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    Amériques

    Comment la peau blanche est venue aux Européens il y a 8000 ans

    media Joyeux mélange de peau métissée, noire et blanche. Getty Images/Image Source

    Apparu sur Terre il y a plus de 2 millions d’années, l’hominidé des origines avait la peau plutôt foncée et… couverte de poils. Localisé en Afrique de l’Est ou en Afrique du Sud, notre ancêtre australopithèque est remonté au fil des migrations vers le Nord. A climat différent, peau différente. C’est ainsi qu’il y a environ huit millénaires, les premiers « Européens » à la peau blanche seraient apparus.

    Les premiers groupes humains qui se sont installés en Europe, il y a quarante mille ans, avaient la peau foncée. Une caractéristique qu’ils conserveront plusieurs dizaines de milliers d’années, rappelle Science Magazine, qui cite de récents travaux présentés fin mars lors du congrès annuel des anthropologues américains. Ceux-ci viennent ainsi de démontrer que les habitants du continent européen avaient toujours la peau pigmentée il y a 8 500 ans.

    Deux gènes impliqués

    Pour le démontrer, étant donné que la peau ne se « fossilise » pas, les chercheurs ont étudié et comparé les génomes de 83 squelettes découverts sur différents sites archéologiques européens (Espagne, Luxembourg, Hongrie). Ce sont les mêmes scientifiques qui avaient révélé en février dernier que les Européens modernes descendaient pour la plupart de trois populations du Néolithique. Des chasseurs-cueilleurs arrivés depuis le Paléolithique, des fermiers venus du Proche-Orient il y a 7 800 ans et des éleveurs de troupeaux, les Yamnaya.

    Ces derniers, les Yamnaya, sont arrivés depuis les steppes situées au nord de la mer Noire : les chercheurs pensent d‘ailleurs que ce sont eux qui pourraient avoir introduit les langues indo-européennes en Europe. Selon l’étude présentée lors du Congrès des anthropologues, cette population serait arrivée il y a environ 4 500 ans. Ensuite, c’est le mélange entre les trois groupes dispersés au nord de l’Europe qui est à l’origine de l’éclaircissement de la peau. Une simple question de sélection génétique a présidé à cette modification.

    Vivant dorénavant dans une région faiblement ensoleillée par rapport à l’Afrique originelle, la production de mélanine de ces individus s’est modifiée de façon à favoriser la synthèse de la vitamine D. Cette mutation qui favorise la dépigmentation de la peau a été identifiée par les scientifiques en comparent les génomes des 83 squelettes entre eux et avec ceux d’un millier d’Européens contemporains. Ils ont ainsi pu observer qu’elle ne concernait que deux gènes ; le SLC24A5 et le SLC45A2 dont l’absence est associée à une teinte claire de la peau.

    Yeux, peau et cheveux

    Cette sélection se serait produite il y a environ 8 000 ans ce qui est relativement récent à l’échelle de l’histoire d’Homo Sapiens. Les mêmes chercheurs ont également isolé sur des restes humains (datant de 7 700 ans) trouvés au sud de la Suède les deux variants de la peau claire, mais aussi un troisième gène modifié, le HERC2/OCA2 qui signe les yeux bleus et pourrait être associé à la peau blanche et aux cheveux blonds.

    D’autres caractéristiques génétiques ont été trouvées comme celles issues d’interactions complexes favorisant la haute taille, cela dans le nord et le centre de l’Europe. Les premières traces datant de 8 000 ans se sont vues nettement multipliées à partir de 4 800 ans, une période coïncidant avec l’arrivée des Yamnaya. Les travaux présentés lors du Congrès ont par ailleurs montré que ces nouveaux caractères génétiques se sont répandus en Europe bien plus rapidement que ce que les recherches antérieures laissaient supposer.
     

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