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Etats-Unis Barack Obama

Sommet Etats-Unis/Afrique: une histoire d'opportunités

media Le président Barack Obama, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 1er août 2014. REUTERS/Larry Downing

Coup d’envoi, ce lundi 4 août, du sommet Etats-Unis/Afrique à Washington. Jamais dans l’Histoire, un président américain n’avait reçu autant de chefs d’Etat et de gouvernement. Ils seront une cinquantaine à être présents dans la capitale fédérale pour parler surtout affaires, mais aussi sécurité et gouvernance, durant trois jours.

De notre envoyé spécial à Washington,

Le nombre d’événements simultanés, et en une multitude de lieux, donne le vertige. Le programme officiel est déjà nourri, et il faut compter avec 80 événements en marge qui affichent tous complet. La journée de ce lundi est surtout consacrée à la société civile, aux accords Agoa, que les Africains veulent à tout prix voir reconduits, et au programme d‘électrification Power Africa.

Toute la journée de mardi, avant le dîner à la Maison Blanche, sera consacrée aux affaires. Les chefs d’Etats africains, accompagnés de patrons africains, vont pouvoir nouer des contacts, faire la promotion de leurs pays, et signer des contrats avec les directeurs exécutifs des multinationales américaines. Ceux-ci porteront sur un montant de 900 millions de dollars, selon le gouvernement américain. L’administration Obama a demandé aux chefs d’Etat de ne pas préparer de discours longs : elle souhaite privilégier le dialogue et les échanges.

Cette administration concède que l’esprit « atelier » est peu orthodoxe pour des Africains très sourcilleux sur les questions de protocole, mais mercredi, les chefs d’Etat africains plancheront bien avec le président Obama lors d’ateliers sur les investissements, la paix et la sécurité, ainsi que sur la gouvernance : une multitude de thématiques qui illustrent les bonnes relations des Etats-Unis avec l’Afrique, selon Rajiv Shah, le patron de l’agence gouvernementale USAID : « Le sommet est très important, c’est la première fois que nous avons tous les dirigeants africains à Washington DC. Et les patrons des grandes entreprises américaines seront là, avec les dirigeants religieux et aussi la société civile américaine, et cela montre l’intensité des relations entre les Etats-Unis et un continent en pleine ascension. »

Mise en avant des opportunités africaines

Les Africains le savent, la Maison Blanche ne devrait pas signer un immense chèque pour l’aide publique au développement de l’Afrique. Barack Obama et le département d’Etat n’ont eu de cesse de le répéter : il s’agit avant tout d’ouvrir les yeux des Américains sur les opportunités que présente le continent. Or aujourd’hui, un nombre limité de géants privés américains se concentrent sur un nombre limité de pays africains - Nigeria, Afrique du Sud, Angola - et sur un nombre limité de secteurs, essentiellement les hydrocarbures.

Selon John Campbell, ancien ambassadeur américain au Nigeria et chercheur au Council on Foreign Relations, l’Afrique présente de plus vastes opportunités : « L’Afrique n’est plus le lieu qui subit des crises humanitaires en cascade. Selon les projections dans cinquante ou soixante années, l’Afrique sera le continent le plus peuplé du monde, et cela implique d’immenses marchés. Et l’Afrique va être sous les projecteurs des médias américains comme jamais au cours d’un sommet qui, en plus, se déroulera sur plusieurs journées, et cela aura un impact. »

Pour nombre d’observateurs cela dit, ce sommet vient trop tard. La Chine, la France, la Turquie et le Japon organisent depuis longtemps des sommets avec l’Afrique. Barack Obama a attendu son deuxième mandat pour lancer son programme Power Africa, son deuxième mandat pour entamer une tournée en Afrique, et son deuxième mandat pour organiser ce sommet. « L’administration Obama s’est totalement focalisée sur l’Asie et a négligé l’Afrique », explique l’universitaire américain Ricardo René Larémont. « Elle a laissé le terrain aux Chinois, aux Brésiliens et aux Français. Ce que l’on va voir durant le sommet, ce sera de l’affichage, du théâtre, qui ne sera pas représentatif du faible niveau de relations entre les Etats-Unis et le continent africain », affirme le chercheur spécialiste de l’Afrique pour le think tank Atlantic Council.

Le département d’Etat insiste : les droits de l’homme et les questions de gouvernance seront abordés tout au long du sommet. Obama avait déclaré lors de son discours à Accra, en 2009, « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts elle a besoin d’institutions fortes ». La semaine dernière, il a indiqué devant les jeunes dirigeants africains du programme Yali qu’il était opposé aux projets d’amendements constitutionnels qui visent à prolonger le règne des présidents sortants. Sont visés les présidents du Burkina Faso, de la RDC et du Congo-Brazzaville, qui assistent au sommet.

« Le sujet ne peut pas ne pas être abordé », assure Christopher Fomunyoh. Pour le patron du bureau Afrique du National Democratic Institute, proche du parti démocrate, les projets de ces chefs d’Etat sortants sont d’un autre temps : « Ce n’est plus un secret que les jours des présidents à vie sont dépassés, ce n’est plus un secret que les Africains aspirent à être gouvernés autrement, ce n’est plus un secret que dans de nombreux pays, les tensions sociales et politiques sont liées à la volonté de certains chefs d’Etat africains de s’éterniser au pouvoir. »

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