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    Afghanistan - Etats-Unis: l'espoir d'un nouveau départ

    media Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le président afghan Ashraf Ghani à Camp David, le 23 mars. REUTERS/Gary Cameron TPX IMAGES OF THE DAY

    Le président américain Barack Obama reçoit ce mardi 24 mars à la Maison Blanche son homologue afghan Ashraf Ghani. Il s'agit de la première visite officielle du chef de l'Etat afghan depuis son investiture en septembre 2014. Ashraf Ghani est accompagné de son ancien rival, Abdullah Abdullah qui occupe le poste de chef de l'exécutif au sein d'un gouvernement d'union nationale.

    La rencontre au sommet est placée sous le signe de l'apaisement et du renforcement du partenariat stratégique. Barack Obama pourrait annoncer au terme de ces discussions la modification du calendrier de retrait des troupes américaines d'Afghanistan. Il pourrait renoncer à réduire de moitié le contingent militaire d'ici la fin de l'année. En revanche, l'objectif d'un retrait total des troupes fin 2016 n'est pas remis en cause. Il coïnciderait avec la fin du mandat de Barack Obama qui souhaite garder l'image d'un président opposé à la guerre. Le conflit afghan étant le plus long engagement militaire des Etats-Unis, depuis la guerre du Vietnam.

    Ashraf Ghani: un partenaire fiable

    L'accueil réservé à Ashraf Ghani illustre la volonté de l'administration américaine de marquer un tournant dans ses relations avec l'Afghanistan. Mercredi 25 mars, le président afghan aura l'occasion, privilège rare, de s'exprimer devant le Congrès réuni au grand complet. Ces honneurs sont dus notamment au changement d'état d'esprit à Kaboul, mais aussi à la personnalité du nouveau président afghan.

    Ashraf Ghani est perçu, à la différence de son prédécesseur Hamid Karzaï, comme un allié. « Ghani a enseigné à l'Université de Berkeley », rappelle Thomas Snegaroff, directeur de recherche à l'IRIS. « Il a une connaissance fine des relations internationales. Pendant dix ans, jusqu'en 2001 il a travaillé à la Banque Mondiale. Il représente en quelque sorte l'homme de tous les espoirs, car dans l'évolution diplomatique des Etats Unis, Washington souhaite s'appuyer sur des alliés forts à la tête des Etats aidés ou en difficulté. Ce qui n'a pas été le cas pendant longtemps en Irak et en Afghanistan. Ashraf Ghani est considéré comme un partenaire fiable et crédible, plutôt ouvert et pro-occidental. Son autre qualité est qu'il n'est pas perçu comme un pantin. C'est important d'avoir des leaders qui n'apparaissent pas aux yeux de leur opinion publique comme étant des hommes de paille.»

    Début de l'offensive de printemps des talibans

    Une confiance mutuelle est essentielle dans le contexte sécuritaire actuel. Comme chaque année les talibans déclenchent leur offensive de printemps. Ces opérations sont un défis majeur pour l'armée et la police afghanes, insuffisamment équipées et formées et qui assurent désormais seules la sécurité dans le pays. L'armée américaine compte aujourd'hui entre 10 000 et 15 000 hommes sur le terrain selon les estimations. La moitié fait partie de la mission de l'Otan « soutien résolu » qui s'occupe essentiellement de la formation de l'assistance et des missions de conseils auprès des forces afghanes. La seconde moitié du contingent américain, distinct de l'Otan participe à des activités de protection, de soutien logistique et de contre-terrorisme.

    Dans un plan initial, annoncé par le président Barack Obama en mai 2014, il était prévu de réduire progressivement le nombre des troupes pour arriver à la fin 2016 à des effectifs limités qui seront chargés d'assurer la sécurité de l'ambassade. Sur les conseils du général John Campbell, commandant des forces américaines et de l'Otan en Afghanistan, ce calendrier pourrait être révisé. Les militaires estiment, en effet, qu'une réduction trop rapide des effectifs pourrait mettre en danger les troupes internationales, mais aussi augmenter le nombre de pertes des forces de sécurité afghane.

