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    Amériques

    Venezuela: démonstrations de force de l’opposition et du pouvoir dans la rue

    media Manifestation des partisans de l'opposant Leopoldo López, à Caracas, le 18 février 2014. REUTERS/Christian Veron

    Au Venezuela, des partisans et des opposants au président Nicolas Maduro sont descendus dans les rues ce mardi, près d’une semaine après les violentes manifestations d’étudiants qui avaient fait trois morts, plus de soixante blessés et de nombreuses arrestations. Une situation qui révèle une extrême polarisation du pays.

    Il s’agit de part et d’autre de démonstrations de force, et de la première contestation d'une telle ampleur contre le président Maduro depuis son élection en avril dernier, dans le pays qui possède, avec l’Arabie Saoudite, les plus grandes réserves de pétrole au monde.

    La plupart des manifestations se concentrent à Caracas, et dans le même secteur de la capitale, ce qui faisait craindre des affrontements. Mais aussi dans plusieurs villes de province, dont la grande cité pétrolière Maracaibo.

    D’un côté défilent les partisans du président Nicolas Maduro qui avait lui-même appelé à cette « marche pour la paix » et contre ce qu’il appelle le « fascisme de la droite », qu’il accuse de fomenter un coup d’Etat. Dans le cortège, ses partisans dont les travailleurs de la compagnie pétrolière vénézuélienne (PDVSA) en soutien au président, tous vêtus de rouge, la couleur de la révolution bolivarienne.

    Nicolas Maduro compte également sur le soutien de l’armée dont le haut commandement militaire a publié un communiqué lu à la télévision par la ministre de la Défense, Carmen Meléndez, rejetant « les actions violentes de la part de groupes de la droite » soutenus par l’étranger, ainsi que « toute prise de contrôle politique qui ne serait pas effectuée par la voie des urnes ».

    REUTERS/Miraflores Palace/Handout via Reuters

    Le président Nicolas Maduro salue ses partisans lors d'un rassemblement à Caracas, le 18 février 2014 (Reuters)

    Une scène surprenante ce mardi. Aux abords du Boulevard Sabana Grande, les militants des deux camps se sont regardés de part et d'autre. Des tee shirts blancs pour les opposants face aux drapeaux rouges de la révolution bolivarienne...

    Ecoutez le reportage de notre correspondant à Caracas : chemises blanches et en face drapeaux rouges 19/02/2014 - par Julien Gonzalez Écouter

    Un cortège blanc de l’opposition

    De l’autre côté, l’opposition, et notamment celle de Leopoldo López, le leader du parti Voluntad Popular, que le président Nicolas Maduro accuse d’être à l’origine des affrontements qui ont fait trois morts mercredi dernier (et un quatrième ce lundi), et contre lequel un mandat d’arrêt a été lancé pour incitation à la violence. L’opposant avait appelé les étudiants et ses partisans à descendre dans la rue, vêtus de blanc en signe de paix, pour demander la libération des personnes arrêtées, exiger le droit à manifester, et le désarmement des groupes paramilitaires proches du pouvoir, responsables selon lui de la mort des trois manifestants mercredi.

    Peu après avoir rejoint le rassemblement et prononcé un discours, brandissant un drapeau vénézuélien, l’opposant de 42 ans s’est rendu aux forces de sécurité qui l’ont emmené dans un véhicule blindé. « Je m’en remets à un système judiciaire injuste. On veut emprisonner les Vénézuéliens qui souhaitent un changement pacifique et démocratique. Je vous demande de terminer cette marche en paix et sans violence », a-t-il déclaré. Le leader de la coalition de l’opposition, Henrique Capriles, qui ne partage pas ses positions, a finalement rejoint la manifestation.

    L’opposition apparaît divisée

    L’opposant historique Henrique Capriles, chef de la MUD, la Table de l’unité démocratique (coalition de l’opposition), candidat à l’élection présidentielle, soutient la manifestation pacifique mais a pris ses distances avec la stratégie d’occupation des rues de Leopoldo López.

    Selon lui, appeler les gens à sortir dans la rue sans proposer d’objectifs clairs ne peut conduire qu’à des frustrations. Il n’appelle pas à la démission de Nicolas Maduro, mais à la sauvegarde de la Constitution, contre la violence et le paramilitarisme, jusqu’aux prochaines élections. Selon lui, les attaques violentes contre les manifestations pacifiques ces derniers jours permettent au pouvoir de détourner l’attention de la population de leurs problèmes quotidiens : situation d’insécurité croissante (alors que le taux de criminalité du Venezuela est l’un des plus élevés du monde), crise économique profonde et pénuries récurrentes des produits de base.

    Leopoldo López, lui, appelle plus radicalement à forcer le gouvernement de Nicolas Maduro à tomber en occupant la rue. Celui-ci l’a dans la ligne de mire depuis des années, notamment en avril 2002 lorsque Leopoldo López avait fait partie de ceux qui avaient appelé à descendre dans la rue, une manifestation qui s’était transformée en bref coup d’Etat contre Hugo Chavez.

    Les étudiants eux, se disent plus proches de l’économiste et ancien maire de Chacao, Leopoldo López, qui les avait soutenus ces derniers jours. Mais ils revendiquent aussi leur autonomie politique et ne veulent pas être assimilés à l’un ou l’autre de ces courants de l’opposition. Ils demandent la fin de la répression à leur encontre, la libération des leurs, l’amélioration de la sécurité sur les campus, et le droit de manifester et de s’exprimer librement.

    Expulsion de trois diplomates américains accusés d’ingérence

    Le gouvernement vénézuélien a ordonné dimanche l’expulsion de trois diplomates américains du consulat accusés de s’immiscer dans les affaires intérieures, en encourageant les manifestations de l’opposition, des allégations sans fondement selon Washington. Nicolas Maduro a également accusé de complot l’ancien président colombien Alvaro Uribe, ainsi que des Vénézuéliens établis au Mexique.

    Dans ce contexte de polarisation extrême, il est de plus en plus difficile pour les journalistes de tous bords de travailler. Des journalistes ont été violentés, arrêtés, certains ont eu leur matériel confisqué ou effacé lors de leur couverture des manifestations mercredi. La couverture d’événements violents est désormais passible de sanctions, selon le communiqué de la commission nationale de télécommunications, Conatel. Le signal de la chaine de télévision colombienne NTN24 a été coupé. Le président Nicolas Maduro a justifié dimanche cette suspension, et a fustigé l’AFP (Agence France Presse), accusée de désinformation.

    Condamnation des violences

    Hormis les gouvernements les plus proches des pays d’Amérique Latine qui ont affiché leur soutien au président vénézuélien Maduro, la majorité des pays de la région a appelé au calme et au dialogue national, y compris les Etats-Unis, alors que Washington est accusé par Caracas d’encourager les opposants.

    L’Organisation des Etats américains a appelé le gouvernement vénézuélien et les opposants à éviter la violence, à nouer d’urgence un dialogue politique et à respecter la liberté d’expression. Même discours de la Celac, la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes, et de l’Unasur (Union des nations sud-américaines).

    Mais pour l’instant, l’intention de ces manifestations semblait surtout être une démonstration de force : occuper la rue, et montrer par l’ampleur de la mobilisation lequel, entre pouvoir et opposition, remporterait la mise. Non sans la crainte des Vénézuéliens d’une confrontation violente comme ce qui s’est produit mercredi.

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