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    Uruguay: la difficile application de la loi légalisant le cannabis

    media La future récolte des mois de mars et avril du Club cannabique Sativa de Montevideo. RFI/Marine de La Moissonnière

    En décembre 2013, l’Uruguay est devenu le premier pays du monde à légaliser entièrement la production et la vente de cannabis. La mise en œuvre de cette loi s’avère plus compliquée que prévu. Le volet prévoyant la vente en pharmacie de marijuana à usage récréatif est menacé par le retour au pouvoir de Tabaré Vazquez qui succèdera dimanche 1er mars 2015, au président Pepe Mujica.

    De notre correspondante régionale,

    « A deux reprises déjà, des gens m’ont demandé si je vendais des joints. Je leur ai répondu que non, que je n’avais aucune idée de quand nous aurions du cannabis, ni sous quelle forme », raconte Claudia Montiel, employée d’une pharmacie de Montevideo. La vente libre de marijuana à usage récréatif est encore loin d’être une réalité. Le cannabis qui approvisionnera les pharmacies n’est même pas encore planté. Le gouvernement ne devrait pas tarder à dévoiler le nom des cinq entreprises retenues pour produire et conditionner la marijuana dans des paquets semblables, sans signe distinctif.

    Dans un premier temps, 22 sociétés ont répondu à l’appel d’offres. Certaines ont préféré jeter l’éponge tant l’investissement de départ est important : environ 1,5 million de dollars, croit savoir la presse locale. L’Etat fournit les terrains mais sur place, il y a tout à faire. Il n’y a même pas l’eau courante. Surtout les autorités n’offrent aucune garantie en termes de revenus.

    Impossible dans ces conditions de savoir si le business sera rentable. Le cannabis sera vendu à 1 dollar le gramme. Un prix jugé suffisamment haut pour ne pas encourager la consommation, et assez bas pour concurrencer le marché noir. Face à l’échec des politiques répressives menées en Amérique latine ces dernières années, l’Uruguay entend combattre le trafic de drogues en fournissant facilement, à un tarif raisonnable, du cannabis de bonne qualité.

    Retard à l'allumage

    Le retard dans la mise en œuvre de cette partie de la loi s’explique aussi par les réticences qu’elle suscite dans le monde médical. Dans certaines pharmacies, on craint d’avoir affaire à des clients instables ou d’être la cible de narcotrafiquants. D’autres pensent également que le lieu n’est pas adéquat pour vendre une telle substance. « Dans les pharmacies uruguayennes, on trouve des chocolats, des bonbons, des jouets, des bijoux… Tous ces produits n’y ont pas leur place. Mais contrairement au cannabis, ils ne sont pas nocifs pour la santé. Ils ne génèrent pas d’addictions », explique Virginia Olmos, présidente de l’Association des préparateurs en pharmacie d’Uruguay.

    Un argument que rejette Julio Calzada, secrétaire général du Bureau national des drogues. « Avec cette loi, nous oeuvrons pour la santé des consommateurs de marijuana en réduisant les risques qu’ils encourent. C’est exactement la même chose que lorsque plusieurs pays européens ont autorisé les pharmacies à fournir des seringues aux héroïnomanes il y a quelques années. » Et de souligner que pharmaciens et préparateurs n’ont aucun problème à vendre du Viagra qui n’est pas un médicament. « Comme pour le cannabis, sa seule fonction est de procurer du plaisir. La différence, c’est que l’un est produit par l’industrie pharmaceutique, pas l’autre », ironise le fonctionnaire.

    Encadrement

    Si le souci premier du gouvernement est de veiller à la santé des Uruguayens, le cannabis devrait être délivré dans des centres de soins « où des médecins aideraient les consommateurs à lutter contre leur addiction, répond Virginia Olmos. Si le but est seulement de vendre du cannabis, sans aucun type d’accompagnement médical, alors il y a partout en Uruguay des endroits où l’on paye ses factures ou bien où l’on va chercher ses colis, qui feraient parfaitement l’affaire. » Une solution que pourrait reprendre à son compte le nouveau chef de l’Etat, Tabaré Vázquez. Oncologue de formation, il a laissé entendre à plusieurs reprises au cours de la campagne présidentielle qu’il était prêt à modifier cette partie de la loi.

    En attendant, aujourd’hui, en Uruguay, pour se procurer légalement du cannabis, il faut soit adhérer à une association qui peut cultiver jusqu’à 99 plants, soit faire pousser sa propre marijuana. La limite est alors de 6 plants. Au total, 2 000 personnes - 1 500 auto-cultivateurs et 700 membres de clubs cannabiques - sont sorties de l’illégalité, se félicite Julio Calzada. Toutes ont plus de 18 ans, les mineurs étant exclus de cette loi.

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