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    Présidentielle argentine: les candidats lâchent leurs coups

    media Le candidat Mauricio Macri, photographié le soir du premier tour de la présidentielle argentine, après l'annonce des résultats qui l'ont placé deuxième, le 25 octobre à Buenos Aires. AFP PHOTO / EITAN ABRAMOVICH

    Plus que deux semaines avant le second tour de la présidentielle en Argentine, le premier de l’histoire du pays. Il opposera Daniel Scioli, le candidat de la présidente sortante Cristina Kirchner, à Mauricio Macri, le maire conservateur de Buenos Aires. Les deux hommes, qui font la chasse aux voix, occupent les plateaux télévisés et battent le pavé pour aller à la rencontre des Argentins. Mais la campagne s’est aussi déplacée sur les réseaux sociaux.

    De notre correspondante à Buenos Aires,

    Sur les réseaux sociaux, les partisans de Mauricio Macri occupent le terrain. Depuis quelques jours, ils ont ainsi lancé la campagne « Bu », qui joue sur la peur, comme « bouh j’ai peur ! » Il s'agit d'affiches avec un slogan qui commence toujours de la même manière, « Si vous votez Macri... », suivi d'une déclinaison ; par exemple, « ... il n'y aura plus de surprise dans les œufs Kinder », ou encore : « ... on fera du pâté avec Bambi », du nom du faon de Walt Disney. Ainsi va la campagne présidentielle argentine.

    Cette série d’hypothèses loufoques vient en réponse à la stratégie adoptée par Daniel Scioli, arrivé en tête au premier tour, avec - contre toutes attentes - à peine trois points de plus que son rival. Le candidat et ses partisans tentent en effet d’effrayer les Argentins, en affirmant que si Mauricio Macri devient président, il remettra en cause de nombreuses réformes mises en place par Cristina Kirchner : les allocations familiales, les retraites, les emplois dans la fonction publique, les matches de football retransmis gratuitement à la télévision, la nationalisation de la principale compagnie pétrolière…

    Les journalistes s’y mettent aussi. Même les commentateurs sportifs sont de la partie ! Illustration dimanche, avec ce petit commentaire politique placé en plein match par le commentateur : « Vous regardez Belgrano-Estudiantes, 2 à 1 pour Belgrano ! Vous regardez Football para todos (« football pour tous »), le programme qui vous permet de regarder les matches en clair gratuitement. Vous voulez recommencer à payer pour voir les matches ? Réfléchissez bien ! Vous voulez vraiment payer de nouveau ? »

    Cela fait plusieurs années que les médias argentins sont très engagés. Il y a les « K », c’est-à-dire les partisans de Cristina Kirchner, et les « anti-K », ceux qui sont contre la présidente actuelle. La chef de l’Etat a une personnalité clivante, et la société elle-même est extrêmement polarisée. Actuellement, et même depuis plusieurs années, il est difficile de débattre, de parler politique avec des Argentins. Difficile également de s’informer tant les médias sont partisans.

    Mais cette « campagne de la peur », comme l’appelle le camp Macri, profitera-t-elle vraiment à Daniel Scioli ? A priori non. Au contraire, selon des politologues, cette campagne risque de le desservir. Elle donne en effet l’impression d’un homme désespéré. Surtout, elle ternit l’image de Daniel Scioli, qui est pourtant celle d’un homme bon et consensuel. Le camp Macri l’a d’ailleurs bien compris et contribue largement à entretenir cette « campagne de la peur ». Et pendant ce temps-là, en Argentine, on parle peu des programmes des deux candidats.

    Le candidat Daniel Scioli dans ses oeuvres «maradonesques», le 31 octobre 2015 à Buenos Aires pendant la campagne du second tour de la présidentielle argentine. AFP PHOTO / PRENSA SCIOLI / JOSE TANTESSIO / HO

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