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    Amériques

    Shaker Aamer : la fin d’un long calvaire

    media Le jet privé transportant Shaker Aamer, libéré de Guantanamo, à son arrivée à l'aéroport de Biggin Hill, au sud-est de Londres, le 30 octobre 2015. Ce Saoudien, devenu résident britannique en 1996, a passé 13 ans en détention à Guantanamo. REUTERS/Peter Nicholls

    Il aura passé treize années de sa vie en détention sur la base américaine de Guantanamo : le résident britannique Shaker Aamer a été libéré ce vendredi 30 novembre par les autorités américaines. Depuis 2007, les Etats-Unis estimaient impossible d'inculper le détenu, faute de preuves tangibles de son implication avec al-Qaïda. Mais il aura fallu encore huit années de combat juridique et de pression politique pour que le détenu saoudien retrouve, enfin, la liberté.

    Lorsqu’il est arrêté en novembre 2001, Shaker Aamer se trouve près de la ville de Jalalabad, en Afghanistan – non loin de Tora Bora, où l’armée américaine tente au même moment de s’emparer d’Oussama Ben Laden. Ce sont des combattants afghans de l'Alliance du Nord (anti-Taliban) qui le livrent aux soldats américains, probablement contre rançon, en leur assurant que cet interprète saoudien, résidant aux Royaume-Uni depuis le début des années 1990, est un proche du chef d’al-Qaïda. Shaker Aamer a beau assurer qu’il se trouve en Afghanistan pour y participer à des œuvres caritatives, il est aussitôt incarcéré sur la base militaire de Bagram, non loin de Kaboul.

    En février 2002 il est transféré sur la base militaire américaine de Guantanamo, située à Cuba, où il devient le prisonnier numéro 239. Durant les cinq années qui suivent, les autorités américaines vont tenter de monter un dossier cohérent pour le juger et pour démontrer qu’il est une figure importante du réseau terroriste fondée par Ben Laden. Mais ce dossier repose sur une dénonciation jugée peu crédible et sur des aveux contestés par le détenu, qui accuse les services américains de l'avoir torturé à Bagram - en présence d'ailleurs d'agents du renseignement britannique. Finalement, en 2007, les autorités américaines reconnaissent qu'elles ne sont en mesure ni de l'inculper, ni de le juger.

    « Témoin gênant »

    Dès lors, Shaker Aamer devient « libérable » aux yeux des autorités américaines, mais il lui faudra attendre huit longues années avant que cette libération devienne effective. «Quand on se demande pourquoi un homme libérable depuis des années est resté aussi longtemps en prison, beaucoup pensent que ce n'est pas à cause des menaces qu'il pourrait poser, mais plutôt à cause des tortures dont il a été le témoin et qu'il a lui-même subi à Bagram ou à Guantanamo, pointe Cori Crider, l’une des avocates de Shaker Aamer, interrogée par Véronique Gaymard pour la Chronique des droits de l’homme de RFI. Ce qui pèse, ce n’est pas ce qu’il a fait, mais plutôt les craintes des services secrets américains ou britanniques sur ce qu'il pourrait révéler ».

    Autre explication avancée par les avocats et les comités de soutien de Shaker Aamer : les autorités américaines auraient voulu lui faire payer son insubordination, et les nombreuses grèves de la faim qu'il a lui-même suivies au cours de sa détention. Shaker Aamer avait un statut particulier parmi les détenus de Guantanamo : du fait de son charisme naturel, du fait également de sa maîtrise de la langue anglaise, qui lui permettait de communiquer plus facilement avec ses geôliers, et parce qu'il dénonçait sans relâche les conditions de vie au sein de la prison militaire.

    112 détenus

    La libération de Shaker Aamer a été saluée par les autorités britanniques et par les nombreuses personnalités de tous horizons qui s’étaient mobilisées, au Royaume-Uni, pour sa libération. Mais à Guantanamo de nombreux détenus « libérables », à l’image du résident britannique, attendent toujours de pouvoir sortir de prison. « Après la libération de Shaker, il restera 112 détenus à Guantanamo, rappelle Nathalie Berger, d’Amnesty International. La majorité d’entre eux sont des ressortissants du Yémen, or les Etats-Unis sont signataires de la Convention internationale contre la torture et de ce fait ils ne peuvent les renvoyer dans leur pays d’origine, car ils risqueraient d’y être torturés ». Les Etats-Unis doivent donc trouver des pays d’accueil, mais la tâche est ardue… En témoigne l’expérience peu concluante de l’Uruguay – qui a accepté en décembre 2014 d’accueillir 6 anciens détenus mais qui a décidé de ne plus le faire à l’avenir

    Autre cas de figure, encore plus ardu, celui des détenus jugés trop dangereux pour être libérés, mais qui ne peuvent pas être jugés. « Les charges retenues contre eux l’ont été sous la torture, explique Nathalie Berger. En cas de procès il y aurait vice de procédure, et ils seraient libérés. Tous ces êtres humains qui sont dans des conditions de détention épouvantables vont donc continuer pendant des années, avec l’aval des autorités américaines, à subir cette détention à durée indéfinie qui est assimilée à de la torture.

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