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    Amériques

    [Entretien exclusif] Guatemala: Jimmy Morales veut montrer l'exemple

    media En votant pour Jimmy Morales, les Guatémaltèques ont choisi un homme qui n'appartient pas à la classe politique traditionnelle. REUTERS/Jorge Dan Lopez

    Humoriste et inconnu en politique, Jimmy Morales a été élu le 25 octobre président du Guatemala. Il a été plébiscité dans les urnes pour ses promesses de lutte contre la corruption et le clientélisme qui minent ce petit pays pauvre d’Amérique centrale. Une campagne menée alors que le président sortant Otto Pérez Molina était en détention pour corruption. Interview exclusive.

    En choisissant Jimmy Morales, 46 ans, les Guatémaltèques, au lieu de privilégier l’expérience d’un politicien connu, ont préféré faire confiance à une personne qui n’appartient pas à la classe politique traditionnelle et avait fait campagne avec les slogans : « ni corruption, ni voleurs ». Conservateur et très pieux, Jimmy Morales devra faire ses preuves sur le terrain, après sa prise de fonction le 14 janvier prochain, dans un pays où 55 % de ses 16 millions d'habitants vivent dans la pauvreté et qui enregistre chaque année 6 000 homicides.

    RFI : certains au Guatemala qui disent que votre inexpérience dans le monde politique est un facteur négatif ; d’autres pensent au contraire que cette inexpérience vous permet d’arriver les mains libres, sans compromis. Etes-vous un leader « antipolitique » monsieur Morales ?

    Jimmy Morales : Je pense que le fait de ne pas avoir eu de rôle politique, disons « traditionnel », m’a permis de remporter l’élection présidentielle au Guatemala. C’est un facteur auquel il faut rajouter aussi le discours cohérent que j’ai tenu sur des points élémentaires : tenter d’être efficace par exemple sur le thème de la santé, alors qu’il n’y a presque pas de médicaments dans notre pays, ou sur le système éducatif, qui est l’un des moins bien noté au niveau régional (Amérique Latine et Caraïbes).

    Et si l’on y ajoute le fait que nous avons réussi dans d’autres domaines, avec des projets destinés au milieu entrepreneurial [par exemple], ou encore au niveau artistique, cela a donné confiance aux gens dans nos capacités à gérer le pays. Je pense qu’aujourd’hui nous avons l’opportunité d’arriver dans les administrations publiques sans faire de compromis. Nous avons fait une campagne sobre, plutôt simple et qui n’a pas coûté très cher.

    Quelles garanties offrez-vous aujourd’hui au Guatemala pour qu’il n’y ait pas d’affaire de corruption dans le gouvernement que vous allez former, comme ce fut par exemple le cas dans la législature précédente ?

    Grâce à Dieu, personne n’a jamais pu m’accuser d’avoir participé à des affaires de corruption, ni à l’intérieur ni à l’extérieur du gouvernement. Donc mon passé et mon parcours de vie me donnent la possibilité de montrer l’exemple. Si, depuis la plus haute autorité de l’Etat, on montre l’exemple de la manière dont on doit se comporter, alors on demande une caution morale pour exiger à tous les niveaux de l’Etat le même comportement. Si à cela nous ajoutons le fait que nous voulons que la loi soit respectée, et qu’on puisse rendre des comptes, je pense que ce sera la garantie dont la nation a besoin pour la transparence et la lutte contre la corruption que nous avons proposées.

    A plusieurs reprises, vous n’avez pas hésité à dire « Dieu est au-dessus de tout ». Dieu est-il au-dessus de la loi, au-dessus des règles qu’une société met en place pour permettre la coexistence ?

    Personne ne peut être au-dessus de la loi.

    Vous vous êtes présenté comme un homme de droite nationaliste. Selon vous, est-ce que cela correspond à votre place sur l'échiquier politique ?

