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    Espionnage de la NSA en France: l’embarras convenu des USA

    media Une base de la NSA près de Munich, en Allemagne. REUTERS/Michael Dalder

    La NSA aurait intercepté des millions de communications téléphoniques de citoyens français, selon des informations publiées par le journal «Le Monde» ce lundi 21 octobre. Ces révélations, publiées quatre mois après le début de l'affaire Edward Snowden, ont provoqué l'indignation de Paris. À Washington, on affiche une gêne convenue, mais pas question d'abandonner les écoutes.

    Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

    Ce lundi 21 octobre, Jay Carney était quelque peu gêné dans ses explications. Le porte-parole de la Maison Blanche n’a pas levé les yeux du texte préparé par les conseillers de Barack Obama. Il ne s’agissait pas d’improviser sur un sujet sensible comme celui-ci.

    « Nous avons une relation extrêmement précieuse entre les États-Unis et la France, qui est l’un de nos plus proches alliés, certainement notre plus ancien allié. Je ne vais pas faire de commentaire public sur chaque dossier d’écoutes présumées. Et notre politique est claire : les États-Unis collectent des informations comme tous les autres pays collectent des informations », a déclaré Jay Carney.

    ►A (RE)LIRE : Espionnage de la NSA en France: l'administration Obama tente d'apaiser son «plus ancien allié»

    « Nous avons commencé à revoir nos procédés de collecte des informations, afin d’équilibrer entre la préoccupation de sécurité de nos citoyens et de nos alliés et la légitime aspiration à la confidentialité de chacun. Je vous rappelle que la NSA est une agence de sécurité extérieure, dont le but est de rechercher des informations crédibles sur des cibles à l’étranger. Ses activités sont dirigées vers ces cibles vérifiées en réponse à la demande des dirigeants des États-Unis, afin de protéger la nation et ses intérêts contre la menace terroriste, et contre la prolifération d’armes de destruction massive », a poursuivi le porte-parole de la Maison Blanche.

    Pas question de renoncer aux écoutes

    Embarras donc, mais pas de regrets. Et encore moins d’excuses. Simplement des explications qui laissent comprendre qu’il n’est pas question de cesser la pratique des écoutes. Lorsque Jay Carney parle de l’équilibre à trouver entre la nécessité de collecter des informations pour assurer la sécurité du pays et le respect de la confidentialité souhaitée par les Américains et par les alliés, tout est dit.

    Certes, l’affaire Snowden a eu pour conséquence la commande d’un audit sur les écoutes et le respect de la vie privée. Mais si un sujet fait l’unanimité aux États-Unis, c’est bien la nécessité de protéger le territoire contre toute velléité terroriste. Et si pour cela il faut écouter, il s’agit de le faire sans provoquer la fureur des Américains et des alliés, mais il n’est pas question d’y renoncer.

    Si aujourd’hui tout le monde semble s’émouvoir de cette affaire, les gouvernements savent que la NSA écoute, partout dans le monde. À New York, après le 11 septembre l’information était publique. Mais dans le contexte de l’époque, cela n’avait pas été monté en épingle. Toutefois, certaines conversations avec des diplomates ne se tenaient pas dans les bureaux, mais dans les jardins ou les restaurants, afin de conserver un tant soit peu de confidentialité.

    ►A (RE)LIRE : Arnaud Danjean sur la NSA: «Tous les pays alliés s'espionnent»


    Ecoutes : le rôle-clé de Gleen Greenwald

    Les révélations publiées par Le Monde et l’hebdomadaire allemand Der Spiegel ont une chose en commun : elles proviennent des documents soustraits à la NSA par un ancien informaticien de l'agence, Edward Snowden, aujourd'hui réfugié en Russie, et distillé par un ancien journaliste du Guardian, Glenn Greenwald.

    C'était en mai dernier. Dans un restaurant à Hong Kong, Edward Snowden remet à Glenn Greenwald environ 20 000 documents classés secrets. Une masse d'information incroyable sur le vaste système d'espionnage mis en place par les États-Unis à travers le monde. Les premières informations sur les pratiques de la NSA ont été publiées en juin dans le journal britannique The Guardian, des révélations qui ont déclenché un véritable séisme diplomatique.

    Glenn Greenwald travaillait en collaboration avec une journaliste américaine, mais se sentait vite dépassé par la lourde tâche qui impliquait de gérer la diffusion de toutes ces données. Comme Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, il s'est aussi tourné vers d'autres médias réputés, comme le Washington Post, Der Spiegel ou encore Le Monde. C'est à eux qu'il transmet depuis sa résidence au Brésil des dossiers brûlants.

    Dans une interview accordée à RFI, Glenn Greenwald admet que l'analyse des documents de la NSA prend du temps, tellement elle est laborieuse. En dépit des menaces de la Grande-Bretagne et des États-Unis, il dit vouloir continuer à publier « tous les documents qui méritent de devenir publics ».

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