    Calendrier de retrait américain modifié

    Lors de sa visite à Kaboul 21 février dernier, le nouveau secrétaire américain à la défense Ashton Carter avait exprimé ses préoccupations au président afghan Ashraf Ghani et avait donné l'ordre au général Campbell de ralentir l'embarquement de 1 000 hommes. Selon Jean Charles Jauffret, professeur à Sciences-Po Aix, c'est un signe. « Le président afghan a beau avoir un effectif qui paraît colossal, mais ce sont pour la plupart des troupes de faible valeur militaire, entre 320 000 à 350 000 hommes qui composent l'armée et la police. Tous ces braves gens, sans les hélicoptères Apache américains, les forces spéciales américaines, l'appui-feu des avions américains et les bases, comme la base aérienne de Bagram, tout cela risque de voler en éclat, à la prochaine offensive des talibans. Tout cela est l'aspect essentiel de la sécurité pour le maintien au pouvoir d'Ashraf Ghani. Ce soutien militaire des forces américaines constituent aussi pour Ghani un argument pour tenter de négocier avec les talibans pour leur montrer que les Etats-Unis ne feront pas comme les Soviétiques en 1989 qui ont procédé à un retrait complet et total et que ce ne sera pas aussi facile de prendre Kaboul.»

    Les risques de déstabilisation en Afghanistan sont renforcés depuis l'apparition en septembre 2014 des combattants de Daech dans la ville de Ghazni dans la province d'Anbar. « Les rangs de l'EI peuvent encore grossir, car il y a une lutte d'influence avec al-Qaïda sur le plan local », explique Jean-Charles Jauffret, et d'ajouter : « le phénomène Daech c'est un peu ce qu'il s'est passé en Afrique récemment avec Boko Haram qui s'est donné à Daesh. Des groupes locaux peuvent d'un coup s'affilier à Daech, c'est un phénomène qui est maintenant présent en Afghanistan. »

    Washington veut en quelque sorte éviter de reproduire le scénario irakien. Après le retrait total des troupes américaines l'été dernier, l'armée irakienne s'est effondrée face à l'offensive de Daech. Dans ce contexte, les bases américaines de Kandahar et de Jalalabad devraient se maintenir et rester en activité au-delà de 2015.

    La Chine, nouvel acteur clé du développement économique

    Parmi les questions hautement stratégiques figure évidemment la question des négociations avec les talibans. De nombreux observateurs estiment que le processus de paix n'a jamais été aussi favorable qu'aujourd'hui. Mais pour Jean-Charles Jauffret, il faut tenir compte aussi du phénomène de poker menteur des deux camps. « La guerre en Afghanistan remonte à 1973, suite au renversement du roi Zaher Shah dans un coup d'Etat fomenté par son cousin Daoud. A-t-on intérêt, même lorsqu'on est un fou de Dieu comme les talibans, à continuer cet affrontement ? Une des clés de cette volonté de s'en sortir, ce sont moins les Américains qui ont repris le 5 mars leurs discussions souterraines avec les talibans à Doha dans le Golfe, que les Chinois. C'est peut-être de ce côté-là qu'il faut se tourner », souligne Jean-Charles Jauffret.

    Pékin apparaît aujourd'hui comme un nouvel acteur dans le processus stabilisation de l'Asie centrale. Le géant chinois s'investit dans la région pour plusieurs raisons. Il occupe le terrain laissé par les Occidentaux, mais il redoute aussi l'émergence d'un Etat terroriste sous connotation jihadiste en Afghanistan. Enfin, la Chine a un intérêt économique particulièrement important, notamment pour la deuxième mine de cuivre du monde, située dans la province de Logar. Pékin s'était jusque-là contenté d'acheter la mine de Aynak. En 2014, on a appris que Pékin était en train de débloquer une somme colossale de 3,5 milliards de dollars pour commencer l'exploitation. Les Chinois font ce que les Occidentaux ont été incapables de faire : exploiter les richesses du sous-sol et accompagner l'exploitation par la construction d'une route pour pouvoir exploiter les richesses de ce pays.

    Parmi les autres projets figure également la construction probable d'un gigantesque barrage dans la province de Kunar. Cette province est en très grande partie contrôlée par les talibans. Or, un émissaire chinois a rencontré en novembre dernier à Peshawar au Pakistan la plupart des différentes composantes de talibans pour essayer de trouver un terrain d'entente.

    Enfin un autre projet d'envergure annoncé le mois dernier par les autorités chinoises concerne la construction d'une route à grande capacité reliant Kaboul à Peshawar, via la célèbre passe de Khyber, qui serait totalement transformée. Selon Jean-Charles Jauffret, le modèle chinois qui passe par l'économie pourrait peut-être constituer la voie du salut pour l'avenir de l'Afghanistan.

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