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    Amériques

    Terrorisme blanc aux Etats-Unis, la vraie menace

    media Dylann Roof brûlant un drapeau américain. Capture d'écran du site lastrhodesian.com, sur lequel il aurait publié un manifeste affirmant la «supériorité des Blancs». Reuters

    Dylann Roof, le jeune homme qui a avoué avoir abattu neuf personnes dans une église afro-américaine de Charleston, en Caroline du Sud, revendique son racisme. Le parcours meurtrier de ce Blanc de 21 ans convaincu de faire son «devoir» en assassinant neuf Noirs, est loin d’être un cas unique aux Etats-Unis où les autorités reconnaissent craindre ce terrorisme blanc plus que tout autre.

    Obsédé par la menace que font peser les Noirs sur les Blancs selon lui, le tueur présumé Dylann Roof se répandait en propos racistes sur un site internet. Actuellement, le FBI vérifie si c’est bien le jeune sudiste de 21 ans qui a ouvert ce site lastrhodesian.com fermé depuis. Truffé de photos qui le montrent armé et brandissant un drapeau des confédérés, le site abrite également un manifeste dans lequel Dylann Roof affirme la « supériorité des Blancs ». 

    Nommer ou ne pas nommer

    Un discours à la trame commune avec d’autres tueurs de masse comme le Norvégien, Anders Breivik qui sur 1 500 pages disait sa haine contre tous ceux qui selon lui, s’attaquaient à la « suprématie des Blancs ».  Dans son manifeste mis en ligne, Dylann Roof affirme à son tour la « supériorité des Blancs » et explique qu’ils « n’ont aucune raison de se sentir coupables du traitement subi par les Noirs ».

    Passé le sentiment d’horreur partagé par la presse américaine, surgissent maintenant des questions sur la façon dont est montré Dylann Roof. Personne jusqu’à présent n’a parlé d’un acte terroriste en ce qui le concerne, relève le New York Times. Aurait-on eu autant de retenue sur la façon de désigner Dylann Roof s’il avait été Noir ? C’est en tout cas une question que se pose la justice fédérale qui suit la piste d’un acte de « terrorisme intérieur » ce qui lui permettrait de requalifier les faits.

    A ce point de l’enquête, le jeune homme qui a déclaré aux policiers « qu’il voulait déclarer une guerre raciale », est sous les verrous et inculpé pour l’assassinat de neuf personnes. Qu’on puisse alors hésiter à qualifier ses actes de terroristes interpelle l’écrivaine américaine Brit Bennett qui dans le New York Times analyse la différence de traitement dont bénéficie Dylann Roof du fait de sa couleur de peau. « Le terrorisme blanc est aussi vieux que l’Amérique », écrit-elle rappelant les opérations de terreur menées par le Klu Klux Klan qui ont été à l’origine de la première loi antiterroriste devenue fédérale dès 1871.

    Brit Bennett écrit : « Bien que le tueur ait clamé sa haine raciale juste avant de tirer, malgré les photos explicites postées sur Internet, ses motivations seraient insondables aux dires de certains » ? C’est là un privilège de Blanc, poursuit l’écrivaine, « on cherche à l’humaniser, à lui trouver des raisons, ou à montrer que c’est un monstre. Il ne représente que lui-même »… « Je suis toujours frappée de voir les réticences, non seulement à nommer le terrorisme blanc, mais à mentionner simplement le fait qu’on parle d’un Blanc quand celui-ci est l’auteur de violences raciales ».

    L’extrême droite loin devant

    Toujours dans le New York Times, deux chercheurs américains analysent les actes de terrorisme qui se sont produits aux Etats-Unis depuis le funeste 11-Septembre. Ils le font à travers le prisme de leurs auteurs et leur étude montre ainsi que la menace ne vient pas forcément de là où on l’attend. Si on interroge un Américain lambda pour savoir par qui il se sent avant tout menacé, il y de fortes probabilités pour qu’il évoque des activistes de l’islam radical.

    Or, Charles Kurzman et David Schanzer dans leur contribution au NYT expliquent que les citoyens se trompent de cible. Citant une étude qu’ils ont menée en collaboration avec le Police Executive Research Forum, depuis le 11 septembre 2001, on dénombre aux Etats-Unis chaque année six complots terroristes en lien avec al-Qaïda ou le groupe Etat islamique. Plusieurs ont été déjoués, mais 20 ont abouti qui ont fait au total 50 morts.

    C’est beaucoup trop, mais selon un policier interrogé par les chercheurs, le vrai danger est ailleurs parmi les milices d'autodéfense, les néonazis, les groupes hostiles au pouvoir fédéral… Ces extrémistes de droite ont perpétré 337 attaques durant la décennie suivant le 11-Septembre qui ont tué en tout 254 personnes rapporte Arie Perliger du United States Military Academy’s Combating Terrorism Center. L’extrême droite est la première source de violence « idéologique », bien loin devant celle des musulmans extrémistes, insistent les autorités policières locales et fédérales.

    Les chercheurs mettent également en avant le fait que le terrorisme n’intervient que pour une faible part dans la violence aux Etats-Unis, même si elle frappe fortement les esprits. Ils en veulent pour preuve les 215 000 meurtres commis depuis le 11-Septembre aux Etats-Unis.

     

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