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    A la Une: rapport sur la CIA, «une honte nationale»

    media Siège de la CIA, aux Etats-Unis. AA

    Le rapport du Sénat américain sur les pratiques de la CIA dans la guerre contre le terrorisme fait la Une des journaux outre-Atlantique. C'est une véritable onde de choc qui a frappé les éditorialistes, et avec eux l'opinion publique américaine. Et, disons-le d'emblée : la plupart des articles reflètent la honte ressentie par les Américains face aux révélations atroces de ce rapport.

    Le Washington Post résume parfaitement ce sentiment : « On savait qu'après les attaques du 11 septembre 2001, la CIA a commencé à faire des prisonniers durant des opérations antiterroristes. On savait aussi que certains de ces détenus ont été torturés. Mais le rapport du Sénat, publié ce mardi, dépeint des extrêmes répugnants. Jamais des Américains n'auraient dû agir de la sorte. Jamais ». Pour le New York Times, les méthodes utilisées par la CIA sont « l'effroyable portrait de la perversité, une dépravation difficilement saisissable et encore plus difficilement supportable ».

    « Il faut traduire les responsables devant un tribunal ! C'est notre seule chance de surpasser un jour peut-être notre honte. Parce que c'est bien cela que révèle le rapport sur la CIA : une honte nationale ! », s'exclame le journal Detroit Free Press qui poursuit : « Tellement terrifiante qu’on aimerait détourner les yeux, ne pas voir l'insupportable pour faire comme si l'horreur n'existait pas ».

    Dans ce contexte, Barack Obama est pointé du doigt pour ne pas avoir fait preuve de plus de détermination. « La litanie de brutalité et d'absence de lois doit nous rappeler quelle décision horrible a été prise par le président Obama à son arrivée au pouvoir : il a tout simplement tourné la page sur ce chapitre de notre histoire, même s'il a mis fin à la torture. Toutes les tentatives pour traduire les responsables de ces actes en justice ont été bloquées, prétextant le secret défense », écrit le New York Times avant de conclure : « A partir de janvier, il sera encore plus vain d'espérer des poursuites en justice. Les républicains, qui vont bientôt contrôler la Chambre des représentants et le Sénat et qui, de plus, seront majoritaires dans les commissions chargées des services secrets, ces républicains donc dénoncent le rapport… comme si c'était ce rapport sur la torture et non pas la torture elle-même qui était mauvais pour notre pays ».

    Haïti : la commission préconise la démission du Premier ministre
     
    En Haïti, la commission consultative, chargée il y a dix jours par le président haïtien de trouver une issue à la crise politique, a remis son rapport hier à Michel Martelly. Et elle tire la sonnette d’alarme, rapporte Haïti Press Network : « La conjoncture politique laisse augurer la probabilité de caducité du Parlement, la dégradation des conditions de vie des citoyens les plus défavorisés et des manifestations de rue récurrentes ».

    Manifestations qui, selon les commissaires, « témoignent clairement du mécontentement populaire ». La commission dénonce aussi « la mise en place d'agents exécutifs intérimaires », ces personnes qui ont remplacé les maires sortants dont le mandat avait expiré faute d'organisation d'élection. Les onze sages voient dans les agents exécutifs intérimaires « un signe de la main mise de l'exécutif sur l'appareil d'Etat ». Pour toutes ces raisons, les membres de la commission consultative préconisent une série de mesures d'urgence, dont la plus emblématique est celle du départ du Premier ministre Laurent Lamothe et de l'ensemble de son gouvernement, conclut Haiti Press Network.

    Ce rapport a donc été remis au président Martelly qui l'avait commandé. Mais pour l’instant, le chef de l’Etat n’a pas encore répondu. Il a demandé 72 heures pour prendre une décision, ce qui suscite ce titre ironique du Nouvelliste : « Martelly fait durer le suspense ». Compte tenu de l'amitié qui lie« le président et son Premier ministre, le chef du gouvernement ne devrait pas attendre pour présenter la démission de son équipe au chef de l'Etat », estime le quotidien. « Mais Laurent Lamothe est réticent à faire le geste qui convient ». Et Le Nouvelliste de conclure sur cette interrogation : « La République doit-elle encore faire les frais des manifestations de rue qui mettent le pays sous les feux des projecteurs de la presse internationale ? ».
     

     

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