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    Violence, haine raciale, armes: les Etats-Unis face à leurs démons

    media Hillary Clinton a vivement appelé le Congrès américain à légiférer sur le port d'armes, lors de la conférence annuelle des maires de San Francisco, le 20 juin 2015. REUTERS/Stephen Lam

    S'adressant à la conférence nationale des maires à San Francisco samedi 20 juin, 24 heures après Barack Obama, Hillary Clinton a, à son tour, attaqué le Congrès pour n'avoir pas adopté une loi renforçant le contrôle des armes à feu. Un sujet plus que jamais d'actualité, quatre jours après la tuerie de Charleston et alors que deux nouvelles fusillades ont fait un mort et seize blessés, dont un bébé, dans la nuit de samedi à dimanche. Un débat qui s'accompagne aussi d'un constat : le terreau de la violence reste fertile aux Etats-Unis.

    « Ça n'a pas de sens que nous n'ayons pu nous entendre pour retirer les armes des mains de gens violents ou d'individus souffrant de maladies mentales, et même de personnes figurant sur la liste des terroristes. » Déclaration d'Hillary Clinton, samedi à San Francisco. Alors que des centaines de personnes défilaient le même jour devant l'église Emmanuel, pour rendre hommage aux neuf victimes noires américaines de la tuerie de mercredi, la candidate à la primaire démocrate est entrée de plain-pied dans le débat, sans y aller par quatre chemins.

    Pour Mme Clinton, le débat sur les armes est certes « empoisonné », mais les autorités américaines ne doivent pas pour autant renoncer sur ce sujet sensible. Elle emboîte ainsi le pas à Barack Obama. « Les enjeux sont trop grands, le coût trop élevé, et je ne suis pas, ni ne serai effrayée de continuer à me battre pour des réformes de bon sens et avec vous, les obtenir au nom de tous ceux qui ont perdu la vie à cause de cette violence des armes insensée dans notre pays », a-t-elle martelé sous les applaudissements des participants à la conférence nationale des maires du pays.

    Cette réaction de l'ex-chef de la diplomatie américaine fait suite à la tuerie de mercredi 17 juin dans cette église de la communauté noire à Charleston, une véritable institution aux Etats-Unis. Les propos de l'ancienne First Lady en attestent : cette fusillade a relancé le débat sur l'encadrement des ventes d'armes dans le pays, véritable cheval de bataille du président Obama qui, en six ans et demi d'exercice du pouvoir et après moult fusillades subies sous son règne, n'est jamais parvenu à imposer de réforme allant dans le sens souhaité au Congrès (voir encadré en bas de cet article).

    Dylann Roof, suspecté d'être le meurtrier de la fusillade de Charleston, aux Etats-Unis, a été interpellé en Caroline du Nord, le 18 juin. REUTERS/Jason Miczek

    Débat sur les armes, mais aussi sur la société américaine

    Certes, les armes n'expliquent pas tout. Il y a aussi un terreau de violence intrinsèque à la société américaine qu'il convient de pointer. Les autorités ont d'ailleurs découvert un site internet apparemment ouvert par Dylan Roof lui-même, et qui révèle l'ampleur de la haine raciale du jeune homme de 21 ans. Sur ce site que le FBI pense être celui de l'auteur présumé de la tuerie, on voit Dylan Roof en train de piétiner ou de brûler le drapeau américain, de brandir le drapeau confédéré des troupes sécessionnistes sudistes, ou armé d'un revolver pointé dans la direction de la caméra.

    Les textes du site sont de véritables brûlots racistes, commente notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet. Les Noirs sont qualifiés de violents et stupides. Le jeune homme considère que la ségrégation n'est « pas une mauvaise chose ». Hispaniques, juifs et Asiatiques ne sont guère mieux traités.

    La haine raciale garde un terreau fertile aux Etats-Unis

    Dylan Roof, qui a reconnu être l'auteur de la tuerie, explique que c'est l'affaire Trayvon Martin en Floride qui a joué le rôle de catalyseur pour lui. Et s'il a choisi Charleston pour commettre son crime, c'est, explique-t-il, « parce que c'est la ville la plus historique de Caroline du Sud et qu'elle a eu à un moment le ratio le plus élevé de Noirs par rapport aux Blancs dans le pays ».

