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    Amériques

    François Hollande en visite au Brésil, dans cet incontournable pays émergent

    media François Hollande et Dilma Roussef, le 20 juin 2012. REUTERS/Ricardo Moraes

    François Hollande entame une visite d'Etat au Brésil ce jeudi 12 décembre ; il se rendra à Brasilia et à Sao Paulo. Effectué un an - jour pour jour - après la venue de Dilma Rousseff à Paris, ce voyage présidentiel vise à renforcer le partenariat stratégique, civil et militaire, entre les deux pays. Plusieurs chefs d’entreprise accompagnent le président. Des contrats doivent être signés. Cependant, concernant le chasseur Rafale, Brasilia réfléchit encore. L'avion de combat construit par Dassault Aviation est toujours en compétition avec des concurrents aux Etats-Unis et en Suède.

    Aujourd'hui, le Brésil est devenu incontournable sur la scène internationale. « C’est un partenaire avec qui nous traitons d’égal à égal », déclare Eduardo Rihan Cypel, président du groupe d'amitié France-Brésil à l'Assemblée nationale. Il souligne des liens centenaires qui lient les deux pays.

    « Nous partageons une vision commune d’un certain nombre d’enjeux internationaux, d’un monde dans lequel il faut davantage de multilatéralisme. Le Brésil est une grande démocratie. Nous militons pour la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, et pour que le Brésil puisse y entrer comme un membre permanent », conclut-il.

    Plusieurs contrats à la clé

    En plus de cette entente diplomatique, les relations économiques sont au beau fixe entre les deux pays. Plusieurs contrats seront signés, concernant la participation de Total à l'exploitation des champs pétroliers offshore, la fourniture par Thalès et Arianespace d'un satellite de télécommunications, ou encore la construction par Areva du troisième réacteur de la centrale d'Angra, au sud de Rio de Janeiro, pour 1,25 milliard d’euros.

    En revanche, concernant le chasseur Rafale, Brasilia réfléchit encore. L'avion de combat construit par Dassault Aviation est toujours en compétition avec l'Américain Boeing et le Suédois Saab. La décision a été plusieurs fois repoussée en raison des difficultés budgétaires que connaît le Brésil. Car avec une croissance estimée à 2,4% cette année (contre 7,5% en 2010), la sixième économie mondiale marque le pas.

    Des fragilités structurelles

    Pour Sylvain Barthélémy, directeur de recherche au cabinet TAC, une combinaison de plusieurs facteurs explique l'ascension économique qu'a connue le Brésil. « Le premier, énumère-t-il, c’est le facteur démographique, avec l’émergence d’une importante classe moyenne. Les principaux partenaires du Brésil, que ce soit l’Europe, les Etats-Unis ou la Chine, étaient des pays dans lesquels l’économie allait plutôt bien. Le Brésil est le plus fort exportateur de matières premières, et ses prix étaient orientés à la hausse. Tout cela a joué en sa faveur et a permis de masquer un certain nombre de fragilités structurelles. »

    Mais, suite au discours du président de la Réserve fédérale américaine (FED), Ben Bernanke, le 22 mai 2013, dans lequel il annonçait l'arrêt du programme d’injection massive de liquidités de la FED - programme destiné à faire démarrer l’économie américaine - un certain nombre de pays émergents ont été touchés. « Cela concernait principalement les pays qui avaient un déficit courant important, ce qui est le cas du Brésil », rappelle Sylvain Barthélémy.

    Un marché à fort potentiel

    Aujourd’hui, avec la dévaluation rapide de la devise brésilienne et l’inflation qui frôle les 6%, le Brésil paie le prix fort de son essor économique. La monnaie, le real faible, ne stimule pas encore les exportations, mais cette tendance pourrait s'inverser à moyen terme pour aider le pays à retrouver sa compétitivité.

    Car le Brésil reste très attractif. Première destination des investissements directs étrangers en Amérique du Sud (il a attiré 47 milliards d’euros en 2012), la France y occupe la cinquième place avec 500 implantations dans tous les secteurs. Selon Alexandre Kateb, directeur du cabinet Compétence Finance, le transfert de technologies a grandement contribué à cette importante présence française.

    Il explique : « Dans ce domaine, l’attitude française est plus ouverte vis-à-vis du Brésil que de la Chine, et ce pour une simple raison : le Brésil n’aspire pas à devenir une superpuissance mondiale, comme c’est le cas de la Chine. Pékin l’est déjà d’un point de vue économique, et au niveau militaire il veut contrôler son espace. »

    La France dans la concurrence

    Le Brésil fait du nucléaire civil son énergie d’avenir. Signataire du Traité de Tlatelolco de 1967, visant à créer une zone exempte d'armes nucléaires en Amérique latine, le pays a finalement ratifié en 1998 le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

    « Pour les pays comme la France, membre de l’Otan et du Conseil de sécurité de l'ONU, c’est beaucoup plus simple de travailler avec le Brésil, qui est aussi une démocratie. Il y a beaucoup plus de transparence sur les décisions qui sont prises, ce qui n’est pas le cas pour des pays comme la Chine », estime Alexandre Kateb.

    La France ne joue pas seule sur ce terrain. Elle est en compétition avec d’autres grands fournisseurs de technologies, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Japon et, de plus en plus, la Corée du Sud. Des pays mis en concurrence par le Brésil, l'Inde ou la Chine, qui veulent atteindre le même niveau de maturité technologique d'ici quinze à vingt ans.

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