GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 13 Juillet
Dimanche 14 Juillet
Lundi 15 Juillet
Mardi 16 Juillet
Aujourd'hui
Jeudi 18 Juillet
Vendredi 19 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Le narcotrafiquant «El Chapo» condamné à la perpétuité aux États-Unis
    Amériques

    Fusillade mortelle à Ottawa: «Le Canada, une cible privilégiée»

    media Le quartier du Parlement d'Ottawa a été bouclé après la fusillade. REUTERS/Chris Wattie

    Le Canada est en état de choc après la double fusillade du mercredi 22 octobre à Ottawa. Le tireur, qui a tué un soldat, était connu des services de renseignement canadiens. Entretien avec Antoine Mégie, maître de conférences à l’Université de Rouen et chercheur associé à l’Université de Montréal.

    RFI : La vigilance des services de renseignement a-t-elle a été insuffisante ?

    Antoine Mégie : Comme toujours dans ce genre d’enquêtes et d’attentats, il faut rester prudent. On sait qu'il est question d'un citoyen canadien déjà sous surveillance, Michael Zehaf-Bibeau, identifié comme une personne à risques, même si ses liens avec la mouvance jihadiste ne sont pas encore fortement précisés et démontrés. C’est un individu qui faisait partie d’une liste assez importante de personnes surveillées par les services de sécurité canadiens. Par exemple, en février 2014, ces mêmes services avaient évoqué une liste de 150 personnes parties dans ce que l'on appelle aujourd’hui les filières jihadistes.

    On sait également qu’il y a 80 à 90 personnes qui font l’objet de demandes de révocation de leur passeport, tout comme Michael Zehaf-Bibeau a fait partie de cette liste, puisqu’il a été révoqué de son passeport ; également comme la personne qui a été tuée lundi dans son attaque contre des militaires. Donc les dispositifs, les services de sécurité canadiens avaient identifié cette personne. Il faut également souligner plus largement que les services canadiens antiterroristes ont une législation qu’ils peuvent mettre en œuvre - une législation qui a évolué au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 -, notamment vers un renforcement des possibilités d’arrestations et d’enquêtes.

    C’est une coïncidence de l’agenda :  également depuis quelques jours, une discussion avait lieu au Parlement pour un renforcement des services de renseignement, notamment dans leurs prérogatives pour les enquêtes relatives aux filières étrangères. Donc, on ne peut pas évoquer une sorte de laisser-aller de la part des services de sécurité canadiens, mais comme toujours dans le cadre de ces enquêtes, le risque zéro n’existe pas, à l’instar de ce que la France a connu avec Mohamed Merah, lui aussi identifié et signalé comme une personne à risques, appartenant à la mouvance radicale. Donc le Canada a une histoire d’antiterrorisme assez longue.

    Les islamistes radicaux sont-ils bien implantés au Canada ? Est-ce qu’ils ont des relais sur place ? Ces éventuels relais sont-ils encore plus actifs depuis que le pays s’est engagé dans la coalition luttant contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak ?

    Concernant les affaires justement en lien avec ce radicalisme jihadiste, ce qu’il faut souligner également, c’est que le Canada connaît ces affaires depuis de nombreuses années. On peut remonter à 1999 et à Ahmed Ressam, qui avait été arrêté parce qu’il prévoyait de traverser la frontière canadienne vers les Etats-Unis pour aller déposer une bombe sur le territoire américain. Et depuis 2010, on a plusieurs affaires qui montrent que les services de sécurité canadiens se focalisent sur ce radicalisme jihadiste. On a eu des arrestations : trois personnes, par exemple - des médecins et ingénieurs -, qui prévoyaient de fabriquer des engins explosifs et qui ont été arrêtés et condamnés. On a également une conspiration, qui a été déjouée en 2013, de deux personnes voulant faire exploser le train Toronto-New York.

    Et début octobre, la chaîne NBC dévoilait également que la gendarmerie nationale du Canada avait déjoué un autre complot. Donc, il existe une mouvance radicale au Canada. Cette mouvance est sous surveillance. Il y a des affaires qui sont publicisées depuis quelques années à présent. L’engagement du Canada est-il un facteur accélérateur pour le passage à l’acte de cette mouvance ? C’est un peu difficile de l’affirmer. Ce que l’on peut déjà expliquer, c’est que le Canada est engagé au côté des Etats-Unis depuis 2001, notamment dans l’intervention de la coalition internationale en Afghanistan, mais aussi dans la coalition américaine en Irak. Donc, comme beaucoup de pays occidentaux, le Canada représente une cible privilégiée.

    Les services américains et canadiens coopèrent-ils étroitement dans ce domaine pour prévenir d’éventuels actes terroristes ?

    Bien sûr ! Le Canada constitue l'un des alliés privilégiés des Américains. Ne serait-ce que parce qu’il partage une frontière extrêmement poreuse. Et puis, parce que le Canada, dans sa politique internationale, est souvent au côté des Etats-Unis. Donc, le Canada appartient à la coalition de la guerre contre le terrorisme, comme on dit souvent, notamment dans les dispositifs de surveillance, notamment également dans les partages d’informations. On le voit bien, cette coopération est très pratique, puisque dès hier soir, des membres du FBI étaient présents à Ottawa et qu'il y a eu la décision conjointe de fermer l’espace aérien canado-américain.

    On peut également évoquer cette coopération dans le cadre de la lutte contre le terrorisme en Afghanistan ou en Irak, où plusieurs citoyens américains, par exemple la famille Khadr, ont été arrêtés par les autorités américaines avec l’aval des Canadiens. On a l’exemple de cette personne de la famille Khadr, Abdurahman Khadr, qui avait été arrêté alors qu’il n’était que mineur par les autorités américaines avec l’aval des autorités canadiennes, et qui a été enfermé plusieurs années à Guantanamo. Donc, de ce point de vue, on a une véritable coopération entre les services de sécurité américains et canadiens, l’exemple étant que très vite après l’attentat à Ottawa, les services de sécurité américains ont placé sous surveillance étroite les différents sites stratégiques américains, ayant peur d’un enchaînement de différentes attaques terroristes.

    Comment se déroule la lutte sur Internet contre les sites en ligne appelant les candidats jihadistes à venir se battre au Proche-Orient, ou à commettre des attentats où ils se trouvent ?

    Là aussi, le Canada, finalement, a une pratique assez convergente avec les autres Etats occidentaux qui, depuis maintenant une petite dizaine d’années, se focalisent sur cette lutte contre la propagande sur Internet. On a une surveillance extrêmement étroite des différents sites et différents lieux de radicalisation. Pour preuve, les services de sécurité canadiens multiplient les financements de recherche concernant ce cyber-terrorisme ou cette cyber-criminalité. Donc, là aussi, c’est toujours le paradoxe de la lutte contre le terrorisme : vous mettez en place des dispositifs préventifs qui n’empêchent finalement pas le passage à l’acte, y compris des personnes qui sont ciblées et qui sont identifiées comme personnes à risques.

    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.