    Déplorant qu'il n'y ait plus de skinheads et de Ku Klux Klan dans le pays, Dylan Roof écrit : « Quelqu'un devait avoir le courage de faire quelque chose dans le monde réel, et j'imagine que ça devait être moi. » Sa prochaine comparution devant le tribunal aura lieu en octobre. Et à n'en pas douter, les motivations prêtées au jeune homme pèseront contre lui. Elles viennent aussi illustrer le chemin qu'il reste à parcourir dans la lutte contre la violence aux Etats-Unis, notamment la violence raciale, au-delà du débat sur les armes à feu. Hillary Clinton n'a pas dit autre chose : « La longue lutte des Etats-Unis sur les questions raciales est loin d’être terminée », a concédé la démocrate.

    Le 20 juin dans la soirée, un homme a ouvert le feu dans une fête de quartier à Philadelphie, blessant sept personnes, dont trois enfants. REUTERS/Bryan Woolston

    N'y a-t-il pas pour autant quelque chose à faire sur la vente d'armes ?

    Pour expliquer les prises de position récentes d'Hillary Clinton et de Barack Obama, il faut néanmoins rappeler qu'il existe bel et bien un problème de violence routinière et spécifique à la vente d'armes à feu aux Etats-Unis, au-delà des haines - notamment raciales. Pas plus tard que samedi 20 juin dans la soirée, deux nouvelles fusillades sont d'ailleurs venues noircir le tableau des morts par balle dans le pays.

    A Détroit, dans le nord des Etats-Unis, une personne a été tuée et neuf autres blessées lors d'une fête sur un terrain de basket où se trouvaient des enfants. « Je pense qu'une personne était la cible, les autres étaient juste là au mauvais endroit au mauvais moment », a déclaré a le chef adjoint de la police au quotidien local Detroit Free Press.

    A Philadelphie (nord-est), le même soir, deux enfants et cinq adultes ont été blessés lorsqu'un homme a ouvert le feu sur des personnes rassemblées pour une autre fête de quartier. « Il semble que tout le monde était ici pour un pique-nique et tout le monde s'est enfui », a cette fois déclaré un lieutenant de police à la chaine de télévision NBC, qui relate que les victimes avaient entre 10 et 25 ans, à l'exception d'un bébé de 18 mois, atteint d'une balle au cou.


    Barack Obama et son vice-président Joe Biden, au moment de réagir à l'annonce de la fusillade de Charleston, le 18 juin à Washington. REUTERS/Jonathan Ernst

    Armes à feu, question raciale : la double défaite de Barack Obama

    Il y a tout juste un an, après une fusillade dans un lycée près de Portland, qui avait fait un mort, le président américain était revenu à la charge sur la question du contrôle des armes à feu.

    Malgré le refus du Congrès, il souhaitait renforcer les contrôles des antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs et interdire les armes d’assaut à la vente pour les particuliers.

    De nombreuses fusillades plus tard, y compris celle de mercredi, le ton de Barack Obama est monté d’un cran. Mais côté républicain, on accuse M. Obama d’utiliser le drame de Charleston à des fins politiques pour revenir sur le second amendement de la Constitution, qui autorise les citoyens à se défendre.

    Autre frustration : alors qu’il voulait être le président de tous les Américains sans mettre en avant sa couleur de peau, force est de constater que Barack Obama n’a pas réussi à réduire la fracture raciale dans son pays. Il a pourtant multiplié les actes symboliques, dont la marche de Selma en mars dernier pour commémorer les 50 ans du Bloody Sunday.

    Les bavures policières impliquant des policiers blancs tuant des citoyens noirs non armés, et des jurys populaires épousant les versions policières, ont mis le feu aux poudres depuis un an, provoquant des émeutes à Ferguson ou à Baltimore, alors que le président tentait de resserrer les liens entre forces de l'ordre et les minorités noires.

    Cette semaine, le président a finalement affiché sa colère et sa frustration face à l’absence d’avancées sur le contrôle des armes. Mais aussi sur le caractère raciste du crime, alors qu’il aurait souhaité là aussi faire baisser les tensions raciales.

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