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    Amériques

    Climat: la COP20 joue les prolongations à Lima

    media Les délégués de la COP20 en séance plénière à Lima, le 12 décembre 2014. REUTERS/Enrique Castro-Mendivil

    Au 12e jour et dernier jour de la conférence internationale de l’ONU sur le climat, les négociations se sont intensifiées, vendredi 12 décembre à Lima. Les pays industrialisés et en voie de développement butaient toujours sur le contour des engagements à prendre avant le grand accord espéré à Paris fin 2015 et les discussions ont été prolongées à huis clos ce samedi. « Nous voulons une décision très claire ici à Lima sur les contributions nationales », a déclaré Manuel Pulgar Vidal, ministre péruvien de l'Environnement, qui préside les débats.

    Vendredi soir, les futurs textes qui sortiront de cette 20e conférence sur le climat étaient loin d’être achevés, relate notre envoyée spéciale à Lima Agnès Rougier. Les discussions se déroulaient, à huis clos, dans des salles fermées où seuls les négociateurs des 195 pays membres étaient admis. Ces derniers faisaient des allers-retours en conférence plénière, une séance présidée par le ministre de l'Environnement du Pérou et président de cette COP20, Manuel Pulgar Vidal.

    Si les négociations ont finalement été reconduites ce samedi matin, une telle prolongation est un fait habituel dans ce type de conférences annuelles de l'ONU sur le climat. Les quelque 190 pays représentés peinent en effet à faire aboutir un consensus. Pourtant vendredi après-midi, avant la reprise des pourparlers au sein du village provisoire de la conférence, installé sur le site du ministère de la Défense, Manuel Pulgar Vidal, ministre péruvien de l'environnement assurait : « Nous y sommes presque, nous avons besoin d'un dernier effort. »

    Plus de 20 ans après, une nouvelle donne

    Deux textes sont attendus, au sortir de ce grand rendez-vous. L’un est destiné à être rediscuté puis signé à Paris pendant la COP21 fin 2015 ; l’autre, intitulé « la décision de Lima », vise à déterminer les contributions de tous les pays pour atténuer le changement climatique, et ce avant l’été prochain. Concernant le second texte, énormément de discussions ont lieu, car le contenu des contributions et leur évaluation se posent différemment suivant les pays.

    Les pays industrialisés peuvent aujourd’hui mettre sur la table de l’argent et des actions en faveur de la transition énergétique, et des énergies renouvelables notamment. Pour les économies émergentes, dont l’Inde et la Chine, la situation a changé depuis Kyoto en 1992. Ils sont devenus de gros émetteurs de gaz à effet de serre et n’ont pas envie de ralentir leur croissance pour des raisons climatiques.

    Si, en Chine notamment, les problèmes d’environnement liés au développement sont devenus si intenses qu’ils donnent lieu à des révoltes, amenant l’Etat chinois à réfléchir, ces pays ont du mal à reconnaître leur responsabilité dans l’effet de serre dont ils sont aujourd’hui également responsables.

    Quant aux pays en développement - les pays africains ou les petites îles qui subissent de plein fouet le changement climatique-, ils considèrent d’une part, et à juste titre, avoir une responsabilité extrêmement limitée dans le réchauffement actuel, et d’autre part, ils ne voient pas comment évaluer leurs niveaux actuels d’émissions de CO2, ni quelle contribution mettre sur la table avant juin 2015, la date limite. Ils demandent de l’aide, financière notamment, pour cela. Complexe. Et pourtant, il faut poser des règles communes.

    Il n'y pas de plan B, car il n'y a pas de planète B

    Le texte qui préfigure le futur accord de Paris, fin 2015, et qui doit à terme remplacer le protocole de Kyoto après l’échec des négociations de Copenhague, a lui grossi au fur et à mesure des négociations, en raison de toutes les « options », parfois contradictoires, qui ont été ajoutées par les pays. Dans le même paragraphe, il est proposé d’arriver à 0 émission de gaz à effet de serre tantôt en 2050, tantôt en 2100, selon les options. C’est évidemment incompatible et il faut choisir.

    Il semblerait que ce texte doive sortir de Lima dans un état intermédiaire, remettant à Paris les négociations sur les points vraiment critiques. Jeudi en séance plénière, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui sera le président de la COP21, a repris les mots de Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU : il n’y a pas de plan B, parce qu’il n’y a pas de « planète B ». Autrement dit, pas d’alternative selon lui ; un accord devra être signé à Paris.

    Ce fut aussi le sens global du discours du chef de la diplomatie américaine. Si les Etats-Unis sont, avec la Chine, l’Inde et l’Union européenne, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, pour John Kerry, tous les pays sont aujourd’hui responsables du changement climatique et doivent assumer leur part de responsabilité.

    Quant au Péruvien Manuel Pulgar Vidal, président de cette conférence, il a prononcé jeudi soir un discours enflammé, demandant aux négociateurs de mettre un coup d’accélérateur, de mettre leurs convictions dans la balance et de faire des compromis. A la fin de son discours, la salle l’a applaudi pendant cinq minutes.


    ■ L'Australie, prix du « fossile de l'année »

    Tous les jours, pendant la conférence de Lima, la coalition Climate Action Network (Réseau action pour le climat, regroupant 900 ONG dans le monde), s'est réunie pour voter et décerner, sur une scène au milieu de la conférence, le « fossile du jour » au pays le moins engagé. Et ce, jusqu'au clou du spectacle, le « fossile de l'année ». Explications de Ria Voorhaar, du Climate Action Network :

    « Tous les ans, à la fin de la COP, nous décernons le " fossile colossal ", ou " fossile de l’année ", au pays qui a été le plus souvent nominé comme " fossile du jour " pendant la conférence. Et, entre vous et moi, ce pays c’est l’Australie. Ils ont dit qu’ils refuseraient de signer l’accord de Paris si cela les affectait négativement. De manière générale, l’Australie a vraiment joué un rôle négatif ici, et en tant que pays développé, nous pensons qu’il devrait soit montrer son engagement, soit quitter les négociations. »

    L’Australie n’a pas seulement traîné les pieds pendant la COP, mais pendant toute l’année 2014, considère Ria Voorhaar : « Toute cette année a été très embarrassante pour eux. Le Premier ministre Tony Abbott est incroyablement isolé sur la scène mondiale. Par exemple, lors du G20 de Brisbane, en novembre, pendant que Barack Obama et les autres chefs d’Etat inscrivaient le changement climatique à leur agenda, Tony Abbott continuait de dire non. »

    Les actions des ONG et de l’opinion publique peuvent-elles faire changer d’avis le numéro 1 australien ? Ria Voorhaar le pense : « Au début de cette semaine, l’Australie a annoncé qu’elle allait cotiser aux fonds verts pour le climat, alors qu’avant, ils disaient qu’ils ne le feraient pas. Ça, ça montre que la pression internationale fonctionne. » Mais l’Australie reste pour l'instant le « fossile colossal ».

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