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    Christine Rifflart sur RFI: «Le blocage aux Etats-Unis touche la planète entière»

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    La note était toujours mitigée et incertaine sur les places financières hier. Et ce mardi 8 octobre encore avec Londres dans le rouge, alors qu’aucun déblocage n’est en vue du côté de la crise budgétaire américaine. Pas d’avancée non plus sur un possible compromis dans l’immédiat qui concernerait le plafond de la dette américaine. Il y a donc une date limite, le 17 octobre, qui s’ajoute aux huit jours de paralysie quasi-totale de l’Etat fédéral. Crise à Washington avec des enjeux qui dépassent de loin les seules frontières américaines. Entretien avec Christine Rifflart, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

    RFI : Le ministre des Finances à Washington vient de décrire des conséquences potentiellement catastrophiques. Pourquoi un tel ton alarmiste ?

    Christine Rifflart : Parce que c’est une réalité, ce n’est pas un ton alarmiste. C’est que si le Congrès n’arrive pas à trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette, ça touche la planète entière et ça touche non seulement le financement de l’économie américaine, mais tout ce que les investisseurs internationaux ont dans leur portefeuille. Donc ça touche la planète entière et c’est effectivement tout à fait inquiétant.

    Un ton alarmiste de la part des Américains, parce que certains n’ont pas l’air d’y croire à l’image du patron de l’agence Moody's qui dit que justement ce défaut sur la dette à très peu de chance d’arriver. Le risque, selon lui, serait très faible.

    Les Américains ont raison d’être alarmistes dans la mesure où tous les pays ont des bons du Trésor américains dans leurs portefeuilles. De ce point de vue-là, ça touche l’ensemble des pays, et des agents privés et des agents publics. Mais le risque d’un défaut, qui probablement sera prononcé, parce que telles que partent les discussions, on est loin d’un accord et donc c’est très probable qu’à la date du 17 octobre, aucun accord ne soit signé. En même temps, cette situation ne va pas durer indéfiniment. Il est quand même très probable que dans les jours qui suivent, un accord soit trouvé et qu’une solution soit trouvée. Ça ne sera pas comme avant, parce que ça va laisser des traces, mais malgré tout, cette situation catastrophique n’aura pas lieu parce qu’une solution va forcément être trouvée assez rapidement.

    → A (RE) LIRE : L'Etat fédéral américain au chômage technique

    Il y a des pressions très nombreuses notamment de la part des Chinois. Le vice-ministre chinois des Finances a prévenu Washington : « La pendule tourne ».

    Bien sûr, parce que les Chinois, comme tous les pays, sont des gros détenteurs de titres de dettes américaines. Le risque d’un défaut de paiement sur leurs dettes effectivement, ça les touche au premier plan. Ils sont détenteurs de plus de 1 300 milliards de dollars de titres de dette. Pour eux, ils ont une grosse partie de leurs placements à l’étranger qui sont placés en bons du Trésor. C’est normal que la Chine réagisse puisqu’elle a des excédents énormes qu’elle place en bons du Trésor.

    Justement, est-ce qu’il est possible d’établir une forme de géographie de cet impact, que pourrait avoir cette affaire si aucun compromis n’est trouvé le 17 octobre ?

    Les pays d’Asie qui sont structurellement excédentaires et qui ont beaucoup de réserves de change sont très détenteurs de bons du Trésor américain, de titres publics de la dette fédérale américaine. Ceux-là exercent une pression très forte puisqu’ils défendent leurs intérêts. L’Europe est aussi détentrice de bons du Trésor américain. Le dollar reste une monnaie de réserve. Quand on dit monnaie de réserve, c’est derrière le dollar, les titres publics. C’est les titres de dette américaine qui sont l’économie, l’épargne des pays qui sont excédentaires. Tous les pays sont concernés par cette situation.

    Le ministre américain des Finances doit s’exprimer à Washington devant les élus jeudi. Mais dans le même temps, le camp républicain renvoie sans arrêt la balle au pouvoir en disant que c’est du côté de la présidence que vient le blocage.

    C’est un jeu infernal. C’est ce qu’on appelle aux Etats-Unis le « chicken game ». Celui qui sortira de sa trajectoire sera traité de « poule mouillée ». C’est un jeu où chacun va jusqu’à la mort. C’est vraiment d’une violence incroyable. Chacun se renvoie la balle. Bien évidemment les démocrates disent qu’ils gardent le contact. Ce qu’ils ne veulent surtout pas, c’est devoir céder sur la réforme de la santé. Ça, c’est une position ferme. Et les républicains veulent toujours négocier cette réforme de la santé et différer son application. Tant qu’on n’est pas sorti de ce point de blocage, il n’y a pas d’issue pour le moment. C’est normal que Obama ne cède pas à ce chantage. Il y a un sondage qui vient de sortir sur l’opinion publique, les gens ont complètement perdu le moral. On voit bien que ça touche le monde entier, ça touche les Américains et il faut sortir de cette situation et ce n’est pas en s’accusant les uns les autres que ça va faire avancer les choses.

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