Revue de presse des Amériques - 
Article publié le : mardi 01 octobre 2013 à 17:06 - Dernière modification le : mardi 01 octobre 2013 à 17:06

A la Une: l'administration américaine paralysée

Par Stefanie Schüler

 

La presse américaine titre unanimement sur le «shutdown» de l'administration qui a débuté aujourd'hui, le 1er octobre 2013.
REUTERS/Gary Cameron

Sur la question budgétaire, les républicains et démocrates sont allés à la confrontation. Et le gouvernement fédéral des États-Unis se trouve de facto paralysé à partir d'aujourd'hui.
 
Pas un journal aux États-Unis qui ne ferait sa Une sur ce que les Américains appellent le « shutdown ». Faute d'accord budgétaire entre républicains et démocrates, le gouvernement est obligé de mettre au chômage technique des centaines de milliers de fonctionnaires dans différents secteurs. C'est Washington qui pourrait être la ville la plus touchée, estime le Washington Post. « Dans la capitale américaine, 700 000 employés fédéraux risquent de se tourner les pouces à partir de ce mardi, des armées de touristes frustrés seront plantées devant des musées fermés, et les embouteillages habituels laisseront place à des axes routiers aussi fluides que si l'on était un dimanche », ironise le journal.
 
Cette paralysie entraîne également de lourdes conséquences économiques. « La capitale risque de perdre chaque jour jusqu'à 200 millions de dollars en raison de la fermeture du zoo national, des musées et d'autres attractions touristiques, financés par le gouvernement », énumère encore le Washington Post. Mais ce sont avant tout les fonctionnaires au chômage forcé à partir d'aujourd'hui pour qui cette impasse politique représente un réel coup dur : « Les familles dont les deux époux travaillent pour le gouvernement fédéral sont particulièrement touchées, et à Washington, elles sont nombreuses ». Et le journal de conclure sur ce salarié qui travaille depuis 30 ans pour une agence fédérale : « Il est bien possible que pour la première fois de ma vie j'aille manifester devant le Congrès. Et sur ma pancarte il sera écrit: "Vous ne faites pas votre travail. Je mérite d'être payé ».
 
À qui la faute du blocage politique et de ses conséquences ?
 
La sénatrice démocrate Claire McCaskill s'interroge dans les colonnes du New York Times : « Il est difficile de dire qui a perdu raison, explique-t-elle. Est-ce un parti ? Est-ce l'autre ? Est-ce le président ? Ou nous tous ? » Ce questionnement est tout à fait normal, estime de son côté USA Today. Pourtant, juge le quotidien, « cette fois-ci les responsabilités ne sont pas partagées, mais se trouvent clairement du côté des républicains » que USA Today baptise d'ailleurs « le parti des empêcheurs ».
 
« La majorité républicaine à la chambre des représentants formule des exigences qui sont absurdes, grotesques et surtout sans aucun rapport avec les questions budgétaires », critique le journal. « C'est la conséquence d'un parti républicain qui n'a cessé de se radicaliser. Il est désormais contrôlé par une base profondément insatisfaite qui exige des prises d'otages législatives afin d'obtenir ce qu'elle n'a pas pu obtenir à travers le processus électoral ou des procédures judiciaires ».
 
Le rôle clé pour le président de la Chambre, John Boehner
 
« Pour mettre un terme à l'asphyxie du Congrès, il faudrait que John Boehner s'impose aux puristes du Tea Party afin de permettre à l'ensemble de la Chambre des représentants de voter un projet de loi de finances propre, sans aucun amendement qui tente de repousser la réforme de la santé de Barack Obama », explique USA Today avant de conclure : « seulement, John Boehner va-t-il en être capable? »
 
Le journal - pourtant conservateur - National Journal se penche lui aussi sur la position difficile du président de la Chambre. « Si John Boehner s'opposait à l'aile radicale de son parti pour trouver une issue à la paralysie législative, il entrerait dans l'histoire, certes, mais il prendrait aussi le risque de perdre le soutien, déjà faible, des plus conservateurs de sa famille politique », explique le quotidien. « L'attitude de Boehner est d'autant plus navrante que de nombreux autres républicains savent qu'ils sont tenus coupables de l'impasse législative par une majorité de l'opinion publique ».
 
Nombreux sont d'ailleurs aussi les républicains qui estiment que leur exigence de repousser d'un an l'entrée en vigueur de la réforme de la santé est vouée à l'échec. Et à juste titre, explique le Chicago Tribune puisqu'à partir d'aujourd'hui, quelques sept millions d'Américains qui jusqu'à présent se trouvaient sans couverture maladie peuvent contracter une assurance santé: « Le Shutdown du gouvernement fédéral n'y change rien: Obamacare trace sa route, la réforme est là, elle commence maintenant ».
 
Même son de cloche dans les colonnes du Los Angeles Times qui titre : « Toutes voiles dehors pour la réforme de santé de Barack Obama ». « Malgré l'opposition farouche des républicains, malgré les risques que comporte l'absence d'un accord budgétaire, le président a tenu bon pour faire appliquer la plus grande expansion de la couverture maladie aux États-Unis depuis les années 1960 », se réjouit le journal. 
 
Les républicains argumentent que mieux vaut prendre les risques d'une impasse budgétaire que les risques d'une entrée en vigueur d'Obamacare. Mais apparemment, les électeurs américains ne l'entendent pas de cette oreille, constate le Christian Science Monitor. Selon un sondage Gallup, cité par le journal en ligne de Boston, six Américains sur dix estiment qu'il est plus important de mettre un terme au shutdown que de changer quelque chose à la réforme de la santé, voulue par le président.

 

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