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    Amériques

    Le gouvernement du Pérou veut entrer en contact avec une tribu isolée

    media Les Mashco-Piro du Pérou. Capture d'écran

    Le gouvernement péruvien va prendre l’initiative de contacter un groupe d’Amérindiens qui, apparemment, souhaitent sortir de leur situation d’isolement volontaire. Tout cela devrait avoir lieu dans la région amazonienne de Madre de Dios, proche du parc national du Manu.

    De notre correspondant régional,

    C’est l'histoire d'une tribu appelée Mashco-Piro et composée d'une trentaine de personnes. Le gouvernement suppose que ce groupe souhaite sortir de l’isolement car il se montre de plus en plus souvent sur les berges de rivières, tout près du parc du Manu, dans le sud-est du Pérou. Un autre groupe de Mashco-Piro, plus important celui-ci, a occupé un village indigène de la zone. Il y a apparemment eu des demandes de nourriture, d’outils, de machettes mais sans que l’on sache si cela traduit un désir de sortir de l’isolement volontaire.

    Réduire les risques

    Il y a quelques mois, il y a même eu une tentative de contact non officielle, non autorisée et donc très dangereuse. Une missionnaire a déposé des vêtements, des ustensiles de cuisine, des boissons pour le groupe avec tous les risques de contagion que cela suppose pour des personnes qui ne sont pas protégées par les mêmes anticorps que leurs concitoyens et qui peuvent donc être gravement affectées par des maladies apparemment bénignes. Lima a donc décidé de prendre les devants par l'intermédiaire d'une tribu locale, les Yine, qui parlent une langue plus ou moins similaire à celle des Mashco-Piro. Les premiers vont donc essayer de prendre contact avec les seconds afin de tenter de savoir ce que cette tribu veut faire.

    Mais il existe des règles pour ce genre de prises de contact. Elles ont été rappelées il y a quelques jours par Survival International, une ONG de Londres qui se spécialise dans la protection des tribus en isolement volontaire. D’abord, le désir de sortir de l’isolement doit venir des Indiens et pas des autorités. Il faut donc être sûr de ce que les Mashco-Piro veulent faire. Ensuite, les autorités de Lima ont l’obligation d’agir rapidement et décisivement pour réduire les risques, notamment sanitaires.

    Pressions extérieures

    Pour Survival, il faut donc que des équipes médicales soient déplacées dans la zone, après une période de quarantaine pour s’assurer que les médecins et auxiliaires médicaux ne soient pas porteurs de maladies qui pourraient décimer les Mashco-Piro. Ce personnel devrait de surcroît être formé spécifiquement à une situation qui n’est généralement pas enseignée dans les écoles de médecine. Les équipes devront rester sur place à long terme, mais sans que les Mashco-Piro ne deviennent trop dépendants de l’extérieur. Ensuite, et c’est vital, les terres de la tribu doivent être protégées de toute invasion.

    Ces conditions ont-elles des chances d'être remplies ? Au vu d’expériences passées, Survival International n’est pas très optimiste. Cela fait 25 ans que l’ONG demande à ce que les terres des Mashco-Piro soient protégées. L'organisation qualifie la réponse de Lima de « lente et peu adaptée ». C’est d’autant plus grave que, selon une étude financée par le Centre Pulitzer pour la couverture de crises et publiée récemment par la revue Science, les pressions des compagnies pétrolières, des agriculteurs, des éleveurs, des trafiquants de bois précieux, le manque de nourriture et les conflits internes font que les tribus en isolement sont de plus en plus nombreuses à sortir de la forêt, notamment dans la zone frontalière entre le Pérou et le Brésil.

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