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    Castro contre les gringos: 15 anecdotes autour de l'œuvre d'«el loco»

    media Le dirigeant cubain Fidel Castro, le 26 septembre 1960 à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU. AFP PHOTO TOMMY WEBER

    Que de chemin parcouru depuis cette poignée de main historique entre Barack Obama et Raul Castro, le 10 décembre 2013 à Soweto. Mercredi 17 décembre, quelques jours après l'annonce de la participation de Cuba au prochain sommet des Amériques à Panama, Washington et La Havane ont échangé des prisonniers avant de parler simultanément d'un dégel de leurs relations, particulièrement tumultueuses depuis plus d'un demi-siècle. Ci-dessous, une quinzaine de petites histoires qui auront jalonné la relation entre ces deux pays si proches. Un homme incarne à lui seul cet affrontement complexe : Fidel Castro, surnommé « el loco », « le fou », dès son enfance. A 88 ans, il est le grand absent de ce qui sera peut-être l'épilogue de sa vie.

    Fidel Castro, le pape et les jésuites. « Nous sommes tous Américains », a lancé Barack Obama en espagnol le jour du dégel. Cette phrase, qui restera dans les livres, ne s'adressait pas seulement aux Cubains et aux habitants des Amériques, mais aussi au pape argentin François, protagoniste du rapprochement entre La Havane et Washington. « [Son] exemple moral nous montre l'importance de rechercher un monde tel qu'il devrait être, plutôt que de se contenter du monde tel qu'il est », a indiqué Barack Obama. Simultanément, Raul Castro faisait une déclaration similaire. Et le tout, le jour de l'anniversaire du souverain pontife, qui partage un point commun avec Castro, puisqu'il est jésuite. Après un passage chez les maristes, le leader cubain s'est en effet retrouvé à l'école Dolores entre 1939 et 1942, puis au plus prestigieux lycée du pays, Belén de La Havane, entre 1942 à 1945. Castro fermera l'établissement en 1961 et ses prêtres jésuites seront expulsés.

    Barack Obama et le révolutionnaire José Marti. « La liberté est le droit pour tout homme d'être honnête. » Cette phrase du discours de Barack Obama sur Cuba a fait mouche. Car il s'agit d'une citation de l'écrivain et homme politique cubain du XIXe siècle José Marti, précurseur du combat et de la pensée indépendantiste et révolutionnaire cubaine. Le poète fut le fondateur du Parti révolutionnaire cubain en 1891. José Marti est une figure de proue de la Constitution adoptée en 1976 à Cuba, où il est maintes fois mentionné. C'est en prison, après son assaut manqué contre la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba en 1953, que Fidel Castro se plonge dans les écrits de Marti. Si ce n'est pas la première fois que l'actuel président américain se réfère à cet auteur, figure majeure de la littérature politique latino-américaine, cette citation-là fera date.

    Le président cubain Raul Castro et le président des Etats-Unis Barack Obama se serrent la main, le 10 décembre 2013 lors d'un hommage rendu à Nelson Mandela à Soweto. AFP PHOTO / ROBERTO SCHMIDT

    La United Fruit et le néo-colonialisme. Les Etats-Unis interviennent pour la première fois militairement sur le sol cubain en 1898. Leur arrivée débouche sur la guerre hispano-américaine puis sur la fin de l'empire colonial espagnol, avant l'essor de leur propre domination à Cuba. Pendant la première partie du XXe siècle, les intérêts américains se déploient partout, des télécommunications au pétrole. La multinationale United Fruit Company est l'incarnation de cette domination néo-coloniale. Elle inspirera l'expression « républiques bananières ». Fidel Castro acquiert définitivement la conviction que son peuple n'a jamais été libre pendant ses années de fac à La Havane. Dans sa lutte contre Batista, il écrira à son amante Celia : « Quand j'aurai gagné cette guerre, j'entamerai le vrai combat de la vie : la lutte contre les Etats-Unis. Là réside mon véritable destin. »

    Le guérillero et les journalistes gringos. Fidel Castro doit une partie de sa légende à la presse américaine. En 1956, alors qu'il rentre de son exil mexicain clandestinement, les hommes de Batista l'attendent. Il est contraint de se réfugier dans la jungle avec à peine plus d'une quinzaine d'éléments, dont son frère Raul, Ernesto Guevara et Camilo Cienfuegos. « Personne ne survit dans la Sierra Maestra », juge Batista. Mais il survit, et des journalistes américains lui permettent rapidement de « sortir du bois ». Dès début 1957, la petite troupe fait la Une du New York Times. Herbert Matthews leur consacre trois articles. Puis les équipes de télévision d'Ed Murrow, pour CBS News, viennent à sa rencontre. Castro s'impose ainsi médiatiquement, au-delà de sa stratégie de harcèlement à l'encontre des troupes de La Havane, comme un leader alors que la guérilla fait rage en ville. Le pouvoir de Batista s'effondre le 31 décembre 1958. Edward Murrow interviewe Castro un mois après son retour triomphal à La Havane sur CBS.

