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    Amériques

    Etats-Unis: la NSA et l’alliance des «Five eyes»

    media Un manifestant proteste contre les pratiques des Etats-Unis lors dfe l'audition du directeur de la NSA, le 29 octobre 2013 à Washington. REUTERS/Jason Reed

    Nouveau scandale dans l'affaire des écoutes téléphoniques et d'Internet par les services de renseignement américains. Après l'Amérique latine puis l'Europe, la polémique s'étend à l'Asie: les services de renseignements américains de la NSA auraient outrepassé leurs droits dans la collecte massive de données et utilisé l'alliance surnommée les Five eyes («cinq yeux»), les cinq démocraties anglophones alliées des Etats-Unis, pour intercepter des échanges de données.

    Les Five eyes, ce sont les Etats-Unis et ses quatre alliés anglophones : Canada, Grande-Bretagne, Australie et Nouvelle-Zélande.

    Ces cinq pays participeraient à un vaste réseau de surveillance électronique surnommé l'Alliance des cinq yeux. Une sorte d'association entre les services de renseignement de ces pays qui coopèrent entre eux, surveillent les populations et leurs gouvernements.

    C'est ainsi que la NSA aurait intercepté les données de centaines de millions d'utilisateurs de comptes Yahoo et Google, en utilisant un programme secret appelé Muscular, un programme opéré conjointement avec la Governement Communication Headquarters, l'une des trois agences de renseignement britanniques.

    181 millions de données (...) au cours des 30 jours précédents

    Muscular permet de copier des flux de données en s'infiltrant par les fibres optiques dans ce qu'on appelle le Cloud de Google ou de Yahoo. Pour donner une idée de l'ampleur de ces opérations, selon un document secret du 9 janvier, plus de 181 millions de données auraient été collectées de cette façon au cours des 30 jours précédents. La NSA récupérait puis décryptait ces données.

    Et c'est sans doute de cette façon que le téléphone portable de la chancelière allemande Angela Merkel a été écouté pendant plusieurs années et jusqu'à il y a quelques mois, et que des millions de données ont été récupérées en France ou en Espagne.

    Five Eyes opère aussi en Asie par le biais des ambassades

    Selon des informations révélées par le magazine allemand Der Spiegel et le quotidien australien Sydney Morning Herald, des ambassades australiennes en Asie - à Jakarta, Hanoi, Pékin, Bangkok et Dili - auraient ainsi servi de couverture aux renseignements américains pour intercepter des informations dans ces pays.

    La majorité du personnel de ces ambassades n'était pas au courant de ces opérations, seul un petit groupe en aurait été informé. « Par exemple des antennes sont parfois cachées sur les toits par de fausses structures architecturales ou des échafaudages », écrit Der Spiegel.

    « Grave atteinte à la sécurité »

    Exemple en Indonésie, où l'ambassade d'Australie aurait ainsi été utilisée pour récupérer des échanges de données sur le pays. « Un procédé » qui selon les autorités indonésiennes « ne reflète pas l'esprit d'amitié qui doit être préservé entre des pays voisins et amis ».

    Plusieurs pays de la région ont réagi. L'ambassadeur d'Australie à Jakarta a été convoqué pour un entretien de 20 minutes ce vendredi, et le conseiller aux Affaires étrangères du président indonésien a qualifié ces pratiques « d'inacceptables et de grave atteinte à la sécurité ». Des militants ont d'ailleurs manifesté ce vendredi devant l'ambassade américaine à Jakarta avec des panneaux où on pouvait lire : « stop à l'espionnage américain ».

    « Tout le monde espionne tout le monde »

    Pékin a aussi réagi en exigeant des clarifications et des explications. En revanche, peu de réactions de la Thaïlande et du Cambodge qui ont rétorqué que ces systèmes de surveillance n'étaient pas nouveaux.

    « Tout le monde espionne tout le monde », donc en quoi ces révélations sont-elles plus scandaleuses ?

    C'est surtout l'ampleur de cette surveillance qui a suscité ce scandale. Comment un pays ami peut-il étendre sa surveillance jusqu'aux chefs d'Etat ou de gouvernement comme Angela Merkel en Allemagne ? Des pays qui coopèrent déjà avec Washington en matière de lutte contre le terrorisme. Car c'est ainsi que les Etats-Unis justifient leur surveillance, pour déjouer d'éventuels attentats et lutter contre le terrorisme dans le monde, comme l'a déclaré le chef de la NSA, le général Keith Alexander.

    Les géants de la Silicon Valley sont très embarrassés.

    Google, Microsoft, Facebook, Yahoo, Apple et AOL se nourrissent des données des utilisateurs. Cela leur permet d'établir des profils, des habitudes de consommation, et de leur faire parvenir des publicités ciblées.

    Cet accès aux données privées des utilisateurs est particulièrement intéressant pour les services de renseignement. Or, ces géants de l'Internet ont à de nombreuses reprises été sollicités par le gouvernement.

    En juin, lorsque le scandale de l'ampleur de la récupération de données par la NSA a été révélé, ces entreprises ont d'abord assuré qu'elles n'avaient pas eu d'autre choix que d'obéir. Mais au fur et à mesure des révélations sur l'étendue de l'espionnage, elles ont demandé au gouvernement une véritable réforme de ces systèmes de surveillance.

    « Nous sommes allés trop loin »

    Google a d'ailleurs dépensé des millions de dollars en systèmes de cryptage pour protéger les données de ses utilisateurs. Twitter serait en train de mettre au point un nouveau procédé pour assurer une meilleure protection des échanges de messages.

    Car les révélations des pratiques de la NSA portent un coup à la crédibilité de ces géants d'Internet et des réseaux sociaux. Ils doivent regagner la confiance de leurs utilisateurs sur l'assurance de la confidentialité de leurs données.

    « Nous sommes allés trop loin », a reconnu hier le secrétaire d'Etat américain, « le président Obama veut réexaminer ces pratiques pour que personne ne se sente trompé » a voulu rassurer John Kerry.

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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.