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    Amériques

    Venezuela: le président Maduro durcit le ton envers les manifestants

    media Le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une réunion avec le haut commandement militaire et des ministres. Caracas, le 13 février 2014. REUTERS/Miraflores Palace/ Handout via Reuters

    Au Venezuela, la situation reste tendue après les manifestations d'étudiants qui se sont soldées mercredi par trois morts et plusieurs dizaines de blessés. Le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro a décidé de réagir avec force à ce mouvement de contestation. Il a, par ailleurs, appelé ses partisans à une grande marche ce samedi, à Caracas, « pour la paix et contre le fascisme ».

    Le gouvernement vénézuélien a réagi tout d'abord en laissant des groupes armés du genre paramilitaire s'attaquer aux manifestants, causant des centaines de blessés et au moins un mort parmi les étudiants. Ensuite, en interdisant toute nouvelle manifestation. Les forces de l'ordre ont arrêté au moins 125 étudiants.

    Des mandats d'arrêt ont été également émis contre les têtes d'affiche de l'opposition politique, dont Leopoldo Lopez. La seule chaîne de télévision qui transmettait des images des manifestations, la chaîne colombienne NTN24, a été évincée du réseau câblé. Bref, le régime chaviste réprime durement les manifestations, qu'il qualifie de tentatives de coup d'Etat.

    → A (RE) LIRE : Venezuela: silence médiatique au pays de la révolution bolivarienne

    Ce qui était il y a dix jours une manifestation locale dans la ville de San Cristobal contre l'insécurité au sein même de l'université, est devenu une contestation du système politique. Tout d’abord, les étudiants exigent la libération de leurs camarades arrêtés ces derniers jours à travers le pays. Les étudiants prisonniers n'ont droit à aucune visite.

    Les rares parmi eux qui ont été traduits devant des juges jeudi ont tous témoigné avoir été torturés par décharges électriques. Ce qui ravive évidemment la colère des étudiants qui réclament justice pour leurs camarades, le droit à la contestation et le respect de la liberté d'expression. Mais dans les manifestations de ces derniers jours, il y avait aussi par ci et par là des banderoles contre l'inflation galopante, contre l'insécurité et les violations des droits de l'homme.

    Des membres de l'opposition radicale manifestent depuis deux semaines à travers le pays contre l'insécurité, la corruption et la crise économique. Caracas, le 12 février 2014. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

    Les étudiants ne cessent de revendiquer leur indépendance. En effet, leur mouvement s'est formé au sein de l'Université centrale du Venezuela, mais aussi au sein de centres universitaires privés. C'était en 2007, pour protester contre la fermeture d'une chaîne de télévision de l'opposition ordonnée par le défunt président Hugo Chavez.

    Depuis, les étudiants se voient comme l'avant-garde de la contestation civile à l'encontre du gouvernement chaviste, combattive, inventive et surtout autonome. Bien évidemment, l'opposition politique est tentée d'exploiter ce formidable potentiel de mobilisation. Leopoldo Lopez et Maria Corina Machado, deux membres de la coalition d'opposition, Mesa de la Unidad democratica, la MUD, ont appelé la population à se joindre massivement aux étudiants pour exiger le départ du gouvernement.

    Henrique Capriles sort du silence

    L'ancien leader de l'opposition, le candidat malheureux à la dernière présidentielle, Henrique Capriles, ne tient pas le même discours. Pendant des jours, il a été aux abonnés absents. Ce n'est que jeudi qu'Henrique Capriles a brisé le silence, à l’occasion d’une conférence de presse à Caracas. Et ce pour tenir un discours bien plus modéré que ses deux alliés : « Les conditions pour exiger le départ du président Nicolas Maduro ne sont pas réunies », estime le gouverneur du Miranda.

    Henrique Capriles condamne les violences intervenues dans la foulée des manifestations contre le régime chaviste et rend le gouvernement responsable des morts et des blessés. Mais l'actuel gouverneur de Miranda appelle aussi ses partisans à la prudence : ce n'est pas la rue qui apportera un changement politique au Venezuela. « Le plus courageux n'est pas celui qui insulte le plus, qui prononce les mots les plus durs ou qui lance le plus de pierres. Le courageux, c'est celui qui par la force de ses idées, par la force de ses arguments, change la manière de penser des autres. Voilà le courageux ! C'est lui le héros ! Comme le sont ces jeunes étudiants dans les universités qui se forment pour changer ce pays. »

    La principale figure de l'opposition, le gouverneur Henrique Capriles, a tenu une conférence de presse, à Caracas, ce jeudi 13 février 2014. AFP PHOTO/PRENSA CAPRILES

    Il y a plusieurs raisons à la retenue d’Enrique Capriles. Tout d'abord, il a la ferme conviction qu'il faut en finir avec le régime chaviste, mais par la voie démocratique, et donc par les urnes. Henrique Capriles sait qu'il a une chance de réunir derrière sa personne non seulement les électeurs de l'opposition, mais aussi les déçus du chavisme. Il ne faut pas oublier que lors du dernier scrutin présidentiel, il a obtenu plus d'un million de voix d'électeurs chavistes. C'est ce qui peut expliquer son discours toujours plus modéré que celui des autres membres de l'opposition.

    Henrique Capriles prend ainsi ses distances avec les membres les plus radicaux de la coalition d'opposition qui appellent à manifester pour exiger le départ du gouvernement de Nicolas Maduro. Reste à savoir s'il sera entendu par la population, et notamment par les jeunes, ou bien si ceux-ci s'estiment désormais davantage représentés par l'autre étoile montante de l'opposition, Leopoldo Lopez, qui appelle au renversement du gouvernement par la rue. Leopoldo Lopez contre qui le gouvernement a émis un mandat d'arrêt pour incitation à la violence et homicide.

    La communauté internationale inquiète

    Il est très difficile de prédire les prochaines heures et les prochains jours au Venezuela. Les tensions que connait le pays en ce moment suscitent en tout cas l'inquiétude de la communauté internationale : des pays latino-américains à l'Europe, en passant par les Etats-Unis et l'ONU, tous appellent les Vénézuéliens à retrouver le chemin du dialogue.

    Mais ce chemin semble perdu depuis des années. L'opposition n'est visiblement pas en position de force, malgré la mobilisation des étudiants. Elle est sans programme politique cohérent à court, moyen et long terme. Et sans ligne directrice, sans objectif clair, il est difficile de maintenir la mobilisation dans la rue. L'opposition sait que son unité est en danger.

    Un hommage a été rendu ce vendredi à un manifestant tué par balle lors des affrontements entre opposants au gouvernement et policiers ou groupes «chavistes». Caracas, le 14 février 2014. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

    De son côté, le gouvernement de Nicolas Maduro ne semble pas enclin à faire la moindre concession et a, jusqu'à présent, opté pour une seule réponse : la répression. Il a de nouveau convoqué ses partisans à « une grande marche de toutes les forces sociales et politiques de la révolution bolivarienne pour la paix et contre le fascisme », ce samedi à Caracas, annonçant sa présence lors de ce rassemblement.

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