    Photographie murale d'Ernesto Guevara en compagnie de Raul Castro, dans un musée au Brésil en 1999. PHOTO/Vanderlei ALMEIDA

    Castro et les nationalisations. En 1959, le diplomate Philip Wilson Bonsal est le premier ambassadeur américain à fouler de nouveau le sol cubain après la prise du pouvoir par Fidel Castro. Le 4 septembre, il fait part au nouveau maître de Cuba des inquiétudes américaines. Il est porteur d'un message : Washington est conscient de la surreprésentation des intérêts américains dans l'île, et est prêt à en discuter. Mais en juin 1960, La Havane commence à recevoir du pétrole brut venu d'URSS. Fidel Castro exige des compagnies pétrolières américaines qu'elles le raffinent. Ces dernières refusent. Le 29 juin, Castro les nationalise toutes. Quatre jours après, les Etats-Unis menacent de réduire leurs importations de sucre cubain. En réponse, Castro nationalise toutes les entreprises américaines de l'île. En mars 1968, il finit par nationaliser toutes les entreprises privées de Cuba. Bonsal était pourtant sorti rassuré de son entretien de 1959.

    Fidel et le basket-ball. Surnommé très tôt « el loco » (« le fou »), Fidel Castro devient très jeune un homme robuste culminant à environ 1,90 mètre. De quoi créer une vocation pour le basket-ball, sport né aux Etats-Unis, qu'il pratique notamment dans ses années de lycée et qui l'accompagnera pendant tout son règne, notamment lors de voyages médiatiques dans le monde, où il ne lésine pas sur le lancer franc. Et ce, jusqu'à ses vieux jours. Son ancien garde du corps révèlera qu'il s'était fait bâtir son propre court de basket à l'abri des regards. Mais ce n'est pas la seule passion sportive originaire des Etats-Unis du « Lider Maximo » ; ce dernier est également très épris de baseball, comme le montrent de nombreux autres clichés.

    Fidel Castro, en pleine partie de basketball avec des étudiants en agriculture, en 1970 à La Havane. AFP

    La mystérieuse lune de miel de Castro à New York. Marié le 12 octobre 1948 avec une certaine Mirta Diaz-Balart, Fidel Castro se rend pour la première fois de sa vie à New York en lune de miel. Il y reste plus de trois mois et y retournera souvent. Il loue un appartement dans le Bronx et se met à apprendre l'anglais en mémorisant 200 mots par jours, ce qui lui resservira plus tard. Mais pour le journaliste Serge Raffy, auteur de Castro, l'infidèle, ce voyage est « un trou noir ». « Pendant trois mois, on ne sait pas ce qu'il a fait », expliquera-t-il à la télévision française. Mais il assure que très tôt dans sa vie d'adulte, Fidel Castro émarge au réseau « Caraïbes » des services secrets soviétiques, et émet l'hypothèse qu'il a pu être entraîné aux Etats-Unis.

    Che Guevara et l'impact de l'image. En 1967, après l'exécution sommaire d'Ernesto Guevara au lendemain de sa capture en Bolivie, la CIA fait le choix d'exposer publiquement son corps. Les journalistes présents ce jour-là à l'hôpital de Vallegrande diffusent de nombreuses photos. L'objectif : prouver que le guérillero est bien mort. Au final, cette exposition macabre contribuera à faire du médecin argentin un martyr, une figure quasiment christique de la révolution. Le « Che », dans le monde et particulièrement en Amérique latine, est presque devenu un nouveau Jésus. C'est notamment pour éviter que l'image d'Oussama Ben Laden ne soit cultivée de la sorte que les Américains ont choisi de ne pas publier les photos qu'ils avaient prises après sa mort en 2011. Ils ont choisi de jeter son corps à la mer pour éviter que ne se crée un lieu de pèlerinage sur sa sépulture.

