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    Amériques

    Un riche chinois souhaite s’offrir le «New York Times»

    media L'intérêt de Chen Guangbiao pour le «New York Times» intervient quelques mois après le rachat du «Washington Post» par le fondateur d'Amazon. Capture d'écran CCTV

    Classé comme l'une des 400 personnes les plus riches de Chine, Chen Guangbiao a réaffirmé son intention de racheter le New York Times. Ce milliardaire très connu pour ses opérations de philanthropie médiatique souhaite « restaurer la crédibilité et l'influence » de ce grand nom de la presse américaine.

    L’homme est, dit-on, milliardaire en yuans. Sa fortune est estimée à 5 milliards de yuans. Il affirme dans les colonnes du Huanqiu Shibao « qu’il n’y a rien qui ne puisse être acheté au juste prix ». Chen Guangbiao, c’est son nom, estime la valeur du quotidien New Yorkais à un milliard de dollars (734 millions d’euros). Chen Guangbiao a la réputation d’être un philanthrope excentrique, un self-made-man à la chinoise qui symbolise bien l’incarnation du « rêve chinois ». Il est né dans la province du Jiangsu au sud-est du pays, dans l’un des villages les plus pauvres du district Tianganghu et comme de nombreux entrepreneurs de sa génération, il a suivi à la lettre le mot d’ordre de Deng Xiaoping : « Enrichissez-vous ! ». A 23 ans, le voilà à Nankin. Pour la petite histoire, il aurait trouvé un mini-scanner pour « détecter les maladies » en pharmacie. Un produit qu’il a « amélioré » et revendu beaucoup plus cher. C’est l’origine de sa réputation d’hommes d’affaires talentueux, de brillant bateleur, mais aussi de charlatan pour ses détracteurs.

    «Low carbon», un original de l'environnement

    Il est l'un des premiers à investir dans le secteur du recyclage. C’est là qu’il construit sa fortune et son image. Il a deux fils, l’un s’appelle Chen Huanbao qui signifie « protéger l’environnement » en mandarin, et l’autre Chen Huanjing qui signifie « environnement ». C’est un original qui est souvent habillé en vert pomme.




    Les médias chinois l’ont surnommé « Low carbon » lorsqu’il a décidé de détruire sa Mercedes au marteau piqueur à l’occasion de la journée sans voiture. RFI lui avait d'ailleurs déjà consacré un article lorsqu’il s’était mis à vendre du vent : c’était en août 2012 avec la distribution de canettes d’air pur dans les métropoles chinoises saturées de pollution.

    Une philanthropie savamment mise en scène

    Cet écolo rigolo veut aussi mettre le pays au régime. Bien qu’un peu rondouillard, il jure ne prendre que deux repas par jour au lieu de trois, là aussi pour économiser les ressources. Philanthrope devant les caméras de CCTV, c’est un homme qui distribue régulièrement son argent pour la bonne cause, dans des opérations très médiatisées. Le 22 avril dernier par exemple, il a offert 1 000 duvets, 500 torches, une tonne de pain ainsi que 200 yuans à chaque habitant de Ya’an, ville frappée par un séisme. C’est d’ailleurs ce genre d’opération qui l’a fait connaître en Chine. En 2008, les Chinois ont vu Chen Guangbiao pour la première fois habillé en tenue militaire et participer aux secours des sinistrés du tremblement de terre de Wenchuan.

    « Restaurer la crédibilité et l'influence » du New York Times

    Alors ce magnat philanthrope, visiblement adepte des opérations de communication, peut-il racheter le New York Times ? Dans l’absolu tout s’achète même si le New York Times n’est pas une marchandise ; et avec l’enrichissement de la Chine, il n’y a pas de raison qu’à l’avenir des riches Chinois ne puissent pas investir dans de grands médias étrangers. Cela dit, on a du mal à croire que la famille Sulzberger qui possède le journal américain depuis 117 ans veuille s’en débarasser de cette manière. Le scoop du New York Times sur la fortune de l’ancien premier ministre Wen Jiabao a causé pas mal de tracas au journal et à ses journalistes ici. Le site du journal est censuré depuis en Chine, mais à l’époque le patron du NYT disait déjà assumer ce risque du journalisme d’enquête même si c’était au détriment des affaires . De son côté, Chen Guangbiao rappelle dans sa tribune qu’il s’est offert des pages de publicité dans le New York Times à plusieurs reprises.



    Il écrit qu’il entend « réformer » le journal de manière à le rendre « plus objectif » pour, je cite, lui « redonner l’influence qu’il a perdue ». Ce qui évidemment fait doucement sourire les observateurs. Chen Guangbiao n’est pas membre du Parti communiste, mais on le voit mal décider d’une enquête sur la fortune des dirigeants chinois. Du coup, on se demande s’il ne s’agit pas d’un coup d’épée dans l’eau, pour viser autre chose : « Même si la négociation de rachat échoue (NDLR : avec le New York Times), j’achèterai un autre média crédible qui a de l’influence aux Etats-Unis », promet aujourd’hui le millionnaire.

     

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