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    Amériques

    Etats-Unis: Guantanamo, « un crime international » qui dure depuis douze ans

    media A ce jour, il reste à Guantanamo 155 détenus. REUTERS/Bob Strong

    C'était il y a douze ans jour pour jour, 11 janvier 2002. Le centre de détention de Guantanamo recevait alors le premier transfert de prisonniers de ce que les Etats-Unis avaient appelé la « guerre contre le terrorisme ». Près de 800 détenus de nationalités diverses sont passés par Guantanamo, tous accusés d'être des « ennemis combattants ». Dès son investiture en janvier 2009, le président Barack Obama avait promis de fermer le centre de détention. Mais à ce jour, il reste à Guantanamo 155 détenus. Parmi eux, 46 ne seraient ni jugeables ni libérables selon les autorités américaines. Soixante-seize ont été déclarés libérables, mais n'ont toujours pas pu quitter le centre de détention.

    Certains détenus attendent leur libération effective depuis près de douze ans. Lorsqu’ils ont été déclarés libérables par une commission américaine, autrement dit « cleared for release», cela signifie que ces détenus ne représentent pas de danger pour la société. Mais peu de pays acceptent de recevoir sur leur sol les ex-détenus de Guantanamo, même s'ils ont été reconnus innocents. Certains détenus craignent également de subir la torture s'ils sont renvoyés dans leur pays d’origine. Pourtant, ceci est clairement interdit dans la Convention contre la torture que les Etats-Unis ont ratifiée.

    → À (re)lire : Etats-Unis: le rappeur Mos Def alimenté de force comme à Guantanamo

    « Pour fermer Guantanamo, le président Obama doit libérer ou transférer certains prisonniers, explique Juan Mendez, rapporteur spécial de l'ONU contre la torture. Nous-mêmes, les rapporteurs de l'ONU, nous sommes totalement d'accord pour que cela se fasse au plus vite, notamment pour plus de la moitié des détenus qui, selon les Etats-Unis eux-mêmes, ne constituent de risque pour personne, et n'ont jamais été considérés comme terroristes. En revanche, ce que nous ne pouvons pas accepter, c'est qu'ils soient transférés de force dans des pays où ils pourraient être torturés, comme cela s'est passé pour un Algérien transféré en Algérie il y a moins d'un mois ».

    Une réinsertion difficile

    Ce cas, c'est celui de l'Algérien Djamel Ameziane. Capturé puis vendu aux Américains par les Pakistanais, il avait été envoyé en février 2002 à Guantanamo. Déclaré libérable par les Américains en 2008, il a été transféré contre son gré le 5 décembre dernier. Wells Dixon, du Centre pour les droits constitutionnels, était l'un de ses avocats aux Etats-Unis.

    « Djamel Ameziane a quitté Guantanamo de la même façon qu'il y était arrivé à Guantamano : menotté, bâillonné, et attaché au sol d'un avion-cargo, dénonce-t-il. Lorsqu'il est arrivé en Algérie, il a été traité de façon brutale par les autorités, puis il a été placé en détention au secret. Il a été détenu dans des conditions déplorables, et il a été très malade. Il continue d'ailleurs à l'être.

    Un autre problème majeur pour monsieur Ameziane et d'autres ex-détenus libérés, c'est qu'ils n'ont aucun papier d'identité, ils n'ont aucun effet personnel, aucun vêtement, ils n'ont rien. Ils ne peuvent pas trouver de travail, ce sont des conditions très difficiles pour tenter de reconstruire leur vie. Monsieur Ameziane continue à être harcelé par la police, notamment parce qu'il n'a aucun papier, il est sous contrôle judiciaire, et il pourrait être jugé en Algérie. C'est à ce moment-là qu'on pourrait parler de persécution, et c'est là que la communauté internationale devrait être vigilante ».

    « Discrimination sur la nationalité »

    Deux autres Algériens ont ainsi été renvoyés de force en Algérie : Nabil Hadjarab en août dernier, alors qu'il n'a plus de famille en Algérie, mais en France, et Bensayah Belkecem en décembre. Autre préoccupation de Wells Dixon : sur les 155 prisonniers toujours à Guantanamo, 89 sont Yéménites, et 57 ont été déclarés libérables. Mais aucun n'a été renvoyé depuis plus d'un an et demi au Yémen.

    « Guantanamo a toujours été une prison pour des hommes musulmans. Mais cela devient de plus en plus patent qu'elle est désormais une prison pour des hommes musulmans du Yémen. Si vous êtes du Yémen, peu importe de quoi vous êtes accusé, et même si vous n'êtes accusé de rien, vous ne serez pas libéré parce que vous êtes yéménite. C'est cela qui doit changer. C'est clairement de la détention arbitraire classique, de la discrimination basée sur l'origine et la nationalité. Et il faut que cela cesse ».

    Cette situation constitue un crime international, selon le rapporteur spécial Juan Mendez. « En droit international, la détention est arbitraire lorsqu'il n'y a aucune preuve que les personnes aient commis des crimes, et la détention arbitraire prolongée constitue un crime international : les Etats-Unis commettent une violation très grave du droit international des droits de l'homme, en retenant indéfiniment des personnes qui n'ont aucune raison d'être détenues ».

    Malgré l'accélération ces derniers mois avec le transfert de 11 détenus libérables, dont les trois derniers Ouïghours envoyés en Slovaquie, plus de soixante-dix personnes restent détenues sans motif. Malgré les promesses d'Obama, Guantanamo ne sera sans doute pas encore fermée fin 2014.

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