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    Canada: l'armée confrontée à un taux de suicide élevé

    media Un militaire canadien de l'Otan lors d'un tir d'exercice, le 19 mars 2009. Photo: Reuters

    En ce 11 novembre, les familles de certains anciens combattants canadiens se sentent à l’écart des cérémonies en l’honneur des soldats qui ont sacrifié leur vie dans les conflits auxquels le Canada a participé depuis la Seconde Guerre mondiale. En effet, les proches des vétérans qui se sont suicidés, particulièrement depuis leur retour d’Afghanistan, un pays dans lequel le Canada s’est investi militairement pendant treize ans, se heurtent au silence de l'armée.

    De notre correspondante à Montréal,

    Au Canada, il est de bon ton dès la fin octobre d’arborer un coquelicot rouge à la boutonnière en souvenir de tous ceux et de toutes celles qui sont morts sur le champ de bataille de la Première Guerre mondiale. Les monuments aux anciens combattants restent muets pourtant à propos des vétérans qui n’ont jamais réussi à se réinsérer à leur retour et qui se sont suicidés en espérant mettre fin à leurs souffrances.

    Un mortalité par suicide élevée au retour de mission

    Pendant plusieurs mois, le quotidien canadien Le Globe and Mail a enquêté sur ces anciens combattants anonymes. Les journalistes ont découvert qu’au moins 59 se sont tués soit immédiatement, soit plusieurs années après leur retour de mission en Afghanistan. Un chiffre énorme lorsqu’on sait que 154 soldats sont morts durant l’intervention dans ce pays, particulièrement en 2013, alors que la mission de combat du Canada s’était terminée deux ans avant. La plupart de ces militaires ou ex-militaires qui ont attenté à leurs jours souffraient de stress post-traumatiques, et plusieurs souffraient d’alcoolisme ou de toxicomanie.

    Des dossiers médicaux protégés par l'armée

    À la fin de l’intervention canadienne en Afghanistan, de 2011 à 2014, le suicide constituait un risque de décès bien plus important que les tirs de talibans ou leurs bombes. L’institution a très peu collaboré à l’enquête journalistique. Il a fallu beaucoup de patience au Globe and Mail, et des démarches menées grâce à la loi d’accès à l’information pour recevoir quelques bribes de documents, souvent censurés d’ailleurs. Très souvent, les familles touchées par ces décès soudains n’ont pas accès aux dossiers médicaux ou psychologiques. Beaucoup de proches, ainsi que le médiateur chargé des anciens combattants, déplorent le manque de services d’aides disponibles.

    Des psychologues peu nombreux

    Les militaires, qui reviennent de mission, ont beau être évalués lors d’un examen obligatoire, bien souvent leurs problèmes psychologiques se révèlent quelques mois ou même quelques années après leur retour au Canada. Certains ne supportent plus d’entendre un bruit de voiture trop fort, ou refusent toute activité sociale, effrayés par la foule. Or, même si l’armée a investi des sommes très importantes dans la formation de ces hommes et de ces femmes, les ressources allouées aux psychologues ou aux travailleurs sociaux pour leur permettre de revenir à une vie normale manquent cruellement. Bien décidé à faire des économies, le précédent gouvernement conservateur a fermé des bureaux d’anciens combattants à travers tout le pays, limitant l’accès à des ressources précieuses pour ces vétérans.

    Améliorer les aides aux anciens combattants

    Il serait nécessaire d'élaborer une meilleure prise en charge des militaires en proie à des difficultés importantes à leur retour. Il s’agit d’une question d’argent, bien sûr, mais pas seulement. La coordination entre les ministères de la Défense et des Anciens combattants est défaillante. Autrement dit, lorsque les militaires quittent l’armée, ils ont souvent des difficultés à avoir accès à un psychologue ou à un psychiatre. Et quand ils appartiennent encore à cette organisation, ils n’osent pas consulter des médecins ou du personnel approprié, par crainte de voir leur carrière interrompue. Le nouveau gouvernement aura donc fort à faire pour améliorer les services offerts. Déjà, en campagne électorale, les libéraux qui sont maintenant au pouvoir se sont engagés à rouvrir des bureaux d’anciens combattants. Le fait que le nouveau ministre de la Défense soit allé comme militaire en Afghanistan va aussi sans doute le rendre plus sensible à ce dossier.
     

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