GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 13 Août
Mercredi 14 Août
Jeudi 15 Août
Vendredi 16 Août
Aujourd'hui
Dimanche 18 Août
Lundi 19 Août
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Amériques

    «Rafale»: les raisons de l'échec au Brésil

    media Le «Rafale» de Dassault ne volera pas dans le ciel brésilien. REUTERS/Stringer

    Le Brésil a choisi l'avion Gripen NG du Suédois Saab, concurrent du Français Rafale hier, mercredi 18 décembre. Une défaite commerciale pour l'avion de combat français de Dassault qui vient s'ajouter à une longue liste de déconvenues. Un échec auquel la France s'attendait depuis plusieurs mois et qu'il faut nuancer.

    C'est la fin du feuilleton du Rafale au Brésil. Une affaire qui dure depuis 2009. A l'époque, Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva s'étaient mis d'accord pour l'acquisition d'avions Rafale par le Brésil avec un important transfert de technologie. Mais depuis, il y a eu des élections au Brésil, l'arrivée de Dilma Roussef, des changements à la tête de l'état-major de la force aérienne brésilienne. Et surtout il y a eu la grogne sociale du printemps dernier : les critiques concernant les coûts exorbitants de la Coupe du monde de football et des Jeux olympiques.

    Consacrer cinq milliards d'euros à l'achat de 36 avions de combat Rafale était donc une décision difficile à faire passer pour le pouvoir politique brésilien. Surtout dans un pays qui ne connaît pas d'ennemi, et où l'opinion ne porte pas vraiment les militaires dans son cœur.

    En réalité, depuis quelque temps, les experts voyaient bien que l'option Rafale s'éloignait de plus en plus, particulièrement après un retour en force des Américains et du F/A-18 de Boeing qui ont fait un intense travail de lobbying depuis trois ans. Le Super Hornet était donné gagnant il y a quelque mois encore, mais c'était avant les révélations sur les écoutes de la NSA au cœur même de l'exécutif brésilien.

    Dilma Rousseff a choisi l'avion le moins cher

    Finalement, le Brésil choisit l'avion le plus petit, le moins cher et le plus économique. Peut-être aussi le plus simple à fabriquer, même s'il intègre des composants d'origine nord-américaine, car il y a bien une dimension industrielle dans cette affaire. Le Brésil veut faire d'Embraer son champion national de la défense. Le Gripen NG est un avion en cours de développement et Embraer devrait donc se greffer sur le programme suédois en espérant transférer tout ou partie de la production au Brésil.

    Seule ombre au tableau, l'armée de l'Air brésilienne va rapidement retirer ses Mirage 2000 achetés d'occasion à la France. Avant que le Gripen NG arrive en escadron, il va donc s'écouler quelques années où la défense aérienne du pays ne sera pas optimale. Mais après tout, le Brésil n'a pas d'ennemi à ses frontières...

    L'échec du Rafale ne signifie pas un échec du partenariat France-Brésil

    Cette affaire ne remet pas en cause le partenariat de défense entre la France et le Brésil. Au contraire. Lors de la visite de la présidente Dilma Roussef à Paris en décembre 2012, François Hollande avait fait profil bas autour du dossier Rafale qui avait été initié auprès de son prédécesseur. Dans l'entourage du président, il se disait alors qu'il fallait « dé-Rafaliser » les relations entre la France et le Brésil. Les autorités brésiliennes étaient un peu agacées de voir qu'on leur parlait du Rafale à tout bout de champ.

    D'autant plus que les relations de défense sont très étroites entre les deux pays. En août dernier, Thales, associé à une société locale, Vision, a remporté un contrat de 300 millions d'euros pour la fourniture d'un satellite à usage civil et militaire. Et puis il y a eu cet énorme contrat portant sur quatre sous-marins Scorpène et le développement d'un sous-marin à propulsion nucléaire signé en 2010 et qui va courir au moins jusqu'en 2025. Un contrat de plus de six milliards d'euros.

    ►A (RE)ECOUTER : Le partenariat stratégique franco-brésilien, reportage sur la base d’Itaguai

    Les Brésiliens ont fait le choix de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier. Avec le Gripen, ils disposeront d'un bon avion de combat. Ils ne dépendront pas directement des Etats-Unis, et ils continueront à travailler avec la France dans le secteur naval et dans le domaine des hélicoptères.

    Quel avenir pour le Rafale ?

    Pour le Rafale, qui a multiplié ces années les échecs, c'est un client en moins. En réalité, à chaque fois que l'avion est évalué par les militaires d'un pays étranger, il arrive en tête en termes de performances, mais c'est ensuite sur le volet commercial et diplomatique du dossier que les choses se compliquent. Ce fut le cas en Corée du Sud et à Singapour, et plus récemment au Maroc, où à chaque fois ce sont des avions nord-américains qui se sont imposés.

    Tous les efforts de la France se portent maintenant sur l'Inde. Là encore, les choses sont bien engagées, le contrat est monumental : 126 avions, 15 milliards de dollars. Mais l'approche des élections législatives fait peser une incertitude sur la date de la signature du contrat. Après avoir évoqué fin 2013, on parle maintenant de 2014.

    Enfin, il y a les pays du Golfe. Aux Emirats arabes unis, le contrat négocié par Nicolas Sarkozy et son équipe n'a toujours pas débouché sur quelque chose de concret. A présent, c'est le Qatar qui s'intéresse de près à l'avion. Le Qatar est un client de longue date de Dassault. Dès les années 1970, il avait acheté des Mirage français.

    Mauvaise nouvelle pour le budget de la France

    Cet échec du Rafale, c'est une mauvaise nouvelle pour Dassault et les 500 partenaires industriels du programme. Mais c'est aussi une mauvaise nouvelle pour le budget de la France car, avec un contrat à l'export, l'Etat aurait pu différer certains commandes de Rafale.

    Dassault et ses partenaires industriels estiment qu'en dessous de onze appareils fabriqués par an, il n'est pas rationnel de maintenir la chaîne d'assemblage de l'avion. Pour la France, il reste encore 26 avions à fabriquer sur la future loi de programmation militaire 2014-2019. Il faut bien comprendre qu'il faudra maintenir une certaine activité dans les usines des industriels concernés, mais que si au bout de la dernière tranche destinée à la France, aucun avion n'est vendu à l'exportation, il faudra envisager la fermeture de la chaîne. Et quand une chaîne est fermée, elle ne rouvre jamais. Cela signifie la fin d'un programme. Les Suédois étaient dans cette situation avec leur Gripen. C'est très certainement aussi pour cela qu'ils ont mis toutes leurs forces dans la bataille pour remporter ce contrat au Brésil.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.