    Photographies de la dépouille du docteur Ernesto Guevara prises le 10 octobre 1967 par le journaliste Marc Hutten. AFP PHOTO/ JAVIER SORIANO

    Kennedy, Khrouchtchev et le « fou » de La Havane. Le 27 octobre 1962, Fidel Castro charge l'ambassadeur soviétique à Cuba, Alexandr Ivanovich Alexeyev, de remettre une lettre à Nikita Khrouchtchev pour lui signifier sa détermination sans faille dans la crise des missiles nucléaires alors en cours. Selon le diplomate, le leader cubain l'aurait réécrit dix fois, cherchant ses mots, comme l'a notamment relaté l'historien Tim Naftali sur National Geographic Channel. Au final, « Fidel disait en substance que si l'URSS devait recourir à l'arme nucléaire pour défendre le monde socialiste, même si cela impliquait de sacrifier Cuba, il était d'accord », affirme ce dernier. Khrouchtchev aurait dit, à la lecture de cette missive, que Fidel Castro était un « fou ». « A croire qu'il me demande de détruire le monde ! », se serait-il même écrié. Après avoir appris le retrait tactique opéré par le numéro 1 russe, Fidel Castro est furieux de voir John Kennedy ainsi sortir de la crise par la grande porte. Il traite Khrouchtchev de « salaud », « d'ordure », brise le miroir de son bureau et part en retraite temporaire dans la Sierra Maestra. JFK promet à Khrouchtchev qu'il n'envahira pas Cuba.

    Le bureau de Fidel Castro au Hilton. Quelques années plus tôt, à son retour héroïque à La Havane, au moment d'installer ses quartiers dans la capitale au début de l'an 1959, le nouveau héros national, Fidel Castro, jette son dévolu sur la suite 2324 d'un gratte-ciel de 30 étages flambant neuf. Son nom : le Habana Hilton, projet phare du premier groupe hôtelier américain du même nom. Doté de 630 chambres, le palace a été inauguré quelques mois plus tôt, en mars 1958. Durant trois mois au début de l'année 1959 s'y dérouleront toutes les réunions, conférences et rencontres de la révolution cubaine, alors qu'aux autres étages, le service hôtelier continue. Les nationalisations des hôtels et des casinos américains mettront fin à la situation. Le Habana Hilton prend ensuite le nom de Habana Libre.

    L'hôtel Habana Libre, photographié en 2008, à La Havane. AFP PHOTO/ADALBERTO ROQUE

    Fidel et sa maîtresse de la CIA. Le Hilton sera le lieu d'une romance invraisemblable entre le nouveau numéro 1 cubain et une Allemande que la CIA chargera plus tard de tuer le « Lider Maximo ». Son nom : Marita Lorenz. Cette dernière rencontre Fidel Castro le 27 février 1959 lors d'une escale à Cuba. Elle a 19 ans. A peine deux semaines plus tard, elle habite sur l'île. Castro l'installe dans la chambre 2406 du Hilton de La Havane. Elle tombe enceinte et doit avorter, puis rejoint alors les anti-Castro en Floride, et finit par être recrutée par la CIA, via un certain Francisco Fiorini, alias Franck Fiorini Sturgis. On lui donne du poison à glisser dans la nourriture de Castro. De retour sur l'île en 1960, elle explique lui avoir avoué la vérité et lui aurait clamé son amour. Elle quitte à nouveau l'île et aurait revu Fidel Castro une dernière fois en 1981.

    Entre l'Amérique et l'Angola, Castro choisit l'Angola. Dans les années 1960 et 1970, Fidel Castro soutient moult mouvements révolutionnaires. Le renversement des gouvernements de Zanzibar, du Salvador, du Nicaragua et de toute l'Afrique centrale devient un objectif. Cuba apporte de l'aide au Vietnam, à la Libye, à l'Algérie, ou encore à la Syrie. En 1975, le secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger appelle à l'établissement de nouvelles relations cubano-américaines. A l'automne, le département d'Etat se dit même prêt à reprendre le dialogue officiel. Sauf que l'Angola s'enfonce dans la guerre civile. Le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) demande l'assistance militaire de Cuba dans sa lutte contre ses rivaux de l'Unita, soutenus par l'Afrique du Sud. Castro doit choisir entre son rapprochement avec Washington et le soutien au MPLA. Le 7 novembre, ses troupes débarquent en Angola. En janvier 1976, 15 000 Cubains se trouvent dans le pays. Avec l'aide de Moscou, ils repoussent les troupes sud-africaines et imposent le MPLA au pouvoir. Les espoirs d'un rapprochement avec les Etats-Unis sont douchés. Les troupes cubaines combattront ensuite en Ethiopie. En 1979, Fidel Castro prend finalement la tête du Mouvement des pays non-alignés à l'ONU.

