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    Amériques

    Etats-Unis: visite d'Etat cruciale pour le Premier ministre du Pakistan

    media Nawaz Sharif et John Kerry à Islamabad le 1er août 2013. REUTERS/Jason Reed

    Rencontre au sommet ce mercredi à Washington : Barack Obama va s’entretenir en tête-à-tête avec le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, une première depuis cinq ans. Le Pakistan espère beaucoup de cette visite d’Etat, pour la sécurité dans la région, mais aussi pour remettre son économie sur les rails. Les attaques de drones américains en territoire pakistanais seront aussi bien sûr au cœur des entretiens.

    Avec nos correspondantes à Islamabad et à Washington,

    Islamabad et Washington sont alliés dans la guerre contre le terrorisme, mais leurs relations ont subi plusieurs écueils ces dernières années, notamment avec le raid meurtrier contre Oussama Ben Laden au Pakistan en 2011. Des deux côtés, on montre aujourd’hui des signes d’apaisement et une volonté commune de travailler à ramener la paix en Afghanistan, à l’approche du retrait des troupes de l’Otan fin 2014.

    Fin des attaques de drones

    Cette guerre déborde jusqu’au Pakistan, où les Américains effectuent des tirs de drones pour éliminer les rebelles islamistes qui attaquent leurs troupes de l’autre côté de la frontière. Islamabad réclame officiellement la fin de ces bombardements téléguidés, très impopulaires dans le pays. Mais plusieurs l’accusent de les approuver en coulisses. 

    Quoi qu'il en soit, le Premier ministre pakistanais a déclaré mardi, lors d'une conférence à Washington, qu’il allait demander l’arrêt immédiat de ces attaques de drones qui « violent l’intégrité territoriale du Pakistan, et minent les efforts du pays dans sa lutte contre le terrorisme ».

    → A (RE)LIRE : Drones: Amnesty international accuse les Etats-Unis de crimes de guerre au Pakistan

    La Maison Blanche a déjà répondu par la voix de son porte-parole. Selon Jay Carney, en substance, malgré les précautions prises, on ne peut éviter les victimes civiles dans ce type d’attaques qui restent légitimes et conformes au droit international.

    Liens indéfectibles

    Malgré ce différend, le Premier ministre pakistanais est réaliste. Après sa remarque sur les attaques de drones, Nawaz Sharif a d’ailleurs consacré tout le reste de son intervention de mardi à la nécessité de resserrer les liens économiques et politiques entre Islamabad et Washington.

    Un ancien ambassadeur américain au Pakistan expliquait hier que quels que soient les ressentiments des uns envers les autres, la relation entre Washington et Islamabad est vouée à rester extrêmement solide, car aucun des deux protagonistes n’a le choix dans cette région du monde.

    → A (RE)LIRE : Malala profite de sa popularité aux États-Unis pour faire la leçon à Obama sur les drones

    Nawaz Sharif ne repartira donc pas les mains vides. Le département d’Etat a déjà annoncé le déblocage immédiat d’1,6 milliard de dollars pour le Pakistan. Plus des trois quarts de cette enveloppe étant destinés à l’aide militaire. Et ce n’est pas tout. Le département d’Etat a par ailleurs demandé au Congrès, pour l’année 2014 cette fois, une dotation quasiment équivalente qui doit encore être approuvée par les élus.

    Echanges commerciaux

    Autre sujet crucial de ces discussions : les échanges commerciaux. L’économie pakistanaise chancelle, et Islamabad a dû emprunter cinq milliards d’euros auprès du FMI. Nawaz Sharif met donc les bouchées doubles pour convaincre les investisseurs américains de l’aider à relancer son économie.

    Signe de cette soif de capitaux, les journaux pakistanais soulignaient justement mardi l’arrivée du fabricant du fameux biscuit au chocolat Oreo. Le cookie le plus populaire des Etats-Unis sera désormais aussi « made in Pakistan ».

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