    Je ne suis pas quelqu’un de droite, je me situe plutôt au centre. Si on écoutait les experts en politique, celui qui est d’extrême-droite serait un capitaliste, et celui d’extrême-gauche serait socialiste. La partie haute serait le népotisme et la partie basse serait l’anarchisme. Du coup, le nationalisme se retrouverait au centre. Je ne pense pas être de droite même si pour moi l’entreprise privée est le moteur du développement, mais le capital le plus important, quelle que soit la nation, est le peuple.

    L’Etat doit intervenir le moins possible dans les thèmes ayant trait au développement économique, tout en étant plus efficace en matière de rentrée fiscale, c'est-à-dire d’impôts. L’Etat doit aussi être plus efficace et plus transparent concernant les investissements dans le domaine social, dans des services comme la justice, la sécurité, la santé, l’éducation et le développement économique.

    Est-ce que tous les Guatémaltèques seront égaux, auront les mêmes droits, sous votre présidence ?

    Oui !

    Deux hommes ou deux femmes auront-ils les mêmes droits qu’un couple hétérosexuel ?

    Je pense qu’il faudrait évaluer ce à quoi vous vous référez. S’il s’agit des droits qui sont inscrits dans la législation, ils bénéficieront des mêmes droits.

    Mais vous êtes contre le mariage homosexuel ?

    En tant qu’individu, oui. Mais en tant que président, mon rôle est de faire respecter la loi. Et la loi guatémaltèque interdit le mariage homosexuel.

    Et concernant l’avortement ?

    C’est la même chose. Au Guatemala, l’avortement n’est pas autorisé. Personnellement, je pense que l’on doit se concentrer sur d’autres thèmes, comme le droit des enfants. Au Guatemala, il y a beaucoup de cas de viols d’enfants. C’est un thème sur lequel nous devons travailler.

    Vous êtes contre la légalisation du cannabis. Cela fait partie de vos convictions ?

    Oui !

    Durant la campagne électorale, a-t-on tenté de vous « acheter », de vous corrompre ?

    On n’a pas essayé de me soudoyer ou de m’acheter, mais on m’a proposé des moyens supplémentaires, c'est-à-dire des ressources supplémentaires, pour effectuer ma campagne. Mais cela n’a pas été au-delà, parce qu’automatiquement cela aurait conditionné notre campagne. Non, nous, on a choisi de faire une campagne qui nous a coûté moins de 250 000 dollars.

    Otto Pérez Molina est-il actuellement à sa place ?

    D’après moi, oui. L’affaire suit son cours. Il n’a pas été encore condamné. Mais si l’on regarde l’avancée de l’enquête, il semble qu’il le sera. En attendant, comme le stipule le droit à un procès équitable, étant donné les preuves accumulées, il se trouve en détention comme caution, donc je pense qu’il est à sa place.

    Depuis sa cellule, l’ancien président Otto Pérez Molina accuse les Etats-Unis d’avoir entamé une nouvelle ère d’ingérence en Amérique centrale en intervenant dans la justice avec des organismes internationaux qui luttent contre la corruption. Etes-vous d’accord ?

    Je pense qu’il aurait dû le dire lorsqu’il était encore au palais [présidentiel] plutôt que depuis sa cellule de prison.

    Le fait que votre parti ait des liens avec les militaires sera-t-il un obstacle dans votre lutte contre l’impunité militaire au Guatemala ?

    Je pense que vous n’avez pas accès aux bonnes informations. Mon parti n’a pas de liens avec une structure militaire. Cela fait partie du discours de mes détracteurs politiques. Je vous invite à enquêter vous-même et vous verrez qu’il n’y a rien. Au contraire, je vous serais reconnaissant de ne pas présenter ça comme un fait, parce que ce ne sont que des mensonges propagés par mes opposants politiques.

    Quelle sera la première mesure que vous pendrez lorsque vous serez investi le 14 janvier prochain ?

    L’accès des hôpitaux aux médicaments. Il faudra déployer tous les moyens nécessaires pour qu’il y ait accès aux médicaments dans les hôpitaux.

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