    Le Cubain Fidel Castro et l'Angolais Jose Eduardo Dos Santos à La Havane, le 16 décembre 1988. AFP PHOTO/RAFAEL PEREZ

    La Chine applaudit des deux mains. Après les discours de Barack Obama et Raul Castro, mercredi, la Chine a tenu à « saluer et soutenir la normalisation » des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Pékin appelle Washington à lever « le plus tôt possible » l'embargo. « Nous allons continuer à appuyer les choix de Cuba dans son développement et dans ses ajustements en termes de politique économique », a affirmé un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, ajoutant : « Quelles que soient les évolutions en cours, (notre soutien) ne changera pas. » Les liens économiques de premier plan construits en la Chine et Cuba trouvent leurs racines dans l'histoire, puisque les premiers travailleurs chinois arrivèrent massivement dans l'île dès le XIXe siècle. Les Sino-Cubains participeront largement au métissage local. Barrio Chino de La Habana est l'un des plus anciens et des plus étendus chinatowns d'Amérique latine.

    Raul Castro, le « petit Chinois ». L'actuel président cubain Raul Castro était lui-même surnommé « le petit Chinois » par ses compagnons d'armes, compte tenu de sa petite taille, de ses traits et de sa faible pilosité. Une rumeur persistante laisse penser qu'il pourrait être le fruit d'une relation extra-conjugale de sa mère avec un métis. « A Cuba, il est de notoriété publique que Raul, enfant bâtard, est le fils d'un commandant de poste de garde de Biran (le village natal des frères Castro). Cet homme était surnommé " el Chino " (le Chinois), qui est aussi l'un des sobriquets de Raul », confie à L'Express Brian Latell, officier de la CIA à la retraite, spécialiste de Cuba et auteur d'une biographie de Raul, After Fidel. The Inside Story of Castro's Regime and Cuba's Next Leader.

    Un seul perdant, la Russie ? L'Amérique latine est enthousiaste à la perspective d'un dégel entre les ennemis d'hier. « Je crois que c'est un moment qui marque un changement dans la civilisation », a déclaré la présidente brésilienne Dilma Rousseff lors du sommet du Mercosur. Même le successeur de Chavez au Venezuela, Nicolas Maduro, a souligné qu'il convenait de « saluer le geste du président Barack Obama, un geste courageux et nécessaire dans l'histoire, peut-être l'initiative la plus importante de sa présidence ». De fait, seuls les Russes restent à l'écart, se contenant d'espérer que « Washington reconnaîtra le peu de succès de ce type de pressions sur d’autres pays ».


    Miami vue de la Kolkoz Tower, en 2006. © Kolkoz. Courtesy Galerie Emmanuel Perrotin.

    Miami, le dernier enfant caché laissé par Castro

    Sur quelque 50,5 millions d'Hispaniques présents sur le sol américain en 2010, les personnes d'origine cubaine étaient plus de 1,785 millions (3,5 %), selon le recensement national. Cela en fait le 3e contingent latino du pays derrière les personnes originaires du Mexique (63 %) et de Porto Rico (9,2 %), et plus d'un dixième de la population cubaine actuelle. La majeure partie des Cubano-Américains se trouvent en Floride (1,213 million), et tout particulièrement à Miami et sa banlieue. La cité balnéaire abrite un quartier surnommé « little Havana », poumon des exilés cubains. Un demi-million de Cubains ont accosté à Miami dans les quinze ans qui ont suivi la révolution, rappelle The Economist. Parmi eux : d'abord des partisans de Batista fuyant l'épuration conduite par Ernesto Guevara, puis des personnalités politiques, et ensuite quelques compagnons de route trahis par le tour marxiste que prend rapidement la révolution.

    Mais principalement, l'exil se transforme en exode avec l'arrivée, dès 1959, de personnes inquiètes ou spoliées par la nouvelle donne économique de l'île (la première étape majeure étant la réforme agraire promulguée le 17 mai 1959). Quelque 400 000 Cubains supplémentaires arriveront au sud de la Floride à partir de 1980, après la prise d'assaut d'ambassades étrangères de La Havane par des Cubains demandant l'asile, une situation qui conduit le numéro 1 cubain à les inviter au départ. Dès septembre 1980, quelque 120 000 Cubains supplémentaires ont déjà débarqué à Miami lors d'un pont maritime. Castro profite de l'occasion pour envoyer sur le sol américain des détenus cubains de droit commun.

    → À (RE)LIRE : Qui est l’espion américain libéré à La Havane ?

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