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    Amériques

    Etudiants disparus d’Iguala: plusieurs suspects passent aux aveux

    media Dans un climat de tension, la police poursuit sa recherche des étudiants disparus d'Iguala, dans l'Etat de Guerrero. Ici le 7 novembre à Tianquizolco. REUTERS/Henry Romero

    Nouvelles révélations sur les 43 étudiants disparus d’Iguala. Selon le procureur général du Mexique, l’enquête aurait subitement progressé. Même si les autorités continuent à considérer formellement ces jeunes comme disparus, tous les indices tendent à démontrer qu’ils ont effectivement été assassinés.

    Ce n’est pas encore une certitude mais tout indique que les corps des 43 étudiants ont été retrouvés, indique notre correspondant à Mexico, Patrick John Buffe. Sur la base des informations et des indices livrés par le ministère public, il semblerait qu’il n’y ait plus vraiment de doutes : les 43 étudiants disparus auraient été tués dans des circonstances terribles.

    Vendredi, des membres présumés du cartel des « Guerriers unis » ont avoué avoir tué ces étudiants qui leur avaient été livrés par des policiers municipaux corrompus, et avoir brûlé leurs cadavres dans une décharge proche d’Iguala, dans l’Etat de Guerrero. Après quoi, ils auraient – toujours selon leurs dires – jeté dans une rivière les sacs dans lesquels ils avaient déposé les restes des corps de ces étudiants.

    La méfiance des familles

    Ces sacs ont été en partie retrouvés par les enquêteurs. Mais le procureur général, Jésus Murillo Karam, a insisté ce vendredi sur le fait qu'il serait difficile d'identifier ces restes carbonisés. Le procureur s’est montré très prudent lors de la présentation de ces nouveaux éléments : « L’investigation reste ouverte jusqu’à ce qu’on épuise toutes les possibilités qui permettent d’identifier les restes humains découverts dans le ravin et dans les sacs retrouvés dans le Rio San Juan, a-t-il déclaré. Pendant ce temps, on continuera à considérer comme disparus les étudiants d’Ayotzinapa, dans le but de mener à bien l’enquête ».

    Les familles des disparus, que le procureur a averties avant la conférence de presse, ont réagi avec méfiance à ces révélations. Les parents des étudiants ne veulent pas admettre pour l’instant que leurs enfants sont morts . « Pour nous, tant qu’il n’y a pas de preuves, nos enfants sont toujours vivants », explique l'un d'eux, Felipe de la Cruz. Ces preuves, seuls les médecins légistes argentins, qu’ils ont eux-mêmes engagés pour réaliser les analyses, pourront les apporter.

    Première déclaration du président Peña Nieto

    Les familles des disparus craignent que les autorités ne tentent de boucler l’affaire rapidement, avant le voyage en Chine du président Peña Nieto, qui sera absent du Mexique durant une semaine à partir de dimanche. Vendredi soir cependant le président mexicain a effectué sa première déclaration publique sur ce dossier et affirmé sa « ferme détermination » à faire la lumière sur ce meurtre. « Les restes humains trouvés indignent et offensent la société mexicaine, a déclaré le président mexicain. Avec une ferme détermination, le gouvernement de la République maintiendra ses efforts jusqu’à éclaircissement total des faits. Il ne suffit pas d’arrêter des instigateurs mais les efforts se poursuivront jusqu’à l’arrestation de tous les participants à ces crimes abominables. Soyez donc assurés que nous ne renoncerons pas jusqu’à ce que justice soit faite ».

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