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    Une avancée majeure de la recherche pour traiter la calvitie

    media Depuis plusieurs décennies des scientifiques tentent de trouver une parade pour faire « repousser » les cheveux perdus, un rêve pour de nombreux chauves. . Getty Images/BAYRAM TUNÇ

    Des chercheurs sont parvenus à faire repousser des cheveux obtenus en cultivant des cellules humaines du derme en laboratoire. L’étude publiée dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) est porteuse d’espoir pour les millions d’hommes et de femmes qui présentent une alopécie dans le monde.

    Depuis plusieurs décennies des scientifiques tentent de trouver une parade pour faire «repousser» les cheveux perdus. Certes des médicaments (minoxIdil et finastéride) parviennent plus ou moins efficacement à ralentir leur chute. Du côté de la chirurgie, des greffes de cheveux sont réalisées avec succès, en implantant sur la zone dégarnie des cheveux prélevés dans la région occipitale. Dans cette région, chez de nombreux hommes, les cheveux ne sont pas sensibles à la testostérone et gardent cette propriété une fois implantés. Cette technique est très efficace dans le cas de front dégarni chez ces derniers, mais ne répond pas au problème majeur de perte de densité de la chevelure qui affecte de nombreuses femmes après la ménopause.

    Un espoir pour les grands brûlés

    Mais c’est surtout dans le cas de greffes de peau chez les grands brûlés que ces travaux représentent une avancée remarquable. La peau est composée d’un épiderme en surface, recouvrant un derme, et comporte des annexes : follicules pileux produisant les poils ou cheveux, et les glandes sudoripares, nécessaires sur le plan physiologique. Depuis une vingtaine d’années, à l’aide du prélèvement d’un fragment de peau indemne, on est capable de produire en laboratoire des grandes surfaces d’épiderme, et depuis peu on peut associer à cet épiderme un substitut de derme. De nombreuses vies sont sauvées, mais le résultat laisse beaucoup à désirer tant sur le plan physiologique qu’esthétique.
     
    On parvient aussi, et cela depuis plusieurs années, à cultiver en laboratoire des cellules humaines issues de papilles dermiques. Les papilles dermiques sont responsables dans la peau de la production de follicules pileux par l’épiderme, qui eux-mêmes produisent la tige du poil ou du cheveu. Or malheureusement, lorsque ces papilles dermiques sont mises en culture dans une boîte de pétri, les cellules ainsi cultivées perdent rapidement leurs propriétés inductives (de production).
     
    Les chercheurs Colin Jahoda, Angela Christianio co-directeurs de l’étude, viennent de franchir un pas important. Pour l’étude publiée dans le PNAS, des cellules provenant de sept personnes ont été cultivées avec la technique dite de la «goutte pendante» de façon à ce qu’elles s’assemblent en sphère. Glissées entre le derme et l’épiderme de fragments de peau humaine glabre de prépuce, ensuite greffés sur le dos de souris, elles ont provoqué la formation de follicules pileux, une structure de la peau qui produit justement le poil. Les chercheurs ont constaté que dans cinq des sept tests, la greffe a produit de nouveaux follicules pendant au moins six semaines. Une analyse ADN a montré que ces nouveaux follicules pileux étaient bien formés de cellules humaines issues des sept personnes sur qui avaient été prélevées les cellules.
     
    Ils sont sur la bonne voie
     
    Le travail de ces chercheurs constitue une réelle avancée, estime Danielle Dhouailly, professeure émérite de l’Université de Grenoble dans un laboratoire du CNRS. Cette spécialiste de la formation embryonnaire de la peau s’est particulièrement intéressée à la technique utilisée dans ces travaux qui viennent d’être publiés. En étudiant l’activité des gènes (étude longue et très coûteuse du transcriptome) les chercheurs anglais et américains ont en effet démontré l’importance de l’environnement pour diriger l’activité du génome : le regroupement des cellules en sphères, non seulement mime la forme ronde des papilles dermiques, mais surtout induit chez ces cellules une activité des gènes qui se rapproche de celle des cellules de papille dermique in vivo.
     
    «Cela dit, ils sont sur la bonne voie, mais pas au bout de leur peine» constate le Pr Dhouailly qui souligne que les cellules greffées dans la peau ont bien produit des follicules pileux mais ces derniers étaient fins et, surtout, ils ne produisaient pas de tige du poil qui normalement émerge de la peau. Il reste donc à trouver comment réactiver la totalité du génome requis pour l’induction de follicules pileux producteurs de poils.
     
    Cela n'empêche pas toutefois de parler de réussite et le Dr Angela Christiano, professeure de Dermatologie et sénior coauteur de l’étude, estime que cette technique «pourrait rendre la greffe de cheveux accessible à des personnes avec un petit nombre de follicules, chez les hommes comme chez les femmes, ou chez les sujets ayant souffert de brûlures». Les chercheurs ajoutent cependant que d’autres étapes de travaux sont nécessaires afin de trouver comment conserver chez ces cellules l’ensemble de leur potentialités, donc de produire des cheveux et de pouvoir réaliser des tests sur les humains.
     
    «Cela dit, précise le Pr Dhouailly, la découverte fondamentale de cette étude est le fait que le regroupement des cellules suffit à provoquer l’activité de certains gènes». De nombreux travaux cherchant à obtenir en laboratoire des organes artificiels, tels que le pancréas ou le rein, pourraient bénéficier à terme de ceux dont rend compte le PNAS. 
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