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    Amériques

    Présidentielle au Brésil: les selfies dans l'isoloir font polémique

    media Un brésilien lors du vote au premier tour de l'élection présidentielle le 5 octobre 2014. REUTERS/Nacho Doce

    La campagne pour le second tour de l’élection présidentielle vient tout juste de commencer. Mais sur les réseaux sociaux, c’est encore le premier tour qui fait polémique. En cause : des milliers de selfies postés par les électeurs brésiliens, le jour du vote. Une pratique interdite par le gouvernement, car elle rompt le secret du scrutin et suscite une peur : son utilisation pour acheter des voix.

    Avec notre correspondant à Rio de Janeiro,  François Cardona

    Le monde entier s’est laissé emporter par la mode des selfies, ces autoportraits pris avec un téléphone portable. Les Brésiliens, évidemment, ne dérogent pas à la règle. Seulement, dimanche dernier, jour d’élection, les selfies ont envahi les isoloirs. Des milliers d’électeurs se sont pris en photo au moment de voter.

    Leurs clichés ont été publiés sur Facebook, Twitter ou Instagram. Les votants ont souvent dévoilé le choix de leur candidat sur le cadran du boitier de vote électronique. Ce phénomène a rapidement obtenu un nom « selfie na urna », littéralement « selfie dans l’isoloir », avec bien sûr des hashtags, des mots clefs, dédiés sur Twitter.

    Du coup, l’un des juges du tribunal électoral, chargé de contrôler la bonne tenue du scrutin, avait été obligé d’intervenir, en direct à la mi-journée, sur la chaine de télévision Globo. Il a dû rappeler que ce genre de selfies électoraux étaient punis de 5 000 euros d’amende et de deux ans de prison.

    Une annonce sans effet

    Cette annonce n'a pas fait réfléchir les Brésiliens. Même des célébrités, des blogueurs, des stylistes n’ont pas résisté à l’envie de poster leur selfie dans l’isoloir, comme l’ex-compagne du chanteur Caetano Veloso, qui s’est excusée publiquement ensuite, expliquant ne pas avoir su que cela était interdit.

    Nombreux ont aussi été les électeurs brésiliens utilisant les selfies dans l’isoloir en forme de protestation. Avec des nez rouges de clown, des doigts d’honneur, des bulletins nuls. Ce sont en quelque sorte des selfies de protestation politique qui appellaient à ne pas voter pour les principaux candidats, accusés de corruption.

    Les Brésiliens sont 76 millions à utiliser Facebook. C’est le troisième pays au monde le plus représenté sur ce réseau social. La moitié des utilisateurs de smartphone ont entre 16 et 34 ans. Ces selfies dans l’isoloir sont donc un peu l’illustration d’une jeune génération décomplexée vis-à-vis de son vote, souvent critique et parfois indécis. Ils ne se sentent pas représentés par les candidats en lice.

    A la veille du premier tour, les instituts de sondages recensaient d’ailleurs plus de 20% d’indécis, dont des jeunes. Ces derniers représentent donc un enjeu stratégique pour le second tour, d'autant que dimanche dernier, les indécis ont visiblement changé l’issue du scrutin. Dilma Rousseff et Marina Silva étaient données gagnantes ; finalement, la présidente sortante affrontera Aecio Neves, le candidat de centre-gauche.

    Des selfies interdits pour le second tour

    Le 26 octobre prochain, la justice électorale a promis qu’elle serait sévère envers les contrevenants. D’autant que les juges s’inquiètent de voir ce phénomène dévoyé et utilisé à des fins criminelles. Tous les selfies n’étaient pas forcément comiques, ou ironiques, ou même protestataires. Certains dévoilaient tout simplement le nom du candidat.

    Or, les Brésiliens votaient pour choisir leur président, mais aussi leurs députés et leurs gouverneurs. En somme, ces élections sont sensibles au Brésil, où parfois les votes sont achetés. A Rio de Janeiro, de nombreuses arrestations ont eu lieu. Les juges du tribunal électoral craignent donc que ces selfies dans l’isoloir deviennent aussi un moyen pour les candidats véreux de contrôler le vote des électeurs qu’ils achètent.

    Pour le second tour, le tribunal électoral demande donc aux assesseurs d’interdir les téléphones portables dans les isoloirs. Mais il n'est pas sûr que cela dissuade les électeurs accros aux selfies.

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