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    Amériques

    Honduras: une élection présidentielle au pays de la violence

    media Un militaire assure la sécurité en marge d'une conférence de presse de Juan Orlando Hernandez, à Tegucigalpa. REUTERS/Tomas Bravo

    Au Honduras, les 5,4 millions d'électeurs doivent choisir, ce dimanche 24 novembre, un nouveau président. Quatre ans après le coup d'Etat qui a chassé Manuel Zelaya, ils sont appelés à élire le successeur du conservateur Porfirio Lobo. Dans un scrutin à un seul tour, ils devront également désigner leurs 128 députés et renouveler les conseillers municipaux. Dans ce pays où la violence est quotidienne, les derniers jours de campagne se sont déroulés dans un climat tendu. Et le nouveau président aura fort à faire.

    Du Honduras, on ne connaît pas grand-chose. Coincée pile au milieu de l’Amérique centrale, quand la République de huit millions et quelque habitants fait parler d’elle, c’est pour ce chiffre qui lui colle à la peau comme les tatouages aux membres des « maras », ces gangs de rue ultraviolents qui terrorisent la population à coup d’extorsions et de règlements de compte. Celui du taux d’homicides par habitant dont elle détient le triste record mondial : 85,5 pour 100 000, selon l’Observatoire de la violence de l’université nationale. Soit 20 assassinats par jour en moyenne dans un pays grand comme deux régions françaises. Des crimes imputés à la guerre des « narcos ». La cocaïne, venue du Sud, transite par le Honduras vers l’Amérique du Nord.

    « Mais ce n’est pas le seul facteur qui explique la violence, souligne Kévin Parthenay, docteur associé au Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po (CERI) et membre de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (Opalc). Il y a aussi des facteurs sociaux, les inégalités et l’explosion du noyau familial ces dernières années notamment ».

    Pauvreté en hausse, taux de criminalité record, corruption généralisée, conflits agraires meurtriers, coups d’Etat... C’est dans ce contexte que le Honduras fait aujourd’hui parler de lui avec la tenue de ses élections.

    Deux candidats au coude à coude

    Huit candidats se disputent la succession de Porfirio Lobo du Parti national. Le renversement en 2009 de l’ancien président Manuel Zeleya est encore très présent dans l’esprit des électeurs qui ont du mal à départager les deux favoris du scrutin. Xiomara Castro, qui n’est autre que l’épouse du président déchu, pour le parti Liberté et Refondation (gauche), et Juan Hernandez, le candidat du Parti national, au pouvoir, recueillent tous les deux entre 27% et 28% des intentions de vote.

    « La violence a été très présente dans la campagne. Hernandez a axé sa campagne sur le sentiment de peur, et le risque d’explosion de la violence si jamais il n’était pas élu ». Les candidats vont donc être jugés sur leur capacité à proposer des solutions concrètes à ce problème. Le candidat du Parti national, partisan de la manière forte, propose de faire intervenir l’armée pour enrayer l’insécurité. Xiomara Castro opte, elle, pour la création d’une police de proximité.

    « Sur le plan social, le pays est très en retard, ajoute le chercheur au CERI. Le niveau de scolarisation des enfants au-delà du primaire est très bas. Et sur ce point, le Honduras est un des plus mauvais élèves de la région. Le système de santé aussi est très défaillant et les inégalités dans l’accès au soin atteignent des niveaux élevés ». Dans un pays où 71% de la population vit sous le seuil de pauvreté et où plus d’un Hondurien sur deux vit dans la misère quand le nombre de millionnaires lui, ne fait qu’augmenter, les questions sociales devraient aussi avoir leur place dans le scrutin.

    La fin du bipartisme

    Xiomara Castro défend un socialisme à l’hondurienne et veut réformer le pays en profondeur. L’ex-Première dame prône aussi la réconciliation avec les putschistes. Son rival, l’avocat et homme d’affaires Juan Hernandez, a ,lui, fait de la lutte contre la criminalité son cheval de bataille.

    Pour le chercheur, « ce scrutin est en tout cas déjà historique car, pour la première fois, on n’est plus dans des élections menottées par deux partis » dans un pays où les partis de droite se disputent le pouvoir depuis la fin des régimes militaires au début des années 1980.

    Corruption

    Dans un pays gangréné par la corruption, les ONG craignent pour la transparence des élections. « Avec la très forte polarisation, c’est la deuxième caractéristique de la politique au Honduras, analyse Kévin Parthenay. Il y a un très fort sentiment de corruption dû au lien très étroit qu'entretiennent les élites entrepreneuriales avec les partis politiques. Pendant les campagnes électorales, ces élites passent des accords implicites avec les candidats ». En échange de leur soutien, les entrepreneurs sont exonérés de leurs taxes, par exemple.

    « Il sera donc intéressant d’observer la réaction des entrepreneurs, poursuit le chercheur. Vont-ils accepter le processus démocratique ? C’est à cela qu’on pourra juger de la santé politique du Honduras ».


    La guerre pour la terre

    Le nouveau président devra aussi mettre fin aux conflits agraires dans la vallée de l’Aguan, au nord-est du pays, entre paysans et grands propriétaires. En quatre ans, une centaine de petits paysans ont été tués dans des affrontements avec des milices privées engagées par les « latifundias », ces grands propriétaires terriens.

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