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    Amériques

    La mort de Jean-Claude Duvalier fait vivement réagir les Haïtiens

    media Jean-Claude Duvalier en 2011 au lendemain de son retour en Haïti. Photo: Amélie Baron/RFI

    L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier est mort ce samedi 4 octobre d'une crise cardiaque. Succédant à son père en 1971, celui qui a été surnommé « Bébé Doc » a maintenu le pays dans la terreur d'un régime répressif durant quinze ans. Soulagement que le dictateur ne soit plus de ce monde, regret qu'il n'ait pas pu répondre de ses crimes devant la justice, appel à honorer les victimes du régime mais également respect à l'endroit de l'ancien dirigeant, les réactions à l'annonce de son décès ont été nombreuses et parfois polémiques.

    Avec notre correspondante à Port-au-Prince,

    « Il n’y a jamais lieu de se réjouir de la mort de quelqu’un ». Alix Fils Aimé fait partie des victimes du régime de Jean-Claude Duvalier qui ont porté plainte pour crimes contre l’humanité. L’annonce du décès de l’ancien dictateur lui laisse un goût amer : « Mon histoire est noyée dans l’océan de crimes que les Duvalier père et fils ont commis. Je regrette beaucoup qu’il soit mort avant la fin du processus judiciaire. »

    Nulle haine vengeresse de la part de ceux qui ont subi les arrestations arbitraires, les tortures, l’emprisonnement mais plutôt la détermination de lutter pour obtenir justice. Les anciennes victimes veulent également faire savoir ce qu’était la vie sous la dictature, quand, au quotidien, des individus disparaissaient sans que personne n’ose poser de questions pour savoir si ces citoyens avaient été arrêtés, tués ou si, par chance, ils avaient pu prendre l’exil.

    Raconter la violence

    Raconter et aussi expliquer la violence des abus commis par les sbires du régime. Robert Duval a passé huit mois dans la sinistrement célèbre prison politique de Fort-Dimanche. « Je me suis retrouvé dans une cellule où il y avait 400 personnes et, en huit mois, j’ai vu 180 d’entre nous mourir. C’était une sorte de camp d’extermination : on vous donnait 300 calories par jour, on n’avait pas la place pour dormir, on ne voyait jamais le jour, on était toujours en cellule, nus, sans installations sanitaires. Le but était réellement de nous exterminer sans nous exécuter par les armes. »

    Que Duvalier ne puisse pas répondre de ces crimes commis sous son régime est un regret partagé par tous les défenseurs des droits humains, en Haïti comme à l’étranger. Reed Brody, d’Human Right Watch, a qualifié aujourd’hui de « honte » le fait que « Bébé Doc » décède avant que ses nombreuses victimes puissent le voir dans le cadre d’un procès. « La mort de Duvalier prive les Haïtiens de ce qui aurait pu être le procès de droits humains le plus important de l’histoire du pays », dit encore Reed Brody.

    Jean-Claude Duvalier écoute l'énoncé des charges retenues contre lui au tribunal de Port-au-Prince, le 28 février 2013. REUTERS/Swoan Parker

    Un « authentique fils d'Haïti » ?

    La nouvelle de la mort de l’ancien président à vie s’est diffusée à une vitesse fulgurante à travers le pays. Sur son compte twitter puis via un communiqué officiel, le président Michel Martelly dit avoir « appris avec beaucoup de tristesse » la mort de Jean-Claude Duvalier, qu'il qualifie « d'authentique fils d'Haïti ».

    Le chef de l'Etat a tenu à transmettre ses sympathies à la famille et aux partisans de l'ancien dirigeant. Une réaction qui n'a pas manqué de choquer les anciennes victimes de la dictature. « Les réactions des autorités officielles, notamment de la présidence sont extrêmement choquantes », s’est insurgée Danièle Magloire, à la tête du Collectif contre l’impunité ; « c’est un hommage au dictateur. Et Michel Martelly reprend ce concept absolument pernicieux d’Haïtien "authentique ", un vocabulaire qui était la trame de l’idéologie duvaliériste. »

    Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont insulté sans ménagement Jean-Claude Duvalier et ont profité de sa mort pour rendre hommage aux personnes disparues sous son régime. Quelques rares nostalgiques de la dictature ont, eux à l’inverse, exprimé leur regret suite au décès de l'ancien président à vie. La question qui fait maintenant débat en Haïti est l’éventualité que des funérailles nationales soient organisées pour « Bébé Doc ».

    Quelles dispositions pour l'enterrement ?

    Sur les ondes FM, certains expliquent que c’est une évidence, étant donné son statut d’ancien chef d’Etat du pays. L’idée révolte Danièle Magloire : « Des funérailles nationales signifient que cette personne a servi la patrie, qu’elle a mérité de la patrie. ». Une colère également partagée par les anciennes victimes de la dictature : Alix Fils Aimé explique « qu’il faudrait alors en faire autant pour Hitler, pour Pol Pot, pour tous ces dictateurs qui ont pillé et tué leurs compatriotes. »

    La famille et les proches de Jean-Claude Duvalier n’ont pour l’heure pas fait part des dispositions prises pour l’enterrement. Son père François avait été porté au cimetière avec faste et honneur mais à la chute du régime et le départ en exil de son fils Jean-Claude, les Haïtiens avaient déchouqué, soit littéralement brisé la sépulture de « Papa Doc » : il ne reste encore aujourd’hui qu’un amas de pierres anonymes sur l’emplacement connu de tous dans le cimetière de Port-au-Prince.

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