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Article publié le : jeudi 19 septembre 2013 à 20:23 - Dernière modification le : vendredi 20 septembre 2013 à 20:18

A la Une : à Washington, encore beaucoup de questions sur le tireur du bâtiment de la Marine qui a tué 12 employés lundi matin

Par Véronique Gaymard

Aaron Alexis.
REUTERS

Le tireur qui a été abattu, Aaron Alexis, avait consulté des médecins de l’hôpital des vétérans pour demander de l’aide et soigner des problèmes d’insomnie, révèle le Washington Post. Il y a deux semaines, il avait dit entendre des voix, et sentir les murs de sa chambre d’hôtel vibrer. Mais il aurait déclaré aux médecins qu’il n’était pas dépressif et qu’il n’avait pas l’intention de faire de mal à qui que ce soit.

Aaron Alexis aurait consulté plusieurs fois cette année, et était sous antidépresseurs. Alors que sa santé déclinait, les agences gouvernementales ont signé tous les documents qui lui ont permis de faire ce massacre : une habilitation de sécurité en bonne et due forme, un badge d’accès, et une arme, souligne le Washington Post.
 
Les journaux se demandent pourquoi ces signaux d’alerte n’ont pas été transmis par la police navale de Rhode Island...
 
Selon le New York Times, la police de Newport n’a pas transmis ce dernier rapport car elle ne considérait pas Aaron Alexis, « qui ne faisait qu’entendre des voix », comme quelqu’un de potentiellement dangereux, a déclaré le porte-parole.

Pourtant, si ces informations avaient été transmises au Pentagone, l’habilitation de sécurité pour entrer dans le bâtiment de la Marine aurait pu lui être refusée. « Il y a eu beaucoup d’alertes […] Il faut savoir pourquoi on en a pas tenu compte », a déclaré le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel hier. Il a ordonné une révision des procédures de sécurité concernant l'embauche de personnel sous-traitant.
 
En dépit de ce nouveau massacre, le débat sur le contrôle des armes à feu a du mal à être relancé

 
C’est ce qu’explique l’éditorialiste de Politico. Ce massacre ne va pas raviver le débat au Congrès pour une raison très simple, dit-il, c’est qu’aucune des mesures préconisées dans le projet de loi n’aurait pu réellement éviter ce qui s’est passé. Aaron Alexis n’avait pas un fusil d’assaut AR-15 contrairement à ce qu’a affirmé CNN, écrit-il.

Il est clair qu’il souffrait de paranoïa et qu’il avait besoin d’aide, mais les autorités l’ont laissé s’enfoncer dans sa folie. « Il y aura d’autres Aaron Alexis, conclut l’éditorialiste, on ne sait pas quelle arme il utilisera, mais on connaît déjà son état mental ».
 
Au Mexique, les dégâts des tempêtes tropicales dans l’est et dans l’ouest du pays sont considérables, notamment dans la ville balnéaire d’Acapulco sur le Pacifique
 
Plus de 10 000 touristes ont été transférés d’Acapulco vers la capitale, explique La Jornada. Le site de Milenio affiche un onglet spécifique sur Ingrid et Manuel, les noms donnés aux cyclones et ouragans qui ravagent plus de 21 Etats.

Reforma publie des images des inondations dans le Michoacán, Tamaulipas ou encore Nuevo León… El Excelsior rappelle le gigantesque glissement de terrain qui s’est produit dans le Guerrero. Un appel aux dons est lancé pour venir en aide aux sinistrés.

Le président Peña Nieto a assuré dans un discours que les événements climatiques ne vont pas freiner le développement du pays, le gouvernement est en train de prendre les choses en main, a-t-il assuré.
 
L’homme, responsable de la vulnérabilité des régions affectées par les tempêtes
 
Selon un expert du Centre des sciences de l’atmosphère interrogé par La Jornada, les énormes dégâts et le nombre de morts très élevé ne s’expliquent pas seulement par la conjonction des deux tempêtes. Il faut aussi prendre en compte la vulnérabilité des régions affectées : la déforestation, le manque de planification urbaine et la pauvreté, explique-t-il. Ce n’est pas la nature qui tue, dit-il, ce sont les hommes qui se mettent en danger et qui créent cette vulnérabilité, avec un  développement anarchique des villes, comme Acapulco.

« On a construit sur des zones inondables, sur des lits de rivières, c’est un crime historique » renchérit l’ancien président de l’Institut national d’écologie. Il faut renforcer les systèmes d’alerte qui avaient pourtant été mis en place après le passage de l’ouragan Paulina sur cette région.
 
Autre inquiétude au Mexique, les risques des bâtiments face aux tremblements de terre
 
Il y a 28 ans, jour pour jour, se produisait le tremblement de terre de puissance 8 sur l’échelle de Richter. Le président Peña Nieto a rendu hommage aux victimes. Un rapport diffusé en ce jour de commémoration indique que dans la ville de Mexico, 12 714 bâtiments se trouvent en zone de risque sismique. Un recensement effectué par l’institut chargé de la sécurité des constructions dans la capitale fait apparaître que 1 015 structures sont en danger et pourraient s’écrouler si un séisme comme celui de 1985 se produisait, explique El Excelsior qui a eu accès au dernier rapport.

534 immeubles seraient très vulnérables, dont des écoles primaires, secondaires, jardins d’enfants, hôpitaux ou cliniques sont concernés. Mais la protection civile n’est pas considérée comme devant faire partie de la politique du gouvernement, regrette la présidente de la commission de la protection civile auprès de l’Assemblée nationale car, dit-elle, elle ne rapporte rien du point de vue électoral !
 
Un fait divers en Bolivie suscite des réactions dans toute l’Amérique latine
 
Un jeune homme de 24 ans a été placé en détention préventive, il est accusé d’avoir violé un bébé de 7 mois, confié par une famille. La petite fille devra subir deux opérations, rapporte La Prensa. Les voisins, furieux, ont lancé des pierres contre le tribunal de justice, demandant que l’homme soit castré. La présidente du Sénat, Gabriela Montaño, a qualifié ce viol d’abominable et a demandé qu’il n’y ait pas d’impunité.

La Bolivie qui a par ailleurs promulgué une loi de contrôle des armes qui donne six mois aux citoyens pour enregistrer leurs armes et pour se désarmer. Des peines de prison importantes sont prévues, explique Los Tiempos. Selon le ministre de la Défense, la Bolivie aura ainsi pour la première fois une loi de contrôle des armes dont l’objectif est de garantir la sécurité et la vie en harmonie des Boliviens. 

tags: Bolivie - Catastrophes naturelles - Défense - Enrique Pena Nieto - Etats-Unis - Mexique - Revue de presse
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