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    Centenaire du canal de Panama: de l'indépendance à l'ambition

    media Le SS Ancon a été le premier navire à traverser le Canal de Panama, le 15 août 1914. Librairie du Congrès américain

    Le canal de Panama fête ses cent ans. Depuis le passage du SS Ancon, le 15 août 1914, plus de 800 000 navires l'ont emprunté pour relier océans Atlantique et Pacifique. Un siècle après son ouverture, cet édifice stratégique reste un symbole fort pour les Panaméens, qui y voient à la fois leur indépendance et leur avenir.

    Le rêve de pouvoir relier directement les océans Pacifique et Atlantique, s’il s’est concrétisé depuis cent ans, date pourtant de bien plus longtemps. Le roi espagnol Charles Quint, au XVIe siècle, fut l’un des premiers à imaginer un canal à Panama. Au XVIIe siècle, les Écossais se cassèrent les dents en tentant d’installer une colonie sur cette maigre bande de terre, espérant créer une voie terrestre entre les deux côtes. L’échec cuisant de leur installation sur place leur coûtera, outre les fortunes dépensées, le renoncement à leur indépendance.

    Un canal imaginé par les Français

    Il faudra attendre 1839 pour qu'un projet se concrétise... avec des Français. Ils obtiennent l'autorisation de la Nouvelle-Grenade (la Colombie actuelle) d'établir une ligne de communication entre Panama et la côte Atlantique pour le moyen de transport de leur choix. Études et prospection s'éternisent un long moment avant qu'un groupe d'ingénieur ne trouve un plan.

    À leur tête, un nom alors bien connnu : Ferdinand de Lesseps. C'est lui qui a mené à bien les travaux du canal de Suez et il espère bien renouveler l'exploit. Il se heurte à un autre ingénieur, Adolphe Godin de Lépinay, qui s'inquiète de sa méconnaissance de l'Amérique tropicale. Il lui promet des pertes humaines grimpant jusqu'à 50 000 morts.

    Les maladies auront effectivement raison des Français qui entament leurs travaux en 1881. Des milliers d’hommes meurent de la fièvre jaune et de la malaria. Ruinée par la corruption et les pertes humaines, la Compagnie de Panama fait faillite, engendrant un véritable scandale financier qui ruinera des centaines de milliers de petits épargnants. Des Français qui laissent malgré tout un bon souvenir, un monument leur étant dédié dans la ville historique.

    Les Américains rachètent ensuite ce que les Français abandonnent sur place en 1904. Il leur faudra encore dix ans pour terminer les travaux. En investissant massivement dans la construction d’infrastructures sanitaires et dans des logements de qualité pour leurs travailleurs, ils évitent les travers des Français et diminuent les effets des maladies. Ils introduisent des moustiquaires, chassent les eaux croupies, assainissent les canalisations, épargnant de nombreuses vies.

    Le canal, symbole du Panama libéré des Etats-Unis

    Le canal est officiellement ouvert le 15 août 1914. Le premier navire à le traverser est le cargo américain SS Ancon. Cette année-là, c’est un bon millier de navires qui traverseront par ce passage. Un siècle plus tard, environ 15 000 bâtiments transitent par Panama.
    Le canal est exploité à l’origine par les Etats-Unis. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Panaméens commencent pourtant à en revendiquer la souveraineté. Une réclamation encore amplifiée par la crise de Suez en 1956. Il faudra des décennies de négociations pour que Washington renonce à son autorité sur ces infrastructures. Des négociations dont le point d’orgue sera l’invasion américaine de décembre 1989 au cours de laquelle les Etats-Unis destitueront Manuel Noriega. Panama attendra encore jusqu’au 31 décembre 1999, pour prendre le contrôle de son canal.

    Le canal de Panama est en effet un passage crucial pour l’ensemble du transit maritime : 144 routes desservant 160 pays l'empruntent. Peu de ports sont en effet capables d’accueillir les plus gros navires, dont le nom de « panamax » correspond aux dimensions maximales de traversée du Canal. « C’est un enjeu absolu, explique Kévin Parthenay, spécialiste de la coopération régionale en Amérique latine. L’Amérique centrale est extrêmement pauvre et il n’existe que deux ports capables de telles capacités : au Panama et en République dominicaine. »

    Le canal, emblème et aubaine du Panama

    Depuis le début des années 2000, les habitants voient dans l’appropriation de leur canal le symbole d’une indépendance renouvelée. « C’est une fierté, raconte Andrey Hernandez, géographe doctorant à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine. Le canal de Panama a une importance économique, mais aussi sentimentale : les Panaméens ont l’impression d’avoir reconquis leur territoire, de s’être opposés à l’autorité américaine. »

    Si le canal est source de bénéfices grâce aux taxes douanières, il devient de plus en plus l’objet d’investissements plus larges. La présence de centres commerciaux non taxés attire par exemple des touristes de toute la région : Vénézuéliens et Costaricains montent de véritables expéditions lors des fêtes de fin d’année pour venir acheter leurs cadeaux.

    L’avenir du canal est assuré : largement engorgé, il demande désormais d’importants efforts pour en augmenter les capacités. Des travaux dont les délais ne cessent d’augmenter. Ailleurs, on s’interroge sur de nouvelles opportunités comme au Nicaragua où l’on aimerait bien développer un nouveau canal. Un projet qui n’inquiète pas tant que cela au Panama : « on regarde tout cela de très loin », rapporte Andrey Hernandez tandis que Kévin Parthenay confirme une approche très pragmatique, car « le canal est totalement engorgé et qu’il y a largement assez de place pour un deuxième ».

     

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