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    Le Vatican, bras idéologique des grandes puissances ?

    media Le président cubain Raul Castro et le pape François, au Vatican, le 10 mai 2015. REUTERS/Gregorio Borgia/Pool/Files

    Le pape François effectue son dixième voyage à l'étranger. Cuba, d'abord. Les Etats-Unis, ensuite. L'Amérique est un continent qu'il connaît de l'intérieur. Le pape François est Argentin, pays du cône sud de l'Amérique Latine. Un continent où les années de guerre froide et d'opposition entre communisme et capitalisme ont été très prégnantes. C'est dire combien le pape sait de quoi il parle, quand il évoque la nécessité de lancer des ponts entre les deux mondes : Amérique Latine et super puissance américaine.

    Ce voyage pontifical à partir du 19 septembre marque deux rapprochements : celui entre le régime de Fidel Castro et l'Eglise catholique, et celui entre Washington et la Havane pour lequel le Vatican a beaucoup oeuvré. Petit pays de la Caraïbe, Cuba n'en a pas moins été l'épicentre de la géopolitique du Vatican ces dernières décennies. En 17 ans, Cuba a reçu la visite de trois papes. Pour Annie Lacroix-Riz, la question centrale est le contrôle nord-américain sur l'Amérique Latine, zone privilégiée d'investissements en provenance du Nord.

    Le retour de la diplomatie vaticane

    L'historienne, auteure de Le Vatican, l'Europe et le Reich de la première guerre mondiale à la Guerre froide, (ed. Armand Colin, 2010) souligne que les Etats-Unis ont systématiquement fait appel au Vatican pour obtenir une stabilisation de la région et un contrôle de la théologie de la Libération. François Mabille, politologue et enseignant chercheur à l'Université catholique de Lille, évoque pour sa part le jeu de donnant-donnant. Ouverture et soutien des mouvements en Pologne dans les années 1980 d'un côté, muselage des théologiens de la Libération en Amérique Latine de l'autre, sur fond d'accord pour que l'Eglise catholique reste proche des régimes de la sous-région, favorables aux Etats-Unis.

    La concurrence entre les Eglises

    Jean-Baptiste Noé, historien et auteur d'une Géopolitique du Vatican à paraître le 14 octobre prochain, souligne la concurrence à laquelle se livrent les Eglises en Amérique Latine, concurrence entre Eglise catholique et Eglises évangéliques d'obédience protestante. Au niveau des Etats-Unis, explique-t-il une évolution est en cours qui pose la question de l'unité du pays. Les Eglises protestantes sont divisées et manquent de dialogue les unes avec les autres. Ce qui n'est pas le cas des catholiques. Il y a 62 millions de catholiques aux Etats-Unis soit le quart de la population. Descendants de migrants venus d'Italie ou d'Irlande, Latino-américains, ils sont très différents les uns des autres, mais ils se retrouvent dans le catholicisme. Une partie de l'avenir des Etats-Unis se joue là.

    Effets collatéraux en Asie ?

    Une relation tout à fait particulière existe entre les Etats-Unis et le Vatican, notamment sur le plan financier. Les Etats-Unis sont le plus important contributeur aux finances du Vatican, suivis loin derrière par l'Allemagne. Ce qui fait dire à Annie Lacroix-Riz que ces deux Eglises sont en mesure de peser sur le Vatican de manière très forte.

    Ce rapprochement de l'Eglise catholique avec Cuba, pays communiste peut-il avoir un effet papillon sur les autres pays aux régimes semblables, notamment en Asie, avec la Chine, la Corée du Nord, le Laos, le Vietnam ou la Birmanie ? Ce n'est plus aujourd'hui le communisme qui est stigmatisé par le Vatican. Dans le cas de ces pays, la question centrale est davantage celle des contrôles des gouvernements sur leurs populations.

    Le relativisisme du Vatican

    Que dire aujourd'hui de la géopolitique ou de la géostratégie du Vatican ? Pour François Mabille le dernier pape à avoir eu une vision géopolitique était Jean-Paul II. L'Eglise catholique est aujourd'hui une Eglise extrêmement affaiblie. Les prises de position du Vatican sur les affaires du monde sont plus des postures qu'autre chose. Pour Jean-Baptiste Noe, la véritable réflexion géopolitique du Saint-Siège porte sur le relativisme, dont il dénonce la dictature. D'ou l'importance donnée à la famille. Question dans laquelle on retrouve le rôle très important joué par les Etats-Unis et au sujet de laquelle les évêques nord-américains sont très en pointe.

    → Toutes ces analyses sont à retrouver dans l'émission Géopolitique, le débat, dimanche 20 septembre, à 18h10 TU sur RFI.
     

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