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    Haïti, quatre ans après le séisme

    media Des sans-abri haïtiens à Port-au-Prince. Reuters/Marie Arago

    Ce dimanche 12 janvier, les Haïtiens commémorent le quatrième anniversaire du tremblement de terre qui a dévasté une partie du pays. Près de 220 000 personnes ont perdu la vie dans cette catastrophe, 300 000 autres ont été blessées. Un million et demi d'Haïtiens se sont donc retrouvés dans les rues, sans aucun abri. Aujourd’hui la situation a évolué, mais des problèmes demeurent.

    Il est 16 h 53, heure locale, en ce 12 janvier 2010, quand un séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter transforme Port-au-Prince, mais aussi d'autres villes comme Jacmel, Léogane ou encore Petit Goave, en un véritable champ de ruines.

    Quand on circule aujourd'hui dans la capitale haïtienne, les traces du tremblement de terre ne sont plus criantes. Pendant des mois, voire des années pour certains quartiers, les rues étaient jonchées de gravats, des maisons effondrées bordaient les grands axes routiers. Quatre ans après cette catastrophe, qui aura marqué à jamais la mémoire collective des Haïtiens, la situation a changé. « À peu près 80 % des débris ont été retirés », constate Jean-Marie Duval, responsable d'une unité de gestion de débris au sein du ministère haïtien des travaux publics. C’est certes une avancée, « mais ça veut dire aussi que les fonds qui ont été alloués en ce domaine sont épuisés. Maintenant il faut s’orienter vers les fonds de reconstruction. C’est l’un des objectifs des bailleurs de fonds. Mais je crois qu’il faut renforcer ces efforts pour que les derniers travaux avancent plus rapidement. »

    Départs de nombreuses ONG

    Le tremblement de terre en Haïti a suscité une immense vague d'émotion à travers le monde et une mobilisation immédiate et massive de la communauté internationale.

    Petites ONG, comme grandes organisations internationales sont arrivées du monde entier pour apporter d'abord une première aide d'urgence aux survivants, un soutien en termes de développement ensuite. Aujourd'hui, beaucoup d'organisations humanitaires ont quitté Haïti. D'autres au contraire sont toujours là, tout simplement parce que leur présence est hautement nécessaire. C'est le cas de Médecins sans frontières.

    Stéphane Delpech était, en 2013, chef de projet de MSF à Port-au-Prince. Il témoigne de la reconstruction et de la réhabilitation de plusieurs centres de santé à Port-au-Prince mais déplore que le ministère haïtien mise davantage sur le secteur de santé privé et pas assez sur les structures hospitalières. « Haïti manque toujours de structures hospitalières spécialisées, notamment en termes de chirurgie et en termes de prise en charge de brûlés », estime Stéphane Delpech. Aujourd’hui, la structure de prise en charge des grands brûlés de Médecin sans frontières, qui ne compte que 31 lits, est le seul centre de ce genre au niveau national. Ce n’est pas suffisant. »

    Quatre ans sous une tente de fortune

    Si le problème des brûlures graves est important, c’est parce que ces blessures sont causées par les accidents domestiques dus aux conditions de vie qui restent très précaires pour une grande partie de la population. C'est particulièrement vrai pour les sinistrés du séisme qui se trouvent encore aujourd'hui sous des tentes de fortune.

    Il est difficile à chiffrer avec exactitude le nombre de personnes qui vivent toujours dans des camps de déplacés. Le Collectif haïtien pour le droit au logement estime leur nombre entre 170 000 et 200 000. Les Nations unies ont, quant à elles, avancé le chiffre de 145 000 personnes.

    Le représentant officiel de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Port-au-Prince, Grégoire Goodstein, explique que « plus de deux-cents camps existent encore. Ceux-ci sont situés essentiellement dans la région de Port-au-Prince ». Pour faciliter le relogement de ces derniers sans-abri, l’OIM a lancé un programme qui permet aux sinistrés de bénéficier pendant un an d’une subvention du loyer. Grégoire Goodstein qualifie les résultats de cette opération de satisfaisant tout en constatant que de l’autre côté la reconstruction de logements n’a pas été à la hauteur de ce que l’on avait espéré. Cela étant dit « il ne faut pas oublier non plus que le problème du manque de logements existait déjà avant le séisme. Cela est dû à l’absence d’un système de cadastres », dont souffre Haïti et qu’il faudrait « régler au plus vite », estime encore le représentant de l’OIM.

    Malgré cette situation qui demeure critique pour de nombreuses familles de sinistrés, Grégoire Goodstein se montre optimiste : « Je ne pense pas que ces camps qui persistent vont se pérenniser . S’il y a les ressources nécessaires, si la communauté internationale est prête à investir, on arrivera à fermer tous les camps et à reloger les déplacés qui y vivent encore, d’ici le milieu de l’année 2015. Et c’est une vision réaliste. »

    Lenteur des financements

    Mais justement, les fonds nécessaires n'arrivent pas au rythme espéré. Certains observateurs font remarquer que le retard d’Haïti en matière de renforcement démocratique et institutionnel, notamment en ce qui concerne l'organisation des élections municipales et sénatoriales partielles, expliquerait l'hésitation de la communauté internationale.

    Mais un autre facteur compte également pour beaucoup: d'autres pays avec d'autres crises humanitaires, comme la Syrie, les Philippines, la Centrafrique ou encore le Soudan du Sud, attirent désormais l'attention des bailleurs de fonds internationaux. Haïti, ne figure plus parmi les priorités.

    Une autre image

    Le 12 janvier 2010 restera une date qui aura profondément marqué la mémoire collective des Haïtiens. Chacun d’entre eux a perdu un membre de sa famille, un ami, une connaissance, et trop nombreux sont ceux qui ont souffert ou qui souffrent encore des conséquences économiques et sociales qu’a entraînées la catastrophe.

    Pourtant, quatre ans après le séisme, les Haïtiens, toutes classes sociales confondues, souhaitent que l’on parle autrement de leur pays qu’à travers les catastrophes naturelles et les crises politiques. L’espoir de toute une nation de voir renaître une nouvelle Haïti de ses cendres ne s’est pas réalisé. Mais la population s’efforce de regarder de l’avant.  

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