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    Venezuela: l'armée peut-elle gagner la guerre économique du papier toilette?

    media Les Vénézuéliens achètent en quantité dès qu'ils trouvent le moindre stock, par peur des ruptures. Reuters/Jorge Silva

    Après plus de six mois de pénuries, le gouvernement vénézuélien a décidé d'employer la manière forte. Une équipe d'administrateurs, protégés par l'armée, doit relancer la plus grande usine de papier toilette du pays. Caracas, aux prises avec une situation économique ubuesque, ne trouve toujours pas comment garantir à la population d'être livrée en produits hygiéniques, aliments de base... et en sapins de Noël.

    Aux grands maux, les grands remèdes : pour faire face aux pénuries de produits de consommation courante, le président Nicolas Maduro a décidé fin septembre de déployer l'armée dans les usines de papier toilette. Au Venezuela, il est devenu difficile, depuis le début de l'année, de se procurer certains biens pourtant primordiaux, du dentifrice au lait en passant par le sucre et les précieux rouleaux hygiéniques.

    Pour le chef de l'Etat, la faute en incombe aux industriels qui, cherchant à spéculer sur les pénuries, se  seraient lancés dans une « guerre économique » contre leur propre pays. Le pouvoir multiplie les initiatives désespérées et les promesses enthousiastes. Caracas continue d'importer depuis l'étranger des tonnes de biens achetés en urgence. Le vice-président Jorge Arreaza se veut rassurant : à l'approche de Noël, il assure que les Vénézuéliens ne manqueront pas de nourriture... ni de jouets ou de sapins en plastique.

    Pour ne pas se dédire, il faut donc faire preuve de fermeté. Le papier toilette, devenu le symbole de la déroute économique nationale, est une cible stratégique. Jorge Arreaza, chaviste convaincu - il a épousé l'aînée de l'ancien président - déploie l'Organe pour la défense populaire de l'économie et la distribution de base. Baptisé Sundecop, ce comité d'experts doit explorer l'usine de Manpa, dans l'Etat d'Aragua, où est produite la majeure partie des rouleaux vénézuéliens. Sous la protection de la Garde nationale, ils ont pour mission de lister les « irrégularités » et les « corrections » à apporter pour forcer la production. Le rapport, prévu pour être remis sous quinze jours, se fait toujours attendre.

    L'impasse économique vénézuélienne

    Ces pénuries sont un résultat direct de la forte inflation des tarifs (49,4 % depuis le début de l'année) qui touche le pays en 2013. Le tout alors que le gouvernement bloque les prix des biens de première nécessité. Une démarche qui met en difficulté les entreprises qui se retrouvent régulièrement obligées de produire sans réaliser de marge.

    « Tout cela favorise la corruption », analyse l'économiste Dominique Fruchter, spécialiste de l'Amérique latine à la Coface. « Déployer des contrôleurs dans une usine peut forcer la production, mais il faudrait en mettre absolument partout, c'est impossible. Pour produire ces biens, il faut importer des matières premières : pour cela, il faut des devises. Ensuite, il faut pouvoir les livrer dans le pays ». Or la politique chaviste a considérablement affaibli l'industrie et les infrastructures : manque de dollars pour négocier à l'étranger, agriculture et industries locales déficientes et un réseau logistique insuffisant.

    Sous l'autorité de Hugo Chavez, le gouvernement a progressivement mis la main sur les principales entreprises du pays. Prospérant grâce à d'importantes ressources pétrolières, les autorités ont pu garantir à la population un pouvoir d'achat le plus stable possible. Entre deux pénuries en tout cas. L'ancien président avait ainsi contribué à résoudre plusieurs crises en recrutant massivement dans la grande entreprise pétrolifère nationale, la PDVSA. Une tactique qui pouvait fonctionner tant que le prix du baril grimpait : une porte de sortie qui s'est refermée aujourd'hui.

    Le lourd héritage chaviste

    « Pour les chavistes, l'économie est un outil politique, explique Stephen Launay, politologue spécialisé sur l'Amérique latine. Il y a eu, au fil des années, une appropriation systématique des moyens de production. Pour les diriger, il ne fallait pas avoir des compétences, il fallait être proche du pouvoir ». Des méthodes qui ont facilité la prolifération de la corruption dans les milieux politiques et industriels, chacun cherchant à profiter de sa position pour améliorer sa propre situation.

    Hugo Chavez promettait pourtant, dès sa première élection en 1998, de lutter contre les deux fléaux qui frappaient le Venezuela : la pauvreté et la corruption. Si la seconde a prospéré, la première a fait l'objet de nombreux discours du président. Il a même employé toute une partie de l'armée, dès son arrivée au pouvoir, pour lutter contre la pauvreté : réparations d'écoles, d'hôpitaux, campagnes de vaccination. « L'armée a aussi été utilisée pour récupérer des propriétés, en régions, qui appartenaient aux Etats fédérés, remarque Stephen Launay. Les militaires doivent, avant tout, prêter serment au chavisme et se présentent comme les garants de sa prosperité. »

    Mais si Hugo Chavez parvenait à maintenir cet équilibre économique et social précaire, son successeur peine à juguler la crise. « Les Vénézuéliens ne sont pas dupes, estime Stephen Launay : lorsqu'ils font la queue dans les supermarchés pendant des heures pour acheter un paquet de sucre, ils se rendent bien compte que le discours de Maduro n'est pas crédible. Après, cela reste une question de foi politique. Quoi qu'il en soit, on voit avec le manque de papier wc que le Venezuela a atteint une situation ubuesque. »

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