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    Amériques

    En Argentine, branle-bas de combat contre les féminicides

    media Extrait du film argentin «Relatos Salvajes» sorti en salle cette année. WWW;allocine.fr

    Le web 2.0 argentin se mobilise pour lutter contre les féminicides, c'est-à-dire les assassinats ciblant des femmes parce que ce sont des femmes. Les réseaux sociaux du pays relaient massivement un appel à manifester le 3 juin 2015 devant le Congrès. Ces derniers temps, plusieurs affaires sordides ont marqué les esprits en Argentine.

    De notre correspondante à Buenos Aires,

    La dernière affaire en date remonte au dimanche 10 mai. Le corps d’une adolescente de 14 ans, enceinte, a été retrouvé dans l’arrière-cour de la maison de son petit-ami de 16 ans. Depuis, il a avoué l’avoir frappée et enterrée. Les policiers soupçonnent sa famille de l’avoir aidé.

    Ce crime a ému dans le pays, puisqu'en quelques heures, le slogan « Ni una menos », qui signifie « pas une de moins » et que l’on doit à des militantes féministes, a fait le tour du Net avec l'appel à manifester le 3 juin prochain.

    Egalement retweeté des milliers de fois : un dessin du caricaturiste argentin Liniers, qui s’est joint à la mobilisation. Des personnalités du monde du spectacle, des intellectuels et des hommes politiques ont également rejoint le mouvement.

    20 % de femmes frappées

    La caricature du dessinateur Liniers pour le mouvement «Ni una menos» www.facebook

    La manifestation a pour but de faire appliquer une loi votée il y a six ans pour lutter contre la violence de genre, et qui n’est toujours pas entrée totalement en vigueur faute notamment de moyens. Certaines associations réclament aussi que soit décrétée l’urgence nationale.

    Selon l’une de ces associations, toutes les 30 heures, une femme meurt en Argentine sous les coups d’un homme. Il est impossible de savoir si les cas augmentent ces derniers temps, ou si ce sont les médias qui en parlent davantage car il n’y a pas de statistiques officielles au niveau national.

    Une enquête réalisée récemment à Buenos Aires fait apparaître que 20 % des femmes sont frappées par leur compagnon. Et 60 % sont maltraitées ou insultées. Ces insultes ne sont d'ailleurs pas prononcées dans le seul cadre du foyer conjugal, on les entend aussi dans la rue.

    Propositions contre le harcèlement

    Ainsi, les remarques sexistes sont le premier niveau de la violence de genre. « Si je t’attrape, je te fais un enfant » ; « Quel joli petit cul, mon amour » ; « J’aime comme tes seins bougent »... Voici quelques exemples de vulgarités que l'on peut entendre dans les rues argentines.

    Début avril, une étudiante de 20 ans, Aixa Rizzo, a raconté dans une vidéo, qu’elle a publiée sur Youtube, comment elle a été harcelée par des ouvriers avant de porter plainte. « Aujourd’hui, dit la jeune femme, il y a un policier qui surveille devant chez moi. Mais ces types continuent et chantent : ' Si on s’organise, on va tous baiser'. La culture du viol existe et l’impunité est totale, c’est évident. »

    Cette vidéo a été vue par plus d’un demi-million de personnes, et elle a poussé des députés à déposer des propositions de loi afin de pénaliser le harcèlement dans la rue. Ces propositions sont actuellement à l’étude.

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