
Après les maires c’est au chef du parti libéral Philippe Couillard de s’insurger contre la charte qui interdit le port des signes religieux ostensibles dans le secteur public. D’après le journal Le Devoir, le politicien craint que cette mesure ne nuise à l’image du Québec à l’étranger. « Les sociétés, dit-il, qui sont capables de gérer la diversité de façon positive et inclusive réussissent bien sur le plan économique, elles attirent les investissements et des immigrants de qualité. Les sociétés qui ne peuvent faire ce geste d’ouverture et d’inclusion vont en souffrir économiquement », a-t-il déclaré dans les colonnes du quotidien Le Devoir.
 
Martelly courtise l’opposition
 
« Martelly courtise les leaders de l’opposition », titre le journal haïtien Le Nouvelliste. Ce sont Evans Paul de la KID et Serge Gilles, l’un des responsables de la Fusion des sociaux-démocrates, qui ont reçu la visite du président, nous apprend le journal. « Les deux dirigeants ne voulaient pas dévoiler le continu de leurs conversations, précise le Nouvelliste. » Pour montrer que les choses vont mal au pays, Evans Paul a toutefois déclaré sur un ton ironique que « c'est dans le noir, dans la chaleur et sans électricité qu'il a reçu Michel Martelly dans son bureau ».

 

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(2) Réactions

Très bonne interrogation

Très bonne interrogation Madher :)

Obama et Poutine

Obama est prix Nobel de la paix, malgré Guatanomo, malgré les assassinats ciblés à l'aide de drones, malgré la légalisation de la torture et les arrestations arbitraires, malgré l'attaque sur la Libye avec la disparition de l'Etat Libyen avec la création d'un sanctuaire pour les terroristes. Poutine, lui, n'a rien fait de tout cela! Et c'est Poutine que l'on traite de dictateur!?!

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