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    Emeutes à Ferguson : «Il y a cet héritage du passé qui est plus fort»

    media Une nouvelle nuit d'émeutes de lundi à mardi 19 août à Ferguson a fait deux blessés par balles et il y a eu 31 arrestations. REUTERS/Lucas Jackson

    A Ferguson, ville de la banlieue de Saint-Louis dans le Missouri, un jeune Noir a été tué il y a dix jours par un policier blanc. L’autopsie montre qu’il a reçu six balles, dont deux dans la tête. Le président américain Barack Obama a lancé lundi un appel au calme. Entretien avec François Durpaire, historien, spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise.

    RFI : Cette situation qui semble échapper à la police à Ferguson ne révèle-t-elle pas un mal plus profond pour la communauté noire ?

    François Durpaire : Elle révèle une défiance de la communauté noire à l’encontre de deux institutions. La première institution, c’est la police. L’an dernier, une enquête intéressante a montré que 37% seulement des Noirs américains avaient confiance dans la police, - les polices aux Etats-Unis, c’est surtout les polices municipales. Et la deuxième institution, c’est la Justice. Il y a encore une majorité de Noirs, contrairement aux Américains blancs, qui n’ont pas confiance dans la justice de leur pays. Quand on regarde de plus près, on constate qu'effectivement un Noir, par exemple, qui assassine un Noir, est moins condamné qu’un Noir qui assassine un Blanc. Ça peut paraître des chiffres de l’Amérique des années 60, eh bien non, c’est encore l’Amérique d’aujourd’hui.

    Est-ce qu’il n’y a pas aussi un certain héritage de la ségrégation comme cela existe toujours dans d’autres villes des Etats-Unis ?

    Ce que vous dites est valable de Ferguson. Ferguson c’est la banlieue de Saint-Louis qui une ville du Missouri, et le Missouri, c’est un Etat qui est entre le Midwest et le sud des Etats-Unis. Donc il y a une forte communauté noire - 67 % de la population - mais avec des structures municipales qui sont dominées par les Blancs, que ça soit le Conseil municipal, que ce soit le district scolaire, et évidemment la police. Effectivement, il y a un héritage du passé. En plus, c’est une ville très pauvre. Ferguson, c’est 22 % de pauvres, +7% par rapport à la moyenne nationale. Alors que dans d’autres villes des Etats-Unis les choses ont évolué, notamment quelque chose qu’on ignore parfois ici, c’est l’augmentation de la mixité. Il n’y a pas que Barack Obama qui est métis aux Etats-Unis. Il y a beaucoup de familles aujourd’hui mixtes, mais il y a des endroits aux Etats-Unis où effectivement il y a cet héritage du passé qui est plus fort.

    Est-ce que cela n’illustre pas l’échec quelque part de la politique de Barack Obama d’intégration des minorités ?

    Il n’y a pas de politique d’intégration des minorités. Barack Obama a toujours dit : je me refuse à faire une politique pour une communauté ou pour une autre. Sa politique, il l’a dit dès le départ : je ferai par exemple l’assurance santé et l’assurance santé, ça touche principalement les Hispaniques, les Noirs qui n’avaient pas d’assurance santé. Ce qui se passe à Ferguson ne signifie pas qu'il n'y a pas pu avoir d'évolutions. Il faut un peu de recul pour pouvoir dire, dans les prochaines années, si effectivement il y a plus de Noirs, d’Hispaniques ou de pauvres qui aujourd’hui ont une assurance santé alors qu’ils ne l’avaient pas à l’époque de George W. Bush. Ce sont des évolutions à long terme qui touchent l’ensemble du pays et peut-être que ce que l’on voit à Ferguson, ce n’est pas l’ensemble des Etats-Unis. En même temps, le risque effectivement, c’est que cela dégénère à Ferguson. C’est pour cela que la Garde nationale a été appelée en renfort de la police municipale. Et on a très peur qu'une bavure puissent entraîner des réactions de jeunes Noirs dans d’autres villes des Etats-Unis, c’est tout à fait possible.

    Justement on se souvient notamment de Rodney King [dont le passage à tabac par quatre policiers blancs ensuite acquittés avait entraîné de très violentes émeutes raciales] et des émeutes à Los Angeles en 1992 qui avaient fait plus de 50 morts. Est-ce que ça peut aller jusque-là ou est-ce que le contexte est tout à fait différent aujourd’hui ?

    C’est difficile de prévoir ce qui va se passer dans les heures qui viennent. Le ministre de la Justice a prévu de se rendre à Ferguson. Eric Holder est Noir également. On peut penser quand même que la situation de l’Amérique en 2014 est très différente de l’Amérique post-Rodney King. Les tensions sont moins vives. Beaucoup de familles sont mixtes. Vous avez peut-être vu dans les images beaucoup de gens, issus de toutes les communautés, appeler au calme. En même temps, ça ne révèle pas uniquement une question raciale, ce que l’on a vu au cours des derniers jours, ça révèle autre chose, c’est la surmilitarisation des polices locales. Ferguson, c’est 21 000 habitants, une police municipale qui est dotée de véhicules blindés, les images vues sont extrêmement impressionnantes. Ça pose le problème aux Américains : ils se disent est-ce que nos polices municipales finalement sont adaptées à ce type de manifestations parce qu’on se souvient, mais on ne s’en rappelle peut-être plus, dans les premières heures après la mort de Michael Brown, les manifestations étaient des manifestations strictement pacifiques.

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