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    Barack Obama enterre le projet d'oléoduc Keystone XL avec le Canada

    media Un petit groupe d'activistes célèbrent la décision d'Obama de rejetter le projet d'oléoduc Keystone XL devant la Maison Blanche, le 6 novembre 2015. REUTERS/Jonathan Ernst

    Après sept ans de controverse, l’oléoduc Keystone XL qui devait transporter le pétrole canadien des schistes bitumineux du Canada aux Etats-Unis vient d’être rejeté par le président Obama. Une décision vivement critiquée par les républicains et qu’a regretté le nouveau Premier ministre canadien, Justin Trudeau. Mais les démocrates et les environnementalistes ont, quant à eux, salué l’annonce, à moins d'un mois de la conférence de Paris sur le climat.

    « Non à l’oléoduc » a annoncé Barack Obama quelques jours après que les constructeurs aient demandé un report de la décision dans l’espoir que son successeur, s’il était républicain, donne un avis favorable, analyse notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet.

    Mais le président a suivi la recommandation du département d’Etat qui a estimé que « le projet Keystone n’était pas dans l’intérêt national des Etats-Unis ». Barack Obama a dissipé deux mythes invoqués par les partisans du pipe-line.

    « Tout d’abord, il ne contribuerait pas sur le long terme à améliorer de façon significative notre économie […] Ensuite, il n’aurait pas fait baisser les prix du gaz pour les Américains. Ceux-ci ont déjà baissé de façon régulière », a-t-il argumenté.

    Obama, qui a donné la première indication qu’il sera présent à la COP 21, veut jouer un rôle de leader sur le climat. Les deux principaux candidats démocrates, Bernie Sanders et Hillary Clinton, tous deux hostiles au projet, se sont félicités du rejet, alors que du côté des républicains, on le dénonce avec force, Marco Rubio promettant, s’il est élu, d’approuver la construction.

    Réactions mitigées au Canada

    Malgré sa déception, le Premier ministre canadien a quand même fait bonne figure. Justin Trudeau a fait remarquer que la relation de son pays avec les Etats-Unis ne se limitait pas à un seul projet. Son ministre des Affaires étrangères a précisé quant à lui que le Canada voulait être exemplaire dans sa lutte contre les changements climatiques, explique notre correspondante à Montréal, Pascale Guéricolas.

    Les dirigeants des provinces de l’ouest canadien, qui voient disparaître les possibilités d’exportation des sables bitumineux vers le voisin du sud, se montrent plus amers. La première ministre d’Alberta, la principale province productrice de pétrole n’a pas apprécié que Barack Obama qualifie cette production d’énergie sale.

    De son côté, le principal intéressé, TransCanada, qui a initié ce projet de pipeline de 8 milliards de dollars, n’a pas dit son dernier mot. L’entreprise compte bien présenter une nouvelle demande au gouvernement américain d’ici quelques mois, après les élections sans doute. De toute façon, l’heure n’est pas vraiment à l’expansion de la production pétrolière. La chute du prix du baril de pétrole rend l’exploitation des sables bitumineux bien moins rentable que dans un passé récent.

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