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    Amériques

    La Floride s'organise contre la fureur des ouragans

    media Vue satellite d'un ouragan. Wall of Wind FIU

    La saison des ouragans 2015 qui vient de s'achever a battu de nombreux records. Aux Etats-Unis, les autorités se sont dotées d'outils pour prévenir les dégâts de ces phénomènes, notamment en Floride, l'un des Etats américains les plus exposés.

    De notre envoyé spécial à Miami, 

    « Je suis directeur du Centre national des Ouragans (NHC), pas directeur des ouragans », a coutume de dire Rick Knabb lorsque la population lui demande ses prévisions quant à la saison des ouragans qui, sur la côte Atlantique, commence le 1er juin et se termine officiellement ce 30 novembre. Autrement dit, pas de miracle à attendre de cet homme qui se bat pour convaincre la population « qu’elle doit se préparer bien avant l’arrivée d’un ouragan, en se familiarisant avec les zones d’évacuation les plus proches pour commencer ».

    Il s’agit d’ailleurs de tout un « défi », reconnaît le directeur du NHC depuis 2012. « Comment convaincre la population de se préparer à un phénomène qui n’arrive pas très souvent ? » Exemple à Tampa, une ville dont les habitants n’ont pas vécu la fureur d’un ouragan majeur depuis 1921.

    L'ouragan majeur qu'a connu la Floride : c’est Andrew. En août 1992, cet ouragan de catégorie 5, la plus haute de l’échelle de Saffir-Simpson a dévasté le sud de la Floride et en particulier le quartier de Homestead, à Miami. 54 personnes sont tuées, 25 000 habitations détruites, plus de 100 000 endommagées par des vents atteignant les 260 km/h. Les dégâts sont évalués à l’époque à 26 milliards de dollars.

    Pouvoir destructeur

    Pourtant des ouragans moins puissants sont également capables de mettre à dure épreuve l’orgueil des bâtisseurs. Alyson par exemple n’était qu’une tempête tropicale lorsqu’elle a frappé Houston. Le problème, selon Rick Knabb, c’est qu’« elle est restée immobile » sur la ville où l’eau du coup est montée « en pieds et non en pouces ». Wilma n’était « que » de catégorie 1 lorsqu’elle a frappé Miami en 2005.

    Jim Harper en a gardé un souvenir cuisant. « Des milliers d’arbres, de pylônes électriques et de panneaux de signalisation ont été détruits. Nous avons été privés d’électricité pendant de semaines. Il fallait se doucher à son travail et faire du camping chez soi », se souvient-il. Seul avantage, « j’ai appris à connaître mes voisins et on pouvait voir les étoiles la nuit », ajoute Harper. Longtemps Mr. Météo à la télévision, Erik Salna quant à lui, garde de son expérience de Wilma « un respect énorme pour le pouvoir destructeur des ouragans ».

    Erik Salna, du centre de contrôle du «Wall of Wind». RFI / Eric Samson

    Mieux construire

    « L’ouragan Andrew a réveillé la Floride qui est devenue un Etat leader dans l’étude et la préparation aux conséquences des ouragans », indique Erik Salna qui travaille aujourd’hui comme vice-directeur de l’Institut des évènements extrêmes du Centre international de recherches sur les ouragans de l’université internationale de Floride (FIU).

    Le code de la construction a été durci, se félicite Eric Carpenter, directeur des Travaux publics de la ville de Miami Beach. « L’expérience a été douloureuse, indique-t-il, mais de nombreuses leçons ont été tirées… les toits sont plus résistants aux rafales, nous construisons mieux. » Dans les immeubles neufs se généralise l’usage de doubles vitrages résistants aux ouragans.

    Même s’il estime que ses clients internationaux « sont toujours aussi nombreux à vouloir investir ou s’installer [à Miami]… sans vraiment être préoccupés par les conséquences du changement climatique ». Stephan Burke, de l’agence immobilière One Sotheby’s International Realty, se félicite de voir les investissements immobiliers mieux « protégés » des aléas climatiques.

    Et les résultats sont au rendez-vous, affirme Erik Salna. « Durant la saison 2004-2005, de nombreux ouragans nous ont touchés, mais les nouvelles constructions ont mieux résisté que les bâtiments construits aux anciennes normes. » L’université internationale de Floride a également développé des modèles mathématiques pour anticiper les pertes financières dans les régions touchées ou encore les niveaux possibles de montée des eaux.

    « Mur de Vent »

    Les scientifiques se sont également mobilisés pour mieux comprendre les ouragans. Inauguré 20 ans après le passage d’Andrew, le « Wall of Wind » ou « Mur de Vent » impressionne. Ses douze ventilateurs électriques, de 700 chevaux chacun, sont capables de simuler des ouragans de catégorie.  

    «Wall of Wind» (le Mur de Vent) de l’université internationale de Floride RFI/ Eric Samson

    Face à des pales qui tournent tellement vite qu’elles en deviennent invisibles, une table tournante attend les maquettes qui viendront défier les rafales, sous l’oeil de nombreuses caméras. S’il le faut, de l’eau pourra être injectée dans les courants d’air pour simuler l’impact des ouragans dits « humides » qui provoquent la plus grande quantité de dégâts et victimes, selon Rick Knabb. Ce laboratoire hors du commun a permis d’améliorer la solidité des structures comme les fenêtres, les toits ou les générateurs d’air conditionné. Les compagnies privées sont nombreuses à venir tester leurs produits. Des refuges provisoires devenus définitifs à Haïti y ont même été améliorés.

    Au bord de la baie de Biscayne, l’université de Miami n’est pas en reste de records avec le laboratoire Sustain de l’école Rosensteil des Sciences marines et atmosphériques. Dans ses cuves gigantesques, les scientifiques peuvent recréer les vagues provoquées par un ouragan de force 5. « Nos modèles de pronostic du climat et des ouragans ont besoin de savoir ce qui se passe quand l’océan et l’atmosphère se rencontrent, par exemple les transferts de température et de dioxyde de carbone », explique le professeur Brian Haus.

    Vagues provoquées dans le laboratoire Sustain, de l'université de Miami. École Rosensteil des Sciences marines et atmosphériques

    Ces recherches devraient permettre aux satellites météorologiques de mieux capter les ouragans en déplacement. « Avec de meilleurs modèles, nos prévisions d’intensité et de trajectoires des ouragans seront plus précises, ce qui nous permettra de meilleures prévisions et des plans d’évacuation plus précis », espère Haus.

    Montée des océans

    « La Floride est le "ground 0" du changement climatique », reconnaît Ben Kirtman, vice-recteur de recherche scientifique de l’école Rosenstiel. « Le terrain est tellement plat que toute élévation du niveau des océans menacera nos infrastructures », sans oublier les inondations connues comme « Storm Surge ».

    Parallèlement aux avancées scientifiques, le Centre national des ouragans a développé de nouveaux outils pour la population comme le Storm Surge Watch Warning map, qui anticipe les possibles montées des eaux ou une prévision animée de cinq jours pour que la population puisse se préparer à temps. Car, comme le rappelle Rick Knabb, la chance finit toujours par tourner et « il suffit d’un seul ouragan » pour que la nature rappelle son pouvoir dévastateur.

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